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Parmi les 618 manuscrits reçus dans le cadre du comité de lecture des Journées de Lyon des auteurs de théâtre auquel je participe, c’est cette pièce Les éoliennes que j’ai le plus aimée ! Je l’ai lu 1 fois, 2 fois, 3 fois (oui , oui, oui !) avec toujours plus de plaisir et d’émotion.

Venons-en à l’histoire... Celle d’une famille repliée sur ses blessures. Le père et la mère sont morts mystérieusement brûlés, laissant la soeur aînée prendre en charge une fratrie traumatisée et un oncle handicapé. En vérité, il s’agit d’une incroyable tribu de fêlés... La Benjamine a la phobie des éoliennes implantées tout près de la maison et dont le vacarme ryhtme toute la pièce. Hantée par la mort de ses parents, elle calme son angoisse en absorbant des litres d’eau, plongée dans des livres sur la combustion spontanée. L’oncle Benjamin, adepte du travestissement, s’acharne à finir le tricot d’un bonnet destiné à protéger les oreilles de sa nièce si sensibles au bruit . En vain... Tout ce petit monde bien particulier est porté par Aimée qui a tout sacrifié pour eux. L’équilibre de la famille bascule cependant lorsque le frère cadet, Colin, décide de les quitter pour aller vivre avec sa fiancée. Il rêve de vivre sa vie, d’être indépendant, d’avoir des enfants... ! Confronté à l’incompréhension des siens, le chemin vers son autonomie et la découverte de soi ne sera pas sans embûches...

L’auteur, Anne-Frédérique Rochat nous dépeint un huis-clos étouffant, celui d’une famille solidaire dans la souffrance et desespérement tournée vers le passé. Et, pourtant, ce qui pourrait être sordide et tordu (le thème de l’inceste frère/soeur par exemple) ne l’est jamais. On craque complètement pour ses personnages dingues, hors-normes et pourtant tellement humains et sympathiques avec leurs failles... Les dialogues sont un savant mélange de drôlerie et de poésie qui contrastent avec les angoisses et les peurs de ces êtres si touchants.

Et maintenant, plus que quelques heures avant de découvrir la mise en espace d’ Yves Charreton dans le cadre du festival des Journées de Lyon des auteurs de théâtre. Comment vais-je tenir jusqu’à ce soir ?