© Catherine Mettetal

L’univers des pièces de Pauline Sales, parfois proche du cauchemar, me glace le sang et me fascine.

J’ai choisi de vous parler de deux pièces qui sont réunies dans le même recueil : Cake ! (suivi de) Il aurait suffit que tu sois mon frère.

Cake !
Histoire d’un inceste où se mêle la violence d’un affrontement de classes sociales. Ce petit extrait terrible se passe de commentaires. Pauline Sales dit ce que personne n’oserait dire.
« Je suis dans la volonté du bien‚ du partage et de la communion.
Je communie et je baise ma fille parce qu’elle est trop aimable‚ parce qu’elle est le meilleur de moi-même‚ parce qu’il est juste que je goûte à mon propre chef-d’œuvre‚ parce que tout le monde veut avoir sa part de ce qui est beau et bon et frais‚ parce que je ne ternis qu’une coquille de noix dans sa pupille et qu’il suffit de faire briller le reste‚ de faire reluire l’ensemble. »
Les mots sont crus et percutants. Les personnages ont quelque chose de monstrueux car ils avouent l’inavouable.
Les obsessions de ses pièces tournent souvent autour du ventre et du sexe des femmes, en abordant des sujets comme l’inceste, le viol ou encore la mise au monde de monstres. « J’ai envie de regarder là où ça fait mal, où ça n’est pas joli, là où on se ment. » (Pauline Sales)
Pour découvrir toutes les mises en scène de Cake !

Il aurait suffi que tu sois mon frère
Une entrevue au parloir d’une prison entre une jeune fille de 14 ans, Aïcha, et son agresseur, qui lui a fait subir un viol au cours d’une tournante. Elle vient le voir et a 10 mn pour comprendre pourquoi il lui a fait ça. Les dialogues sont terribles.
« Ils parlent vite et bas, comme des mitraillettes avec un silencieux. Ils veulent être certains qu’on ne les entend pas, sûrs d’être les seuls à se comprendre. Ils sont toujours à l’affût comme des animaux. Aucune sentimentalité. » (Source : La Chartreuse)
Dans ses pièces les personnages ont une grande part d’animalité. « Je veux que mes personnages aient une parole très brute, pas marquée socialement. J’ai envie d’une langue crue, d’une langue du corps. J’aime l’idée de travailler la langue comme un poème, qu’elle soit mâchée. J’aime les trous dans les dialogues. Un texte de théâtre est troué. Il faut laisser de l’espace entre les répliques. Le roman dit tout. Au théâtre, les trous permettent de raccourcir le chemin. » (Pauline Sales)
Toutes les citations de l’auteur sont tirées d’un entretien paru dans la revue Le Matricule des anges. Pour lire cet entretien passionnant en entier.

Pauline Sales est née en 1969 à Boulogne Billancourt. Elle a été d’abord comédienne et est issue du TNS. « Le monde des histoires me fascine. J’ai voulu très vite être comédienne car j’ai longtemps pensé que c’était la meilleure façon d’être dans les histoires. »
En 2000 elle publie sa première pièce La Bosse.
Depuis octobre 2002, elle est auteure associée dramaturge à la Comédie de Valence.
Pour en savoir plus sur Pauline Sales : une biographie sur théâtre contemporain.net.

J’espère vous avoir donné envie de lire Pauline Sales. Bon moi je vous laisse , je file lire toutes ses autres pièces.