Compagnie La Bobine

Marie Rouge, fondatrice de la toute jeune compagnie La Bobine, travaille actuellement sur le triptyque Musique brisée de Daniel Véronese, qui compte parmi les dramaturges argentins de référence. Après une semaine passée en résidence à l’ornithorynque, petite salle sympathique et chaleureuse des pentes de la Croix-Rousse à Lyon, elle présentait dimanche dernier au public un projet de création déjà bien abouti, adapté du texte Luísa de Daniel Véronese.

Luísa est le très beau monologue d’une femme qui parle à sa mère défunte. Elle ressasse le fugace retour d’Armando qui il y a douze ans n’est pas venu à leur rendez-vous. Entre humour, tristesse et autodérision, elle raconte sa solitude, le manque, les blessures d’enfance et l’attente sans fin du fiancé perdu...

Le décor de la pièce est sobre. Une chaise bancale sur laquelle Luísa / Marie Rouge tricote et détricote inlassablement un chandail vert. Ce vêtement symbolise l’époque où son fiancé l’a abandonné. De sa valise, elle sort différents objets qui racontent aussi ce passé qui ne la lâche pas et les fantômes qui continuent de la hanter. J’ai beaucoup apprécié l’utilisation du langage du théâtre d’objets dans ce spectacle. Il permet de mettre en valeur toute l’étrangeté inquiétante du théâtre de Daniel Veronese. Le familier côtoie le mystérieux dans une langue pleine d’humour et de poésie. L’interprétation de Marie Rouge est juste, sincère et très émouvante. A elle seule , elle incarne sans fausse note toutes les voix de ce monologue.

D’autres représentations du spectacle Luísa sont prévues en mars au Fou Fieffé à Lyon.

Pour avoir plus d’infos sur la Compagnie La Bobine, consulter leur tout nouveau site internet.

Et si vous vous intéressez tout particulièrement aux monologues de femmes, je vous invite à lire cette bibliographie exhaustive.