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Umusana / Cie Sankai Juku © Michel CAVALCA

Le Butô, Butoh ou Ankoku Butoh ? est une "cette danse énigmatique aux images somptueuses, portée par les corps poudrés de danseurs officiants de rituels muets" (source).

Le Butô, Butoh ou Ankoku Butoh "Danse des ténèbres", est une forme de danse contemporaine japonaise.
Butō vient du mot "bu" qui signifie danser, et "tō" qui signifie fouler le sol.
Elle permet de communiquer avec la terre, les ténèbres, les forces cachées. On dit que le butô, c’est frapper le sol du pied pour en faire jaillir les esprits, les ancêtres. C’est une danse qui relie la mort à la vie.

C’est une danse d’avant-garde créée par Tatsumi Hijikata et Kazuo Ōno dans le Japon de 1959 en réaction à une forte occidentalisation du Japon. Cette danse révolutionnaire s’opposait fortement à l’influence occidentale du ballet classique et de la danse moderne, mais aussi aux formes artistiques traditionnelles du Japon. Néanmoins le butô semble renouer avec certains mythes du Japon archaïque injectés dans une forme d’avant-garde.

La « naissance » du butō date d’un spectacle de Tatsumi Hijikata en 1959, intitulé Kinjiki. La pièce provoqua un grand scandale et fut assimilée au Japon à un spectacle pornographique.
Tatsumi Hijikata s’inspira des gestes quotidiens des paysans dans les rizières, des femmes âgées ou encore des prostituées, mais aussi d’une de ses sœurs handicapée pour façonner le corps du Butô : pieds en-dedans, bassin près du sol, visages grimaçants, yeux révulsés, corps recroquevillés.

Le butô fut inspiré entre autres par l’expressionnisme allemand et par des auteurs tels que le marquis de Sade, Lautréamont, Antonin Artaud, Bataille, Genet...
Cette danse moderne provoqua un véritable choc.
La première danseuse de butô fut Tomiko Takai, au cours des années 1960.

Cette danse puise également sa force dans le traumatisme de la bombe d’Hiroshima.

Jean Baudrillard parle de "théâtre de la révulsion, de la convulsion, de la répulsion", que tourmentent "des corps recroquevillés, larvaires, tordus, électriques, immobiles".

L’âme des ancêtres prendrait possession du corps des acteurs. Le butô s’opposerait ainsi à un certain jeu psychologique de l’acteur.

Cette danse est retranscrite par une lenteur extrême des mouvements. Le butô s’exprime dans un langage corporel minimaliste totalement affranchi, dégagé des codes, des conventions et des symboliques gestuels, socioculturels et traditionnels.

En général cette danse est faite par des hommes et des femmes quasi nus, dont le corps est souvent peint en blanc gris cendres (le blanc et le crâne rasé furent amenés par la troupe des Dairakudakan).

Il s’agit à l’époque d’un nouveau style de danse, primaire, sauvage, dénué d’artifice sans costume, ni de décor ou réduit au minimum.
Le butô célèbre les rites de la vie : la naissance, la passion amoureuse, la douleur, la mort, le désespoir. Tout cela dans un mélange de danse, de théâtre, de performance, de pantomime et d’improvisation.

"Le corps est à la fois humain, animal, végétal, minéral, en constante transformation , naissant, se développant sous nos yeux, grandissant et, bien sur, mourant après avoir effectué son voyage intérieur. Le butô est aussi l’expression de la nostalgie de la fusion terminée de l’homme et de la nature, du féminin et du masculin, de cette nostalgie dont on se souvient et qui fait souffrir." (source)

Trois générations de butô

Seule Tomiko Takai continue dans la voie des pionniers que sont Hijikata Tatsumi, Kazuo Ohno, Masaki Iwana, et Anzu Furukawa.
Voici un extrait vidéo du spectacle Tatsumi filles cueillant des herbes, chorégraphié par Hijikata Tatsumi avec le danseur Yoko Ashikawa.

La seconde génération compte des danseurs prestigieux notamment Carlotta Ikeda (compagnie Ariadone), Masaki Iwana, Ushio Amagatsu et Toru Iwashita (du groupe Sankai Juku).

La troisième génération (depuis les années 1950) compte des danseurs comme Atsuschi Takenutchi, Maki Watanabe, Tsuneko Taniuchi, Gyohei Zaitsu, Maki Watanabe, Juju Alishina, Atsusih Takenouchi, Ikko Tamura...

Sur le Butô en général

- Butô(s) / Odette Aslan et Béatrice Picon-Vallin
Ce livre réunit des études, témoignages d’artistes et descriptions d’exercices qui montrent la finalité de l’effort physique et mental que requiert le butô.

- Uchi-Soto : dehors-dedans / texte de Michel Butor, photographies de Pierre Espagne et dessins de Gregory Masurovsky
Un livre rare qui illustre le butô par des dessins et des photographies.

- Tokyo ma / réalisation de Teresa Wennberg
Vidéocassette qui retranscrit une première impression d’un voyage au japon. Les danses de butô sont interpretées et chorégraphiées par la danseuse Erina Ota.

- Ankoku butoh / photographies de Guy Delahaye
Photos de danseurs de butô.

- Vous pouvez consulter à la bibliothèque de la Part-Dieu plusieurs photographies originales de Guy Delahaye.

Sur le chorégraphe Ushio Amagatsu et sa compagnie Sankai Juku

- Sankai juku : Amagatsu / Guy Delahaye
Ouvrage illustré qui retrace en photos le travail du chorégraphe japonais.

- Dialogue avec la gravité / Ushio Amagatsu
Le chorégraphe et danseur japonais Ushio Amagatsu livre ici un essai sur la danse comme manière de penser et de vivre le corps.

- Des oeufs debout par curiosité / réalisé par Joël Farges
Vidéocassette du spectacle Des oeufs debout par curiosité dont Ushio Amagatsu est le chorégraphe.

- Ushio Amagastu : élément de doctrine / André S. Labarthe
Un DVD sur Ushio Amagatsu et ses danseurs qui répètent Graine de cumquat, pièce-fétiche de la compagnie, créée en 1978, qui relate l’initiation au monde d’un petit garçon japonais.

- Le Butoh japonais ou la danse des ténèbres / François-Marie Ribadeau
DVD Documentaire qui retrace la tournée en Europe de la compagnie de danse Sankai Juku.

- Pour finir, si vous souhaitez voir un peu plus d’images sur des spectacles d’Ushio Amagastu, 3 extraits de spectacle sur le site Numeridanse.

Sur Tatsumi Hijikata, fondateur du butô

- Cine Dance : The Butoh of Tatsumi Hijikata : Anma (The Masseur) + Rose Color Dance [DVD]
Il s’agit d’un document précieux sur le travail historique de Tatsumi Hijikata lors des premières années de ses créations dans les années 1960. Le film est également une "ciné-danse", c’est-à-dire une chorégraphie où le cinéaste participait lui-même avec sa caméra devant les spectateurs.

- Summer storm / chorégraphie et danse Tatsumi Hijikata [DVD] de Misao Arai

Sur la danseuse et chorégraphe japonaise Carlotta Ikeda

- Carlotta Ikeda : danse Butô et au-delà / photographies de Laurencine Lot
Photographies de Carlotta Ikeda et de ses danseuses sur scène.

- Aï Amour : Carlotta Ikeda et son butoh / réalisé par Kamal Musale
Ce film en 3 chapitres comprend une première partie documentaire, une seconde composée d’extraits du spectacle Le langage du Sphinx et une dernière concue et réalisée comme une fiction.

- Exposition Carlotta Ikeda, du butô à la danse insensée [Article en ligne]

Le butô et la break dance !

- De la rue à la scène / réalisé par Louis-Marie Maudet
Vidéocassette documentaire sur le spectacle Un break à Tokyo, dans lequel Traction Avant compagnie mêle la danse butô à la break dance, deux styles de danse qui en apparence, n’ont rien à voir.

Sur le site de la Médiathèque du Centre National de la Danse, dans l’onglet ressources en ligne, dans le fichier "thèmes et textes", vous pourrez trouver des dossiers Autour du butô et de nombreuses bibliographies à imprimer.

Pratiquer le butô à Lyon

- L’association inButoh
Elle a pour but de valoriser et de stimuler la mouvance butô sur le territoire lyonnais. Elle développe ainsi, depuis sa création en 2013, des projets mêlant performances, conférences, et ateliers de pratique.
En résonance avec le contexte pluridisciplinaire qui a façonné l’émergence du butô, inButoh sollicite des artistes issus de tous champs pour engendrer de nouveaux regards et de nouvelles perspectives à cette danse.
Enfin, inButoh s’attache autant à sensibiliser le public néophyte et curieux au butô qu’à faire des propositions pointues pour le public plus connaisseur.