©Emile Zeizig

[(Attachement :

1) Sentiment qui nous unit aux personnes ou aux choses que nous affectionnons. V. Affection, amitié, amour, estime, lien.
"Un attachement fidèle, profond"

2) Relevé des travaux quotidiens exécutés dans une entreprise de construction de travaux publics.
"Les attachements servent de pièces justificatives à l’entrepreneur pour le réglement de ses mémoires".

* Ant. Détachement. Aversion. Dégoût. Indifférence.)]

C’est par cette citation du Petit Robert que s’ ouvre Le Contrat des attachement, pièce de Jean-Yves Picq dont la Compagnie Fenil Hirsute a donné une très émouvante lecture scénique le jeudi 26 et vendredi 27 février à la Médiathèque de Vaise.

Une femme attachante et un homme attaché, chacun les yeux bandés et les mains liés sont projetés et isolés dans une pièce. Ils sont mis au défi de se parler et de s’écouter. Pour eux, c’est un peu l’opération de la dernière chance. En effet, même si leur contrat d’attachement semble rompu, l’espoir existe quand même de recoller les morceaux. Chacun à leur tour, ils vont parler de leur ancienne passion amoureuse, évoquer l’incendie allumé par la femme un jour de colère, et mesurer le fossé qui les sépare désormais... Vous l’aurez deviné, cette pièce de théâtre explore avec beaucoup de force et d’intensité le thème du couple et de l’amour.
Le passage à la scène n’était pas évident. En effet, Jean-Yves Picq travaille sur ce texte depuis 10 ans (il en a écrit quatre versions !). Ainsi, jusqu’à la mise en scène très réussie de la Compagnie Belge "ça va, ça va" au Festival d’Avignon 2008, il la définissait comme étant une pièce impossible à monter. Le metteur en scène Yves Charreton a également démontré qu’il était possible d’en restituer toute l’intensité et l’épaisseur. L’interprétation des comédiens, Nathalie Ortega et Gilles Chabrier, s’apparente à une véritable performance. Leur jeu très subtil exprime tour à tour le désir, l’incompréhension, la solitude, le ressentiment des deux amants. Passant du monologue au dialogue avec talent, ils font résonner les mots du texte dans une salle captivée par ce duel amoureux.

Encore bravo !!!