La semaine dernière, La Maison de la Danse accueillait le spectacle "Miroku", dernier solo du danseur et chorégraphe Saburo Teshigawara, réalisé avec sa compagnie Karas. Un bon prétexte pour vous parler de cet artiste stupéfiant et pour vous encourager à aller voir son spectacle.

A propos de Miroku :

Difficile de parler d’un spectacle de Saburo Teshigawara tant il y a de choses à décrire et d’émotions qui émanent de sa danse. Dans "Miroku", on retrouve le style et la qualité technique propre au chorégraphe. Une danse basée sur la respiration qui allie des mouvements souples et saccadés, une fluidité s’opposant à une tension permanente et des gestes d’une extrême précision.

Miroku est la traduction japonaise d’une des prochaines incarnations de bouddha. Un titre zen qui vient trancher avec l’atmosphère parfois inquiétante du spectacle. Des flashs de lumière, des cris muets et une musique parfois opressante viennent se mêler à la virtuosité du danseur et à son incroyable présence.

Saburo Teshigawara nous transporte avec ce spectacle au coeur d’un songe tourmenté dans lequel la réalité semble difficile à affronter. Son corps désarticulé sculpte littéralement l’espace et nous hypnotise jusqu’au bout. De quoi regretter que cette pièce soit le dernier solo du danseur.

Et comme il faut le voir pour le croire, "Miroku" sera joué au Festival de Marseille du 6 au 10 Juillet 2009 ainsi qu’au Théâtre Nationale de Chaillot, du 7 au 10 Octobre 2009.

Les spectacles filmés "Absolute zéro" et Para-dice sont également empruntables à la médiathèque de Vaise.

A propos de Saburo Teshigawara :

Danseur et chorégraphe japonnais, Saburo Teshigawara est reconnu aujourd’hui comme un artiste majeur de la scène contemporaine. Il entame sa carrière de chorégraphe en 1981 et fonde par la suite la compagnie Karas (qui signifie corbeau en japonais). Il est aussi plasticien et crée pour ses spectacles aussi bien les costumes, les éclairages, le dispositif scénique que la chorégraphie. Pour lui, la création d’une oeuvre doit être globlale et recouvrir tous les domaines.

Depuis 1986, il tourne régulièrement avec sa compagnie en Europe et au Japon. Il développe également de nombreux ateliers en parallèle des ses créations et réalise des films, des installations visuelles ainsi que des chorégraphies pour de grands ballets tel que celui de Francfort.

L’artiste s’est déjà produit à Lyon pour la biennale de la danse avec "Absolute zéro" ainsi qu’à la Maison de la Danse avec la pièce Luminous.

Depuis 2006, Saburo Teshigawara est professeur au Departement of Expression Studies de l’Université St Paul’s au Japon où il enseigne la théorie du mouvement et dirige des ateliers.

- Pour en savoir plus sur les multiples facettes de l’artiste le site Epidemic propose une biographie complète de l’artiste en français.

La documentaire "Danser l’invisible" réalisé par Elisabeth Corolaire permet également de découvrir les coulisses du travail de l’artiste et son univers singulier.

Petite citation de l’artiste pour finir, "Danser est beaucoup plus ordinaire que vivre.". "Danser, c’est jouer avec l’air". Dit comme cela, ça parait tellement simple ...