JPEG - 78.9 ko
© Giyu (Velvia) / Flickr

Le printemps est là !! Vous avez envie de faire un petit tour à vélo et vous ne détestez pas les arts vivants ? Le kamishibaï pourrait revivre grâce à vos mollets inspirés...

Le kamishibaï (kami : papier / shibaï : théâtre) est une forme de conte qui tire ses origines des temples bouddhistes japonais du XIIème siècle. Les moines utilisaient des parchemins imagés (e-maki) pour raconter des histoires, souvent morales, à un auditoire non lettré.

Devenu spectacle de rues en prenant la forme de petits théâtres d’images il y a trois siècles, le kamishibaï a connu son apogée à partir des années 1920 avant de disparaître très rapidement à cause de l’apparition de la télévision dans les années 1950. Plus de 10 000 personnes gagnaient alors leur vie grâce à ces spectacles de rues, parmi lesquels de nombreux futurs dessinateurs de manga (mangaka). Le conteur de kamishibaï (gaito kamishibaiya) passait donc de village en village à bicyclette, utilisait deux clapets en bois (hyoshigi) ou des cloches pour annoncer son arrivée et la représentation pouvait commencer.

La représentation était gratuite, mais le conteur gagnait sa vie en vendant des bonbons au public essentiellement constitué d’enfants. Les enfants qui achetaient des bonbons au conteur avaient alors droit aux meilleurs sièges…

Equipé d’un petit théâtre en bois (kamishibaï) dans lequel il pouvait insérer des planches cartonnées illustrées, le narrateur faisait alors défiler des séries d’images aux yeux des spectateurs, comme s’il s’agissait d’un film d’animation au ralenti, tout en lisant un texte situé au verso de celles-ci. Le narrateur pouvait ajouter des bruitages et un déguisement. Il s’agissait souvent de feuilletons dont la suite était donnée à chaque nouvelle visite au village.

Cette forme poétique de théâtre narratif renaît actuellement sous la forme d’ateliers pour enfants, enseignants et bibliothécaires. C’est en effet un outil idéal pour l’apprentissage actif des langues, qui favorise également l’apprentissage de la lecture (revue Le Nouvel Éducateur, Décembre 1997). Le kamishibaï est aussi utilisé au Japon dans les écoles primaires pour enseigner des matières comme la biologie, l’histoire ou même l’éducation sexuelle !...

Les éditions Callicéphale, qui se sont fait une spécialité du kamishibaï, viennent de faire paraître un livre indispensable consacré au sujet : La boîte magique. Vous pourrez trouver chez cet éditeur quelques très beaux albums comme par exemple : De l’eau, seulement de l’eau, L’étoffe d’un roi, Heu.

Vous trouverez une sélection de livres écrits pour le kamishibaï sur le site du Groupement valaisan des bibliothèques. Et sachez qu’une collection existe également aux éditions La Nacelle, avec des auteurs tels que Albert Jacquard, Janosch ou Yak Rivais.

Cerise sur le gâteau, voici pour finir les plans d’un kamishibaï que vous pourrez réaliser de vos propres mains ! Il ne vous restera plus alors qu’à le fixer sur votre bicyclette et sillonner les environs pour espérer ravir les enfants d’aujourd’hui !!!