Fonds Bonafous
Une histoire tourmentée
Les
aléas subis par les imprimés du fonds Bonafous lors des déménagements
successifs de la Bibliothèque Municipale de Lyon rendent toute estimation
chiffrée particulièrement délicate. Les Archives municipales
rapportent que le fonds comprenait, au moment du don, environ 6290 volumes
imprimés. Le Comité d’inspection des bibliothèques
parle même, dans son rapport de 1877, de 10 000 volumes. Aujourd’hui,
une estimation grossière permet d’avancer le chiffre de 5900
documents. La différence entre le nombre des documents actuellement
en magasin et celui des ouvrages effectivement donnés s’explique
en partie par les éliminations auxquelles on a procédé
en 1912, date du transfert et de la fusion, au Palais Saint-Jean, des collections
du Palais des Arts (l’actuel Palais Saint-Pierre) et de la Bibliothèque
du Lycée (l’actuel Lycée Ampère).
Les
ouvrages du fonds Bonafous faisant doublon avec les exemplaires déjà
présents dans la Bibliothèque du Lycée ne furent pas
intégrés.
Lors de la donation consentie par les héritiers de l’agronome, en 1859, le fonds Bonafous avait fait l’objet d’un traitement plus que convenable. Rassemblé dans un seul et même lieu, conformément aux souhaits des donateurs, bénéficiant d’une cotation propre, il occupait la salle principale du Palais des Arts, une pièce richement décorée qui donnait sur la place des Terreaux. C’est lors du déménagement de 1912 que la collection de Matthieu Bonafous s’est vue disloquée : les imprimés de ce fonds, le moins bien traité de tous ceux provenant du Palais des Arts, furent séparés en fonction de leur format puis rangés dans les séries de cotes par groupes de quelques ouvrages à la fois.
Marques de provenance
L’appartenance d’un ouvrage au fonds Bonafous est établie
grâce à la présence d’une estampille « Donation
Bonafous 1859 » qui fut réalisée lors de l’entrée
de la collection à la
bibliothèque
du Palais des Arts. Celle-ci fut normalement apposée sur l’ensemble
des documents du fonds, qu’ils soient manuscrits ou imprimés.
On observe cependant que certains imprimés, dont les 2747 brochures
de la collection, ont échappé à l’estampillage.
D’autres marques de provenance sont également présentes
sur quelques documents : l’ex-libris de Matthieu Bonafous, l’estampille
« Bibliothèque Bonafous » ou encore le tampon « Bibliotheca
Georgica Bonafous ».
De nombreuses brochures portent par ailleurs une dédicace des auteurs
au savant agronome. Enfin, l’ex-libris de Jean-Baptiste Huzard, apposé
sur de nombreux ouvrages du fonds, indique qu’une partie de la collection
a d’abord appartenu à ce vétérinaire, qui était
aussi un grand bibliophile, et témoigne des relations entretenues par
les deux savants.
L’extrême dispersion des imprimés du fonds Bonafous interdit
tout repérage systématique des documents qui le constituent.
Une interrogation du catalogue informatisé permet de retrouver quelques
ouvrages de la collection, pour lesquels le nom de Bonafous apparaît
comme possesseur.
Malheureusement,
tous les ouvrages estampillés « Donation Bonafous 1859 »
n’ont pas, lors de leur catalogage, été signalés
comme tels. Les résultats ainsi obtenus restent donc encore très
partiels. Par ailleurs, les registres d’inventaire de la bibliothèque,
parce qu’ils ne distinguent pas les ouvrages du fonds Bonafous de ceux
appartenant aux autres fonds issus du Palais des Arts, ne sont pas d’une
grande aide à qui souhaite appréhender dans sa globalité
cette riche bibliothèque scientifique.