Fonds Bonafous


page précédente

Une histoire tourmentée

Ex-libris de Mathieu Bonafous. Extrait de : Bourgelat, Claude. Le nouveau Newcastle, ou Nouveau traité de cavalerie. Lyon, 1771. (806477)Les aléas subis par les imprimés du fonds Bonafous lors des déménagements successifs de la Bibliothèque Municipale de Lyon rendent toute estimation chiffrée particulièrement délicate. Les Archives municipales rapportent que le fonds comprenait, au moment du don, environ 6290 volumes imprimés. Le Comité d’inspection des bibliothèques parle même, dans son rapport de 1877, de 10 000 volumes. Aujourd’hui, une estimation grossière permet d’avancer le chiffre de 5900 documents. La différence entre le nombre des documents actuellement en magasin et celui des ouvrages effectivement donnés s’explique en partie par les éliminations auxquelles on a procédé en 1912, date du transfert et de la fusion, au Palais Saint-Jean, des collections du Palais des Arts (l’actuel Palais Saint-Pierre) et de la Bibliothèque du Lycée (l’actuel Lycée Ampère). Estampille apposée sur la très grande majorité des documents du fonds Bonafous. Extrait de : Noisette, Louis-Claude. Le Jardin fruitier. Paris : Audot, libraire-Editeur, 1821. (Rés 131643)Les ouvrages du fonds Bonafous faisant doublon avec les exemplaires déjà présents dans la Bibliothèque du Lycée ne furent pas intégrés.

Lors de la donation consentie par les héritiers de l’agronome, en 1859, le fonds Bonafous avait fait l’objet d’un traitement plus que convenable. Rassemblé dans un seul et même lieu, conformément aux souhaits des donateurs, bénéficiant d’une cotation propre, il occupait la salle principale du Palais des Arts, une pièce richement décorée qui donnait sur la place des Terreaux. C’est lors du déménagement de 1912 que la collection de Matthieu Bonafous s’est vue disloquée : les imprimés de ce fonds, le moins bien traité de tous ceux provenant du Palais des Arts, furent séparés en fonction de leur format puis rangés dans les séries de cotes par groupes de quelques ouvrages à la fois.

Marques de provenance

L’appartenance d’un ouvrage au fonds Bonafous est établie grâce à la présence d’une estampille « Donation Bonafous 1859 » qui fut réalisée lors de l’entrée de la collection à la Estampille apposée sur quelques documents du fonds Bonafous. Extrait de : Noisette, Louis-Claude. Le Jardin fruitier. Paris : Audot, libraire-éditeur, 1821. (Rés 131643)bibliothèque du Palais des Arts. Celle-ci fut normalement apposée sur l’ensemble des documents du fonds, qu’ils soient manuscrits ou imprimés. On observe cependant que certains imprimés, dont les 2747 brochures de la collection, ont échappé à l’estampillage. D’autres marques de provenance sont également présentes sur quelques documents : l’ex-libris de Matthieu Bonafous, l’estampille « Bibliothèque Bonafous » ou encore le tampon « Bibliotheca Georgica Bonafous ».Estampille apposée sur certains documents du fonds Bonafous, en particulier sur les nombreuses éditions des Géorgiques de Virgile. Extrait de : Borelli. La Bombiorgica, Estratto dal Giornale degli atti della Societa economica di Capitanata, Opera periodica. 1836 ? (Ms 6033) De nombreuses brochures portent par ailleurs une dédicace des auteurs au savant agronome. Enfin, l’ex-libris de Jean-Baptiste Huzard, apposé sur de nombreux ouvrages du fonds, indique qu’une partie de la collection a d’abord appartenu à ce vétérinaire, qui était aussi un grand bibliophile, et témoigne des relations entretenues par les deux savants.

L’extrême dispersion des imprimés du fonds Bonafous interdit tout repérage systématique des documents qui le constituent. Une interrogation du catalogue informatisé permet de retrouver quelques ouvrages de la collection, pour lesquels le nom de Bonafous apparaît comme possesseur. Ex-libris de Jean-Baptiste Huzard père (1755-1838). Extrait de : Estampes pour servir à l'histoire des animaux. A Paris : De l'Imprimerie royale, 1671. (Rés 6384)Malheureusement, tous les ouvrages estampillés « Donation Bonafous 1859 » n’ont pas, lors de leur catalogage, été signalés comme tels. Les résultats ainsi obtenus restent donc encore très partiels. Par ailleurs, les registres d’inventaire de la bibliothèque, parce qu’ils ne distinguent pas les ouvrages du fonds Bonafous de ceux appartenant aux autres fonds issus du Palais des Arts, ne sont pas d’une grande aide à qui souhaite appréhender dans sa globalité cette riche bibliothèque scientifique.