Fonds Bonafous
Le Jardin de Basile Besler (1561-1629)
Le
fonds Bonafous comprend un exemplaire de la première édition
de l’Hortus Eystettensis de Basile Besler. Né à
Nuremberg en 1561, apothicaire de profession, ce dernier est célèbre
pour avoir publié, en 1613, le plus bel ouvrage sur la botanique paru
jusqu’alors. Sorti sous le titre Hortus Eystettensis, sive plantarum,
florum, etc., quae in viridariis arcem episcopalem cingentibus conspiciuntur,
ce remarquable in-folio fut exécuté avec le plus grand soin
aux frais de l’évêque d’Eichstätt, Jean Conrad
de Gemmingen. Il contient la description et la représentation de la
plupart des plantes que l’évêque avait rassemblées
dans ses jardins et
vergers
du mont Saint-Willibald, où était sis le château épiscopal.
Divisé en quatre parties, dont chacune porte le nom d’une des
saisons de l’année, cet ouvrage marque une étape d’importance
dans l’histoire de la botanique et de la gravure. Les 1086 figures qu’il
renferme sont les premières, après celles du Phytobasanos
de Fabio Colonna, qui aient été réalisées grâce
à l’utilisation du
cuivre.
Jusque là, les figures de plantes étaient gravées sur
bois.
Le rôle de Basile Besler, qui ne savait pas le latin et n’avait
qu’une médiocre connaissance des belles-lettres, se limita à
une activité de grand ordonnateur. Alors qu’il dirigeait l’entreprise,
son frère Jérôme, plus lettré que lui, donna la
synonymie des plantes ainsi qu’une partie des descriptions. C’est
à Louis Jungermann, professeur à Giessen, que l’on doit
le texte de l’ouvrage. On trouve deux autres éditions, bien inférieures
à la première : la première parut en 1640 à Nuremberg,
par les soins de Marquard II, évêque d’Eichstätt,
la seconde en 1750.