la
base des Dossiers de presse
Dans
la ville de l'imprimerie, les journaux et revues se sont multipliés,
depuis le premier quotidien imprimé en 1784, Le Journal de Lyon.
Un siècle plus tard, le lecteur pouvait lire chaque matin une bonne
huitaine de titres, représentant les sensibilités politiques
les plus diverses : du Progrès libre-penseur (il compta Jules
Vallès au nombre de ses collaborateurs), au très clérical
Nouvelliste. Il faudrait y ajouter un monument de l'écrit lyonnais
: la Revue du Lyonnais, austère et savant périodique
édité de 1835 à 1901, où des générations
d'érudits évoquèrent des pans souvent oubliés
de l'histoire locale.
A côté de ces grands titres battant volontiers des records de longévité (Le Salut Public parut de 1848 à 1944, fondé en 1859 Le Progrès existe encore), vivait ou bien souvent vivotait une nébuleuse de petites feuilles s'employant à déjouer les pièces de la censure et abordant les domaines les plus divers : les beaux-arts, la mode, mais aussi les problèmes sociaux et les revendications ouvrières.
Sans oublier la presse satirique, par tradition bien présente dans la ville de Guignol.
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De ce maelström de titres, la bibliothèque possède plusieurs
milliers, des origines à nos jours. La collection complète du
Progrès, celle-là même du journal toutes éditions
confondues que ce dernier a décidé de déposer à
la bibliothèque, occupe près de cinq cents mètres linéaires.
Quelques feuilles éphémères tiennent dans une chemise
cartonnée. Rareté absolue : un faux numéro du Nouvelliste,
alors résolument collaborateur, imaginé et imprimé par
les Résistants et qui circula dans Lyon quelques heures seulement,
à l'aube du 31 décembre 1941. Rareté : L'Union des
Bas-Bleus, journal féministe, parut en 1865, "rédigé
par Camélia, Anita, Angèle, Aglaé et Lucrèce",
et affichant à la Une son credo : "Nous ! Le symbole de la timidité,
nous voulons combattre et vaincre". Rareté aussi : Le Conseiller
des Femmes, hebdomadaire édité en 1834-1835 par la saint-simonienne
Eugénie Niboyet (1796-1883), dans le but "d'élever les femmes
à la hauteur de ce siècle". Rareté encore : L'Echo
de la Fabrique (1831-1834), porte-parole des canuts, qui possédait
tout un réseau de correspondants dans les grandes cités industrielles
de l'Europe entière et même une édition en langue anglaise.
Singulière rareté : Le Papillon (1832-1835) : la couleur de son papier changeait chaque semaine ! Outre L'Arbalète, deux revues littéraires lyonnaises de l'Entre-deux-guerres, sont entrées au catalogue à la suite de la vente de la collection Gildas Fardel en décembre 1999.
Lancée par un peintre,
Pierre Deval, un écrivain, Jean Lacroix, et le cinéaste Jean
Epstein, alors installé à Lyon, Promenoir, dont les six
numéros parurent entre février 1921 et juin 1922, se voulait
l'expression d'un "dadaïsme sage". Fernand Léger fut son illustrateur
; elle compta Blaise Cendrars, Jean Cocteau et Guillaume Apollinaire au nombre
de ses éphémères rédacteurs. L'existence de Manomètre
s'avéra un peu moins fugace, de 1922 à 1928. Son médecin
de fondateur, Emile Malespine, entendait "enregister des idées, indiquer
la pression sur tous les Méridiens", et tisser des liens avec des publications
similaires, de par l'Europe entière. Du coup, Philippe Soupault, Marcel
Arland, l'architecte Tony Garnier, mais aussi Tristan Tzara et Jorge Luis
Borgès y collaborèrent.
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