Journée du Patrimoine20 septembre 2008

Bibliothèque municipale de Lyon - Part Dieu


INEDIT à la bibliothèque :
Feuilletez un manuscrit en ligne !

L'évangeliaire (IXeme siècle)
Les louanges de la Sainte Croix de Raban Maur (IXeme siècle)



Au programme de la journée du patrimoine 2008
Entrez dans le silo !

1. Les collections de magazines du silo

2. Les manuscrits et documents du fonds ancien
    I. Les Chroniques de Nuremberg-1493
    II. Le livre imprimé de Flavius Josephe
    III. Fruits, un manuscrit de Louis Calaferte.

3. Présentation des estampes anciennes




1. Les collections de magazines du silo

Vue du siloLa journée du Patrimoine est l’occasion d’ouvrir aux publics le silo de la Bibliothèque, une tour de 17 étages où sont conservées les collections, modernes et anciennes : son fonctionnement, son organisation, le « pater-noster » (mécanisme pour monter ou descendre les documents d’un étage à la banque de distribution). C’est aussi l’occasion de présenter une collection étonnante de magazines, en particulier une revue française parue de 1832 à 1937 : Le Charivari.

Pour en savoir plus : visitez une collection numérisée accessible en ligne : la presse illustrée lyonnaise


2. Les manuscrits et documents du fonds ancien.

Au 6ème étage du silo, découvrez plusieurs documents rares possédés par la BmL.

I. Les Chroniques de Nuremberg-1493 ou
La création du monde dans un célèbre incunable allemand

La Chronique de Nuremberg ou «Weltchronik » d’Hartmann Schedel. Nuremberg, 1493(BML Rés inc 1056)

Cet ouvrage monumental à la fois par sa taille, son poids et l’importance de son iconographie (1804 gravures sur bois, 652 planches) est sans doute l’ouvrage illustré le plus remarquable des débuts de l’imprimerie.
L’auteur Hartmann Schedel, médecin et humaniste a compilé cette chronique grâce à une abondante bibliothèque qu’il s’était constituée. L’imprimeur n’est autre que le grand éditeur Anton Koberger, les illustrateurs sont : Michael Wolgemut (1437-1519) et Wilhelm Pleydenwurff (1450-1494).
L’ouvrage, qui se situe dans la tradition des Histoires universelles du Moyen-Age, présente le monde en six époques, depuis sa création jusqu’au moment de leur rédaction, c'est-à-dire la fin du règne de l’empereur Maximilien. Une carte de l’Europe, la première imprimée, constitue le point d’orgue de ce livre qui contient de nombreuses vues de villes,  dont celle de Lyon (f°88)

A la suite de la découverte à Berlin en 1998 d’une matrice en bois inachevée sur laquelle figurait une esquisse à l’encre noire de la main d’Albert Dürer pour le septième jour de la Chronique, on a la certitude que le célèbre peintre et graveur allemand a étroitement collaboré à certaines gravures. En effet, le jeune Dürer était entré en apprentissage à 15 ans dans l’atelier du graveur Wolgemut en 1486 et y était resté quatre ans. Or les travaux de gravures pour l’ouvrage avaient commencé dès 1488.

Sur le plan stylistique, les premières planches représentant la création du monde sont révélatrices de la manière de Dürer, en particulier dans les cercles concentriques et la main divine évoquant la création du monde.

L’ouvrage fut tiré sans doute à 1300 ou 1400 exemplaires en latin et 600 à 700 en allemand. En 1496, un imprimeur d’Augsbourg réalisa une impression en allemand, moins chère et de plus petit format qui rendit difficile la vente de cette chronique.
Actuellement, c’est un ouvrage rare et toujours recherché.


Pour aller plus loin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hartmann_Schedel
http://gallica.bnf.fr/
Qu’est ce qu’un incunable ?
Une question du GdS à propos des Chroniques de Nuremberg


II. Le livre imprimé de Flavius Josephe
La création d’une édition lyonnaise du XVIe siècle

Flavius Josèphe. Histoire de Fl. Josèphe. Lyon : les héritiers de Jacques Giunta, 1569 (De l’imprimerie de Pierre Roussin).
BML Rés 106895
Rés 167282

Les richesses des collections de la Bibliothèque municipale de Lyon permettent des découvertes comme celle qu’offre la confrontation de ces deux éditions d’une impression lyonnaise. Cette confrontation permet de pénétrer dans le processus créatif.
Le premier volume comporte d’innombrables corrections manuscrites qu’il contient en vue d’une meilleure impression. Elles ne concernent souvent qu’un caractère, une ponctuation, mais cela peut arriver plusieurs fois par page. On peut aussi rencontrer des corrections plus importantes. Par exemple p. 153, il s’agissait de changer l’illustration. La Bibliothèque de Lyon ayant déjà un autre exemplaire corrigé, on peut comparer les deux versions, ainsi que la différence d’aspect que donne un encrage plus ou moins fort. Il est très rare pour cette époque de trouver un livre entièrement corrigé.

La comparaison des deux ouvrages est éloquente et permet de mieux pénétrer dans les techniques d’édition et d’imprimerie et de voir comment procédaient les imprimeurs pour améliorer un texte.
Voir

Visitez en ligne le patrimoine de la Bibliothèque municipale de Lyon
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Sur place, à la Bibliothèque, venez assister à L’Heure de la Découverte, chaque semaine….
Fabriquer un manuscrit au moyen âge 
A l’intérieur du fonds ancien
A chaque livre son destin


III. Fruits, un manuscrit de Louis Calaferte.
Ou  La création, au fil des minutes...

Louis Calaferte, né en 1928, mort en 1994, a vécu en partie à Lyon, Mornant (69) et Blaisy-Bas (21). Son œuvre est multiple et se compose d’une centaine d’ouvrages, romans, récits, essais, carnets, théâtre, poésie. Selon le vœu de l'écrivain, sa femme Guillemette a donné en 1996 à la Bibliothèque municipale de Lyon son fonds d'archives. Il est exceptionnel, réunissant la quasi-intégralité de l’œuvre manuscrite et une partie conséquente des archives personnelles de l’écrivain : jeux d’épreuves, affiches de théâtre, dossiers de presse, dessins originaux, etc....

Le melon

Calaferte apportait un soin particulier à la conservation de ses manuscrits et à leur classement. Cette attention permet de retracer avec précision la genèse d'une de ses œuvres, Fruits, un ensemble de 25 courts poèmes. Il les compose dans sa maison de Blaisy-Bas en Côte d'Or du 11 au 13 décembre 1990, sur des papiers de formats différents. D'abord un premier jet, qu'il remet au propre sur le même papier et qu'il date précisément. Ainsi La pomme, composée le 11 décembre à 10h30 ; La pêche à 11h-10 ; Les groseilles, à midi 1/2, écrites sur une enveloppe peut-être arrivée par le courrier du matin car datée du 9 décembre ; La noisette et La grenade, notées la nuit du 11 décembre par la main de Guillemette ; La figue, composée la nuit du 11 décembre mais notée le matin 12 décembre ; Le melon, le 12 décembre à  midi 1/2.  Et pour finir Le cassis, noté le 13 décembre à 11 heures. Ces papiers sont illustrés par de rapides croquis à l'encre noire.
Calaferte publie Fruits aux éditions Hesse en 1992 Le texte est illustré de dessins en couleur qu'il réalise lui-même.

Le melon Melon Pages extraites de Fruits, "le melon", Louis Calaferte, éditions Hesse, 1992.

 

Pour aller plus loin
Découvrir la collection Calaferte 
Découvrir le catalogue des manuscrits  

3. Présentation des estampes anciennes

Pour terminer la visite, une présentation des estampes anciennes et de leur inventaire informatique.

La très riche collection d’estampes de la Bibliothèque municipale de Lyon (100 000 pièces environ) recèle de véritables trésors et illustre l’évolution de la gravure et de ses techniques, de la fin du XVe jusqu’au début du XXe siècle. C’est un patrimoine hérité des collections historiques de la ville, accessible grâce à l’inventaire informatique (voir la collection numérisée des Estampes), aux visites de l’heure de la découverte ou aux expositions, comme celle prochainement consacrée à Honoré Daumier dans l’espace Patrimoine (décembre 2008-février 2009).

Les quatres cavaliers de l'Apocalypse
Albrecht Dürer, Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse, 1496-98, gravure sur bois (BM Lyon, A16DUR000722)

La gravure sur bois apparue à la fin du XIVe siècle, considérée comme la plus ancienne technique de l’estampe occidentale, acquiert véritablement le statut d’œuvre d’art avec Albrecht Dürer (1471-1528). Cet artiste, après avoir terminé son apprentissage à Nuremberg puis ses nombreux voyages dans l’Allemagne rhénane et en Italie, commence sa célèbre suite de 15 planches de l’Apocalypse, illustrant le texte de l’évangéliste Jean. Réalisée entre 1496 et 1498, elle révèle la crainte qui règne dans les esprits à l’approche de l’an 1500, assimilée à la fin prochaine du monde. Dürer fait preuve d’une grande originalité dans sa composition visionnaire, tout en respectant fidèlement le récit biblique.

 



C'était bien la peine de nous faire tuer !
Honoré Daumier, C’était bien la peine de nous faire tuer !, 1835, lithographie (BM Lyon, F19DAU008961)

La lithographie, inventée en Allemagne en 1796 par Senefelder, permet la reproduction de dessins exécutés sur une pierre calcaire. Largement diffusée dans la presse, elle sera la technique privilégiée par le grand caricaturiste Honoré Daumier (1808-1879). C’était bien la peine de nous faire tuer ! nous transporte au cœur de son combat contre la Monarchie de Juillet de Louis-Philippe. Les révolutionnaires tombés en 1830, pendant les « Trois Glorieuses », assistent incrédules à la remontée des pouvoirs qu’ils avaient renversés. C’est la dernière œuvre politique de l’artiste avant la censure de 1835, qui l’oblige à se convertir à la satire des mœurs de la société.


Vous pouvez découvrir ces pièces d’exception en ligne (Dürer, Rembrandt…) :
>> la base Estampes de la BmL 

Pour aller plus loin :
L’heure de la découverte, propose une découverte des estampes : 
« Bel Paese. Voyage en Italie à travers les estampes »