INEDIT à la bibliothèque : Feuilletez un manuscrit en ligne ! L'évangeliaire (IXeme siècle) |
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Au programme de la journée du patrimoine 2008
Entrez dans le silo !
1. Les collections de magazines du silo
2. Les manuscrits et documents du fonds ancien
I. Les Chroniques de Nuremberg-1493
II. Le livre imprimé de Flavius Josephe
III. Fruits, un manuscrit de Louis Calaferte.
3. Présentation des estampes anciennes
La journée du Patrimoine est l’occasion d’ouvrir aux publics
le silo de la Bibliothèque, une tour de 17 étages où sont
conservées les collections, modernes et anciennes : son fonctionnement,
son organisation, le « pater-noster » (mécanisme
pour monter ou descendre les documents d’un étage à la banque
de distribution). C’est aussi l’occasion de présenter une
collection étonnante de magazines, en particulier une revue française
parue de 1832 à 1937 : Le Charivari.
Pour en savoir plus : visitez une collection numérisée accessible en ligne : la presse illustrée lyonnaise
Cet ouvrage monumental à la fois par sa taille, son poids et l’importance
de son iconographie (1804 gravures sur bois, 652 planches) est sans doute
l’ouvrage illustré le plus remarquable des débuts de
l’imprimerie.
L’auteur Hartmann Schedel, médecin
et humaniste a compilé cette chronique grâce à une abondante
bibliothèque qu’il s’était constituée. L’imprimeur
n’est autre que le grand éditeur Anton Koberger, les illustrateurs
sont : Michael Wolgemut (1437-1519) et Wilhelm Pleydenwurff (1450-1494).
L’ouvrage, qui se situe dans la tradition des Histoires universelles du
Moyen-Age, présente le monde en six époques, depuis sa création
jusqu’au moment de leur rédaction, c'est-à-dire la fin du
règne de l’empereur Maximilien. Une carte de l’Europe,
la première imprimée, constitue le point d’orgue
de ce livre qui contient de nombreuses vues de villes, dont celle de Lyon
(f°88)
A la suite de la découverte à Berlin en 1998 d’une
matrice en bois inachevée sur laquelle figurait une esquisse à l’encre
noire de la main d’Albert Dürer pour le septième
jour de la Chronique, on a la certitude que le célèbre peintre
et graveur allemand a étroitement collaboré à certaines
gravures. En effet, le jeune Dürer était entré en apprentissage à 15
ans dans l’atelier du graveur Wolgemut en 1486 et y était
resté quatre ans. Or les travaux de gravures pour l’ouvrage
avaient commencé dès 1488.
Sur le plan stylistique, les premières planches représentant la
création du monde sont révélatrices de
la manière de Dürer, en particulier dans les cercles concentriques
et la main divine évoquant la création du monde.
L’ouvrage fut tiré sans doute à 1300 ou 1400 exemplaires
en latin et 600 à 700 en allemand. En 1496, un imprimeur d’Augsbourg
réalisa une impression en allemand, moins chère et de plus
petit format qui rendit difficile la vente de cette chronique.
Actuellement, c’est un ouvrage rare et toujours recherché.
Pour aller plus loin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hartmann_Schedel
http://gallica.bnf.fr/
Qu’est
ce qu’un incunable ?
Une question du GdS à propos des Chroniques de Nuremberg
II. Le livre imprimé de Flavius Josephe
La création d’une édition lyonnaise du XVIe siècle
Flavius Josèphe. Histoire de Fl. Josèphe. Lyon :
les héritiers de Jacques Giunta, 1569 (De l’imprimerie de
Pierre Roussin).
BML
Rés 106895
Rés
167282
Les richesses des collections de la Bibliothèque municipale de Lyon
permettent des découvertes comme celle qu’offre la confrontation
de ces deux éditions d’une impression lyonnaise. Cette confrontation
permet de pénétrer dans le processus créatif.
Le premier volume comporte d’innombrables corrections manuscrites qu’il
contient en vue d’une meilleure impression. Elles ne concernent souvent
qu’un caractère, une ponctuation, mais cela peut arriver plusieurs
fois par page. On peut aussi rencontrer des corrections plus importantes. Par
exemple p. 153, il s’agissait de changer l’illustration. La Bibliothèque
de Lyon ayant déjà un autre exemplaire corrigé, on peut
comparer les deux versions, ainsi que la différence d’aspect que
donne un encrage plus ou moins fort. Il est très rare pour cette époque
de trouver un livre entièrement corrigé.
La comparaison des deux ouvrages est éloquente et permet de mieux
pénétrer dans les techniques d’édition et d’imprimerie
et de voir comment procédaient les imprimeurs pour améliorer
un texte.
Voir
Visitez en ligne le patrimoine de la Bibliothèque
municipale de Lyon
Découvrez les livres du XVIème siècle
Découvrez les premiers livres imprimés
Découvrez les enluminures
Sur place, à la Bibliothèque, venez assister à L’Heure
de la Découverte, chaque semaine….
Fabriquer un manuscrit au moyen âge
A l’intérieur du fonds ancien
A chaque livre son destin
III. Fruits, un manuscrit de Louis Calaferte.
Ou La création, au fil des minutes...
Louis Calaferte, né en 1928, mort en 1994, a vécu en partie à Lyon, Mornant (69) et Blaisy-Bas (21). Son œuvre est multiple et se compose d’une centaine d’ouvrages, romans, récits, essais, carnets, théâtre, poésie. Selon le vœu de l'écrivain, sa femme Guillemette a donné en 1996 à la Bibliothèque municipale de Lyon son fonds d'archives. Il est exceptionnel, réunissant la quasi-intégralité de l’œuvre manuscrite et une partie conséquente des archives personnelles de l’écrivain : jeux d’épreuves, affiches de théâtre, dossiers de presse, dessins originaux, etc....
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Calaferte apportait un soin particulier à la conservation de ses manuscrits
et à leur classement. Cette attention permet de retracer avec précision
la genèse d'une de ses œuvres, Fruits, un ensemble
de 25 courts poèmes. Il les compose dans sa maison de Blaisy-Bas en
Côte d'Or du 11 au 13 décembre 1990, sur des papiers de formats
différents. D'abord un premier jet, qu'il remet au propre sur le même
papier et qu'il date précisément. Ainsi La pomme,
composée le 11 décembre à 10h30 ; La pêche à 11h-10
; Les groseilles, à midi 1/2, écrites sur une
enveloppe peut-être arrivée par le courrier du matin car datée
du 9 décembre ; La noisette et La grenade,
notées la nuit du 11 décembre par la main de Guillemette ; La
figue, composée la nuit du 11 décembre mais notée
le matin 12 décembre ; Le melon, le 12 décembre à midi
1/2. Et pour finir Le cassis, noté le 13 décembre à 11
heures. Ces papiers sont illustrés par de rapides croquis à l'encre
noire.
Calaferte publie Fruits aux éditions Hesse en 1992 Le texte
est illustré de dessins en couleur qu'il réalise lui-même.
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Pages extraites de Fruits, "le melon", Louis Calaferte, éditions Hesse, 1992. |
Pour aller plus loin
Découvrir la collection Calaferte
Découvrir
le catalogue des manuscrits
La très riche collection d’estampes de la Bibliothèque
municipale de Lyon (100 000 pièces environ) recèle de
véritables trésors et illustre l’évolution de
la gravure et de ses techniques, de la fin du XVe jusqu’au début
du XXe siècle. C’est un patrimoine hérité des
collections historiques de la ville, accessible grâce à l’inventaire
informatique (voir la collection numérisée des Estampes),
aux visites de l’heure de la découverte ou aux expositions,
comme celle prochainement consacrée à Honoré Daumier
dans l’espace Patrimoine (décembre 2008-février 2009).
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Albrecht Dürer, Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse,
1496-98, gravure sur bois (BM Lyon, A16DUR000722) |
La gravure sur bois apparue à la fin du XIVe siècle, considérée comme la plus ancienne technique de l’estampe occidentale, acquiert véritablement le statut d’œuvre d’art avec Albrecht Dürer (1471-1528). Cet artiste, après avoir terminé son apprentissage à Nuremberg puis ses nombreux voyages dans l’Allemagne rhénane et en Italie, commence sa célèbre suite de 15 planches de l’Apocalypse, illustrant le texte de l’évangéliste Jean. Réalisée entre 1496 et 1498, elle révèle la crainte qui règne dans les esprits à l’approche de l’an 1500, assimilée à la fin prochaine du monde. Dürer fait preuve d’une grande originalité dans sa composition visionnaire, tout en respectant fidèlement le récit biblique.
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Honoré Daumier, C’était bien la peine de nous faire
tuer !, 1835, lithographie (BM Lyon, F19DAU008961) |
La lithographie, inventée en Allemagne en 1796 par Senefelder, permet la reproduction de dessins exécutés sur une pierre calcaire. Largement diffusée dans la presse, elle sera la technique privilégiée par le grand caricaturiste Honoré Daumier (1808-1879). C’était bien la peine de nous faire tuer ! nous transporte au cœur de son combat contre la Monarchie de Juillet de Louis-Philippe. Les révolutionnaires tombés en 1830, pendant les « Trois Glorieuses », assistent incrédules à la remontée des pouvoirs qu’ils avaient renversés. C’est la dernière œuvre politique de l’artiste avant la censure de 1835, qui l’oblige à se convertir à la satire des mœurs de la société.
Pour aller plus loin :
L’heure de la découverte,
propose une découverte des
estampes :
« Bel Paese. Voyage en Italie à travers les estampes »