| UN
JESUITE LYONNAIS, |
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| EXPOSITION
DU 17 SEPTEMBRE AU 31 DECEMBRE 2005 commissaires
d'exposition visites édition colloque |
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Claude-François Menestrier naquit à Lyon le 9 mars 1631. Son père était apothicaire (?). Il fit ses études au collège de la Trinité à Lyon et à Chambéry, et entra dans la société de Jésus, dont il resta, jusqu’à sa mort, un membre éminent. Il fut professeur dans les collèges de Chambéry, Vienne et Grenoble, revint à la Trinité de Lyon pour enseigner les humanités. Dans les années 1669-1670, il voyage en Allemagne et en Italie, puis se fixe à Paris jusqu’à sa mort le 21 janvier 1705. Héritier de la tradition encyclopédique de la Renaissance maintenue par le père Athanase Kircher et familier de la pensée du célèbre érudit de la maison de Savoie Emmanuele Tesauro, Menestrier incarne l’effort des jésuites pour opérer le brassage d’un corpus symbolique, l’établir sur un mode didactique savant et mondain et en faire triompher le spectacle dans les apparats éphémères au service des princes comme de l’Église. Il entreprit une
œuvre immense de recensement, classification et codification qui
le conduisit du blason et de l’emblématique jusqu’à
la philosophie des images, faisant de lui un des derniers théoriciens
de cette pratique cognitive au moment où la pensée occidentale
s’engageait dans les voies nouvelles. Il fut en même temps
un extraordinaire metteur en scène, des fêtes offertes
par Lyon à Louis XIV en 1658 aux pompes funèbres de Condé
en 1687 et jusqu’à l’entrée des princes à
Grenoble en 1701, en passant par les entrées royales, les ballets
et les fêtes scolaires des jésuites, les cérémonies
de béatification, les célébrations des événements
dynastiques de Savoie et de France, les programmes pour les décors
d’édifices religieux ou civils à Grenoble ou à
Lyon. Homme d’église, il entra en conflit avec les gens
du roi, dont la politique de l’image n’avait pas la même
finalité que la sienne. Privilégiant l’érudition,
il pratiqua une esthétique qui l’opposa aux artistes de
son temps dans la querelle du goût et de l’esprit. On lui
doit environ cent-soixante ouvrages, souvent enrichis de planches gravées,
traités théoriques, recueils d’emblèmes explicatifs
des spectacles, Si les spécialistes de l’emblème, de l’histoire de Lyon ou de l’édition connaissent bien le père Menestrier, il n’existe pas de travaux généraux prenant en compte les différentes facettes de son œuvre, son insertion dans la pédagogie des jésuites, et plus largement dans les pratiques culturelles, sociales et politiques de la seconde moitié du XVIIe siècle. Le tricentenaire de sa mort en offre l’opportunité. Il était légitime que l’initiative vint de Grenoble, où Menestrier enseigna, organisa pour Anne d’Autriche des pompes funèbres baroques, les fêtes pour la commémoration de François de Sales, l’entrée des princes en 1701, et donna le programme décoratif de la chapelle des visitandines de Sainte Marie d’en haut, ainsi que de Lyon où il naquit, étudia et enseigna, organisa tant de spectacles, parades et entrées, inspira les décors du collège de la Trinité et de l’Hôtel de Ville, réalisés par Pierre-Paul Sevin et Thomas Blanchet, fit imprimer une grande partie de ses ouvrages, actuellement conservés à la Bibliothèque de Lyon, héritière de celles des jésuites de la Trinité. Gérard Sabatier L’année
2005 correspond au tricentenaire de la mort du jésuite Claude-François
Menestrier (1631-1705), un des plus célèbres théoriciens
et historiens d'origine lyonnaise du XVIIe siècle. L’exposition
présente la diversité et la richesse de l’œuvre
de Menestrier, à travers principalement des livres, des manuscrits
et des estampes, provenant du Fonds ancien de la Bibliothèque
de Lyon et de prêts extérieurs. Elle est également
enrichie par la présentation d’objets : médailles,
jeux de société, photographies, etc. Les prêteurs : Musée des Beaux-Arts, Lyon ; Musée gallo-romain, Lyon ; Musée de l’Imprimerie, Lyon ; Musée Carnavalet, Paris ; Bibliothèque de l’Arsenal, Paris ; Bibliothèque municipale de Bourg-en-Bresse ; Bibliothèque municipale de Vienne ; Bibliothèque d’étude et d’information, Grenoble ; Archives municipales, Grenoble |