Exposition

du 17 septembre au
au 31 décembre 2009

Bibliothèque municipale de Lyon

Qui n'a pas rêvé de remonter le temps...


... et de se retrouver immergé dans une époque éloignée de la sienne ? Les estampes d’Israël Silvestre, dont la Bibliothèque propose une redécouverte, nous offrent la possibilité d’effectuer ce voyage dans le temps et de nous retrouver dans l’Europe du Grand Siècle. Mais les images ont-elles vraiment le pouvoir de reproduire la réalité d’une époque passée ?

Charles GonnetCe voyage, que nous espérons plaisant à l’œil, nous l’avons également voulu critique et source d’interrogations sur la « fabrique des images ». C’est pourquoi, tout au long de ce parcours européen, nous avons choisi de confronter l’œuvre d’Israël Silvestre à ses contemporains qui ont fait le voyage de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Angleterre et qui ont laissé des témoignages écrits ou d’autres images, tel Jacques Callot.

Nous avons également confronté ces représentations aux savoirs accumulés par les historien(ne)s de l’Europe du XVIIe siècle.

Les textes que vous allez lire sont écrits à la première personne, comme si Israël Silvestre lui-même racontait ses voyages et son œuvre. Devenu en quelque sorte notre guide, il nous fait partager son amour de l’Italie lors de ses années de formation, nous conduit à travers le royaume de France qui se bâtit à travers les guerres, nous offre des moments de sérénité lorsque nous nous surprenons à contempler le détail de ses vues de villes. Enfin, il nous dévoile une partie de ses secrets de fabrication dans son atelier. 

Pour terminer, faisons état de ce qui a présidé à ce voyage et laissons parler Walter Lippmann (1889-1974), journaliste et homme politique libéral américain, qui écrivait dans Le Public fantôme (1925) :

 « L’homme a compris qu’il voyait certes un peu avec ses yeux, mais beaucoup plus à travers les récits de ce que les autres hommes pensaient avoir vu. Il lui est ainsi apparu que tout être humain a des yeux habitués à voir d’une certaine façon, souvent très stéréotypée, qui organise les événements selon une perspective (…). [L’expérience] nous révèle du monde des représentations faites d’objets seulement à demi-vus, à demi-entendus. Les hommes n’ont affaire qu’aux ombres d’objets incertains, qu’ils soumettent inconsciemment aux désirs de leur esprit ».

Bon voyage !


Jérôme Triaud
commissaire de l'exposition
bibliothécaire au Département Documentation Rhône-Alpes
Bibliothèque municipale de Lyon

 

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