Antoine, Auguste et Louis LUMIERE

Antoine Lumière (1840-1911), le père fondateur, s’installe à Lyon avec sa famille en 1871 en tant que photographe spécialisé dans les cartes de visite. Par son tempérament chaleureux et son sens artistique, il acquiert une certaine renommée et reçoit des récompenses dès 1872 (Médaille d’Or).
Après l’arrivée sur le marché des plaques sèches au gélatino-bromure d’argent, il décide de fabriquer ses propres supports photographiques et crée la société Antoine Lumière et ses fils en 1884, reprise ensuite par Auguste et Louis.

Auguste (1862-1954) et Louis (1864-1948) Lumière mènent des études secondaires au lycée La Martinière à Lyon, formation qui développera leur capacité de réflexion et leur curiosité scientifique. En parallèle, ils aident leur père au studio.
En 1882 ils mettent au point la plaque instantanée « Étiquette Bleue », plus sensible que celle du commerce. Ce procédé est commercialisé et, grâce à son succès, relance l’entreprise d’Antoine Lumière, leur assurant des revenus croissants.
Tout au long de leur vie, ils ne cesseront de faire de nouvelles découvertes dans des domaines très variés, l’invention principale étant le cinématographe en 1894.
L’autochrome, dont le brevet est déposé en 1903, est considéré par Louis comme son plus grand chef-d’œuvre.

Si les frères se sont promis de toujours signer les inventions de leurs deux noms, les découvertes majeures pour la photographie et le cinéma sont dues à Louis Lumière, Auguste s’intéressant davantage à la biologie et à la médecine. Ce dernier, au cœur du milieu médical lyonnais, ouvre la Clinique Lumière en 1926 et est élu membre correspondant de l’Académie de Médecine en 1928.

Fernand ARLOING

(1875-1944)

Professeur à la faculté de médecine de Lyon, Fernand Arloing a pour loisir la photographie. Il la pratique jusqu’en 1925, prenant surtout pour sujet des paysages campagnards, dans le Beaujolais ou la région lyonnaise, mais aussi lors de ses voyages. Sa famille est très présente au sein de son œuvre. Dans ses images, il s’attache aux effets de lumière et aux mises en scènes « romantiques ».

Gabriel BARGILLAT

(1891-1968)

Gabriel Bargillat est un industriel de la soierie qui, grâce à sa passion pour la photographie, entre à la société Lumière en tant qu’ingénieur de recherche et travaille sur les procédés couleur. Aimant l’alpinisme et le cyclotourisme, il voyage beaucoup. Il fixe ses aventures sur les plaques autochromes et organise des conférences en France et à l’étranger. Il enseignera également la photographie à la chambre des métiers du Rhône. Son œuvre se compose de sujets variés : natures mortes, paysages et portraits à l’esthétique recherchée.

Humbert DUCURTYL

(1850-19..)

Humbert Ducurtyl commence à travailler dans la soierie puis se reconvertit en agent de change. Passionné par le progrès (d’abord l’électricité puis les voitures), il s’intéresse à la photographie. Il est ami avec les frères Lumière à qui il apporte une aide financière au début de leurs recherches. Ceux-ci lui feront part de leurs nombreuses inventions. Il pratique la photographie tout au long de sa vie, ses sujets favoris étant sa famille et les paysages.

Jean-Camille DUPRAT

(1881-1944)

Photographe, Jean-Camille Duprat commence à utiliser le procédé autochrome dès 1908.
Pendant la guerre, il est placé au service photographique de l’aviation. Ce thème est très présent dans son œuvre où l’on retrouve des militaires et des avions.
A l’armistice, il se fixe à Paris et travaille avec l’école des Beaux-arts tout en collaborant avec des architectes.

Jean-Camille Duprat s’intéresse aux effets de couleur et de transparence. Il recherche la réalité des teintes sur ses sujets favoris : les paysages et les nus.

Pierre-Elisée GRANGE

(1873-19..)

Docteur en médecine, Pierre-Elisée Grange est aussi passionné de cyclotourisme et profite de ses balades pour pratiquer la photographie. Lorsqu’il découvre la plaque autochrome, il en devient un ardent défenseur et écrit plusieurs articles en faveur de ce procédé. Il organise des conférences avec projection d’images pour convertir son public à la photographie en couleur, présentant notamment les autochromes de ses amis Arloing, Morel et Bargillat. Lors de ces occasions, il donne des conseils et analyse les photographies sur le plan technique, déplorant le fait que ce nouveau procédé soit peu utilisé.

Albert MOREL

(1875-1963)

Homme de science (professeur en médecine, ès sciences, agrégé de chimie, professeur à la faculté de Lyon), Albert Morel pratique en parallèle la « cyclochromie », terme qu’il invente pour réunir ses deux passions: la bicyclette et les autochromes.
Il prend des photographies durant ses voyages : l’on retrouve d’ailleurs un vélo au milieu du paysage sur certains autochromes exposés.
Albert Morel organise des conférences où il projette ses images, mettant en valeur le procédé nouvellement inventé.
Il pratiquera ces deux loisirs jusqu’à la fin de sa vie.

Jean-Baptiste TOURNASSOUD

(1866-1951)

Jean-Baptiste Tournassoud a une carrière de militaire : d’abord sous-lieutenant en 1895 puis capitaine en 1905, il devient commandant en 1918.
Sensible à la photographie et à la peinture, il se lie d’amitié avec les Lumière.
Photographe militaire pendant la guerre, il saisit des images de villes bombardées,  de militaires et de prisonniers.
En 1918, il dirige le service photographique et cinématographique de l’armée.
Même très âgé, il continuera à utiliser les plaques autochromes, en particulier pour ses scénettes, composées de bohémiens ou de villageois.

La notion de mise en scène est très présente dans les photographies de Tournassoud : il est intéressant de constater que ses images de guerre sont des compositions étudiées, où les militaires posent devant l’objectif.

Albin GONTARD

La Bibliothèque municipale de Lyon ne dispose pas d’informations sur cet autochromiste.
Les œuvres conservées sont en majorité des villages en ruine, des photographies prises durant une permission en 1916 à Paris et des paysages de campagne, l’ensemble datant de la première guerre mondiale.