EXPOSITION

18 septembre au
31 décembre 2010
bibliothèque
Part-Dieu Lyon

Bibliothčque municipale de Lyon

Parcours dans l'exposition

La Bible et les psaumes

Enluminure David Ă  la harpe [BML : RĂ©s Ms 409]

Enluminure David Ă  la harpe
[BML : RĂ©s Ms 409]

On considère actuellement que la Bible hĂ©braĂŻque ancienne a Ă©tĂ© Ă©crite entre le XIe et le IIe siècle avant J.-C. Elle se compose d’environ quarante-cinq « livres Â». Les traductions anciennes grecques ou latines – et Ă  leur suite, les traductions en français ou dans d’autres langues – conservent cette division en « livres Â». Dès les premiers siècles de notre ère, le christianisme ajoute aux livres de la Bible, appelĂ©e alors l’Ancien Testament, vingt-sept livres qui composent le Nouveau Testament. Parmi les livres de la Bible, on distingue cinq livres poĂ©tiques : le premier d’entre eux est le Livre des Psaumes.

Psautier, XIVe siècle [BML : Rés Ms 429]

Psautier, XIVe siècle
[BML : RĂ©s Ms 429]

Ce recueil – appelĂ© aussi Ă  l’origine, recueil des « Louanges Â» – est un ensemble de cent-cinquante poèmes de longueurs très variĂ©es. Près de la moitiĂ© de ces poèmes sont attribuĂ©s Ă  David – roi d’IsraĂ«l au Xe siècle avant J.-C. – et on parle souvent, par extension, des Cent-cinquante Psaumes de David ou simplement des Psaumes de David pour dĂ©signer l’ensemble du Livre des Psaumes. Ce volume, quand il est isolĂ© de la Bible, prend souvent le nom de Psautier. Le mot Psaume provient de la version grecque de la Bible qui parle de PsaltĂ©rion ou PsalmoĂŻ. Ces mots renvoient Ă  un instrument de musique Ă  cordes pincĂ©es et il semble que de tout temps, on ait associĂ© les psaumes avec la musique.


Si l’on trouve dans cet ensemble des psaumes de « louange Â» comme le souligne le titre original, ces cent-cinquante poèmes prĂ©sentent un très large Ă©ventail de thèmes : prières d’appel au secours, de demande de pardon, de confiance en Dieu, etc. mais aussi instructions religieuses. C’est vraisemblablement cette richesse thĂ©matique, associĂ©e Ă  une prĂ©sentation poĂ©tique, qui a fait le succès particulier de ce livre.

Sefer Tehilim `im perush Rabi David Kimhi ... – Isny : Paulus Fagius, 1542. Psalterium cum canticis, graece. – Venise : Aldo Manuzio, c. 1498. [BML : Rés Inc 821] Psautier en grec, rare impression vénitienne incunable. Psaume 148.

Sefer Tehilim `im perush Rabi David Kimhi ... – Isny : Paulus Fagius, 1542.
[BML : 100069] Psautier en hébreu accompagné du commentaire du rabbin
provençal David Kimhi (1160 ? – 1235 ?). Psaume 148.

Psalterium cum canticis, graece. – Venise : Aldo Manuzio, c. 1498. [BML : Rés Inc 821] Psautier en grec, rare impression vénitienne incunable. Psaume 148.

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Les premiers psaumes en français

Portraits de Clément Marot, estampe. [BML : Fonds portraits,s.c.]

Portraits de Clément Marot, estampe.
[BML : Fonds portraits,s.c.]

Le passage de la poĂ©sie hĂ©braĂŻque ancienne des « Louanges Â» Ă  sa traduction en grec puis aux traductions latines et finalement aux traductions en vers français a nĂ©cessairement demandĂ© des adaptations. De mĂŞme, l’interprĂ©tation des textes selon les diffĂ©rents sens thĂ©ologiques a conduit Ă  d’importantes diffĂ©rences dans les versions françaises des psaumes.


Heures de Nostre Dame translatees de latin en francoys et myses en rime… composez par Pierre Gringore. – Paris : Jehan Petit, [1527] [BML : Rés 357316]

Heures de Nostre Dame translatees de latin en francoys et myses en rime… composez par Pierre Gringore. – Paris : Jehan Petit, [1527]
[BML : RĂ©s 357316]

Les auteurs précisent parfois que leur texte français est une Paraphrase des Psaumes de David, ou encore qu’il s’agit, par exemple, de Poésies sacrées traduites des Psaumes ou plus simplement d’Odes sacrées sur les Psaumes. On peut retenir que dès le Moyen Âge, on trouve des manuscrits contenant une sélection de sept d’entre eux appelés les Psaumes de la Pénitence. La publication en 1525 des Heures de Nostre Dame translatees en francoys et mises en rithme par Pierre Gringore appartient encore partiellement à la langue médiévale, avec cependant la présence d’un nombre significatif de psaumes en vers français (quarante-sept).

Les véritables traductions de psaumes en vers français modernes datent des années 1530 avec les premiers textes de Clément Marot suivis de leur adoption très rapide par la toute jeune Église réformée inaugurée par Jean Calvin (1509-1564) à la même période. Qu’il s’agisse d’éditions destinées au culte réformé ou d’éditions sans réelle visée cultuelle, les traductions en vers français vont dès lors se multiplier.

Les Œuvres de Clément Marot... – Lyon : Gryphe, [1538]. Les Œuvres de Clément Marot... – Lyon : Jean de Tournes, 1549.

Les Œuvres de Clément Marot... – Lyon : E. Dolet, [1538].
[BML : Rés B 509644] Le Psaume 6 est le premier qu’ait traduit Clément Marot dans les années 1530.

Les Œuvres de Clément Marot... – Lyon : Jean de Tournes, 1549.
[BML : Rés 813211] Les « Cinquante psalmes de David » représentent en réalité les 49 psaumes traduits par Clément Marot en 1543, ici dans son édition de 1549, imprimée à Lyon par Jean de Tournes.


Dès 1550-1551, on dispose de deux versions complètes des 150 psaumes en vers français : en 1550, 49 psaumes paraphrasĂ©s par ClĂ©ment Marot (c.1496-1544), auxquels on peut joindre les 101 psaumes paraphrasĂ©s par Jean Poictevin ; en 1551, les 150 psaumes en un volume dans des traductions de ClĂ©ment Marot, Gilles d’Aurigny, Claude-BarthĂ©lĂ©my Bernard, Robert Brincel et d’autres.


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Le Psautier des Églises réformées

Le psautier des Églises réformées est définitivement constitué en 1562. Il s’agit d’un livre comportant les 150 psaumes mis en vers français. Clément Marot a traduit 49 psaumes et Théodore de Bèze (1519-1605) les 101 qui restaient. Ces psaumes sont accompagnés de mélodies composées spécialement par trois musiciens, chantres de l’Église de Genève, Guillaume Franc, Loys Bourgeois et Pierre Davantès.

Psautier, XIVe siècle [BML : Rés Ms 429] Psautier, XIVe siècle [BML : Rés Ms 429]

Les pseaumes mis en rime francoise par Clément Marot & Theodore de Beze. – [Genève] : Olivier Fordrin et François Duron, pour Antoine Vincent, 1562. [BML : Candaux E 44]

Les psaumes en vers françois, retouchez sur l'ancienne version de Cl. Marot & Th. De Bèze. Par M. V. Conrart. – Charenton : Antoine Cellier, 1679. [BML : 327569]

Les pseaumes de David, mis en vers français et revus par ordre du synode wallon des Provinces-Unies. Nouvelle édition. - Londres : N. Prevost & compagnie, 1729 [BML : Candaux E 37]

Les pseaumes de David, mis en vers français et revus par ordre du synode wallon des Provinces-Unies. Nouvelle édition. - Londres : N. Prevost & compagnie, 1729
[BML : Candaux E 37]

Ce psautier Ă©tant une Ă©manation officielle de l’Église de Genève, Ă  l’initiative de Jean Calvin, on le dĂ©signe maintenant en gĂ©nĂ©ral sous le nom de « Psautier de Genève Â».

Les protestants se lanceront dans la rénovation du texte dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. C’est le cas de Jean Diodati dont la version n’a pas eu une très longue longévité. Celle de Valentin Conrart en revanche a été de nombreuses fois réimprimée. Il a en effet rénové le texte tout en gardant le même rythme pour permettre aux fidèles de continuer à chanter les psaumes sur les mêmes airs, tout en intégrant les rénovations textuelles. A sa mort, en 1675, il a achevé la traduction de 51 psaumes. Son ami Marc-Antoine de La Bastide complète son travail et fait paraître en 1679 l’édition complète des 150 psaumes retouchés.


Pour son utilisation liturgique, on dispose d’une table de rĂ©partition des psaumes par semaine : l’ensemble du psautier est ainsi chantĂ© en 25 semaines. Au culte, les psaumes sont chantĂ©s sous forme mĂ©lodique, c’est-Ă -dire Ă  une voix sans accompagnement : tout le monde chante, hommes, femmes et enfants sur la mĂŞme mĂ©lodie.


L’édition complète de ce livre correspond Ă  une Ă©tonnante entreprise d’éditions simultanĂ©es dans plusieurs villes. On compte près de 80 Ă©ditions diffĂ©rentes pendant les annĂ©es 1562-1565, aussi bien Ă  Genève qu’à Paris, Ă  Lyon ou en Normandie. Globalement, ces psautiers se ressemblent beaucoup ; nĂ©anmoins, les imprimeurs essayent de distinguer leur Ă©dition par rapport Ă  celles de leurs concurrents. On trouve ainsi des psautiers rĂ©formĂ©s dont la musique fait apparaĂ®tre la « solmisation Â», c’est-Ă -dire le nom des notes, ou encore des psautiers avec des oraisons Ă  la suite de chaque psaume. Plus tard, on trouvera des psautiers avec la musique Ă  toutes les strophes, etc. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle – et encore au XIXe siècle dans de nombreuses Églises rĂ©formĂ©es – ce psautier constitue par excellence le recueil de chants pour le culte.

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Les psaumes catholiques en vers

Académie des sciences et des arts, contenant les vies et les éloges historiques des hommes illustres… avec leurs portraits… par Isaac Bullart. - Bruxelles : François Foppens, 1682 [BML : 158465] tome 2 auteur

Portrait de Philippe Desportes.
Académie des sciences et des arts, contenant les vies et les éloges historiques des hommes illustres… avec leurs portraits… par Isaac Bullart. - Bruxelles : François Foppens, 1682 [BML : 158465]

Paraphrase des pseaumes de David, mis en vers françois. Par Antoine Godeau. - [Niort] : [Philippe Bureau], 1658 [BML : Candaux D 28]

Paraphrase des pseaumes de David, mis en vers françois. Par Antoine Godeau. - [Niort] : [Philippe Bureau], 1658 [BML : Candaux D 28]

Contrairement aux réformés, qui ont pris l’habitude, depuis le milieu du XVIe siècle, de chanter les psaumes pendant le culte, les catholiques ne peuvent faire de même puisque la messe est récitée ou chantée intégralement en latin. Dans les milieux catholiques, la lecture ou le chant des psaumes en langue vernaculaire ne se fait donc que dans le domaine privé.


Les premières paraphrases des 150 psaumes par des auteurs catholiques n’apparaissent qu’à la fin du XVIe siècle. C’est surtout au XVIIe siècle qu’est publiée la majorité de ces éditions complètes. On en compte plus d’une vingtaine entre 1588 et 1800. Deux noms méritent d’être évoqués.


Tout d’abord, le poète de Cour Philippe Desportes (1546-1606) commence à donner quelques paraphrases de psaumes à la fin de ses Premières œuvres en 1587, mais ce n’est qu’en 1603 que sont publiés les 150 psaumes à Paris et à Rouen. Ce livre, qui se présente comme un recueil poétique, sans musique, aura un succès considérable et sera réimprimé très régulièrement jusqu’en 1626.


L’autre poète dont le nom mérite d’être retenu est Antoine Godeau (1605-1672). Il se fait connaître très rapidement dans les salons parisiens en particulier par sa facilité à composer des vers de qualité. Néanmoins, il quitte assez vite ce monde pour devenir prêtre puis évêque. Il est nommé à Grasse puis à Vence, où il s’installe jusqu’à son décès. Malgré une activité pastorale considérable, il reste en contact avec la vie littéraire parisienne et, lors de la fondation de l’Académie française en 1634, il en devient l’un des premiers membres.


Après un premier essai de six psaumes publiés en 1633, la première édition complète sans musique voit le jour en 1648. Dans sa préface, Antoine Godeau encourage les musiciens à composer des mélodies sur cette paraphrase qui pourraient en faire le pendant catholique du Psautier des Églises réformées.

Paraphrase des pseaumes de David en vers françois, par le R. P. Charles Le Breton. – Paris : François Muguet, 1660. [BML : Candaux C 60] Le psalmiste… par M. Jean de Dieu Raimond de Boisgelin. – Londres : Thomas Baylis et Arnaud Dulau, 1799. [BML : Candaux B 22]

Paraphrase des pseaumes de David en vers françois,
par le R. P. Charles Le Breton.
Paris : François Muguet, 1660. [BML : Candaux C 60]

Le psalmiste…
par M. Jean de Dieu Raimond de Boisgelin.
Londres : Thomas Baylis et Arnaud Dulau, 1799.
[ BML : Candaux B 22]


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Les poètes et les psaumes

Portrait de La Fontaine, dessiné par Hyacinthe Rigault et gravé par Étienne Jehandier dit Desrochers. [BML : Fonds portraits, s.c.]

Portrait de La Fontaine, dessiné par Hyacinthe Rigault et gravé par Étienne Jehandier dit Desrochers. [BML : Fonds portraits, s.c.]

A côté de la soixantaine de poètes qui ont donné une traduction complète en vers de l’ensemble des 150 psaumes, plus de 250 noms peuvent être cités pour la paraphrase de quelques psaumes seulement.

Les pseaumes et les principaux cantiques mis en vers par nos meilleurs poëtes recueillis par E. J. Monchablon… Seconde partie. Nouvelle édition corrigée & augmentée. - Paris : Desaint & Saillant, 1762 [BML : Candaux H 82]

Les pseaumes et les principaux cantiques mis en vers par nos meilleurs poëtes recueillis par E. J. Monchablon… Seconde partie. Nouvelle édition corrigée & augmentée. - Paris : Desaint & Saillant, 1762 [BML : Candaux H 82]

Dans la première moitié du XVIIe siècle, on observe une certaine émulation autour d’Antoine Godeau et de Valentin Conrart. Leurs amis, qu’ils soient catholiques ou réformés, qu’ils siègent ou non dans la toute nouvelle Académie française, traduisent un petit nombre de psaumes. L’imprimeur Jean Camusat donne de magnifiques éditions in-quarto de ces textes destinés à être rassemblés en recueil.


Par la suite, des recueils rĂ©unissent, en un ou plusieurs volumes de petit format, une sĂ©lection de psaumes ou de poĂ©sies religieuses de plusieurs auteurs. On connaĂ®t par exemple les PoĂ©sies chrĂ©tiennes et diverses, publiĂ©es en 1671 et provenant des milieux jansĂ©nistes parisiens. Jean de La Fontaine a eu un rĂ´le important dans la confection de ce recueil qui rassemble aussi bien des pièces d’auteurs catholiques que rĂ©formĂ©s ; le premier tome associe 22 psaumes Ă  un grand nombre de poĂ©sies religieuses.

Portrait de Malherbe, estampe, XVIIe siècle. [BML : Fonds Portraits, s.c.] Les Oeuvres de Mre François de Malherbe. – Paris : Charles Chappelain, 1630 [BML : Rés 317827]

Portrait de Malherbe, estampe, XVIIe siècle.
[BML : Fonds Portraits, s.c.]

Les Oeuvres de Mre François de Malherbe.
Paris : Charles Chappelain, 1630 [BML : RĂ©s 317827]

L’apothéose de ce genre littéraire est atteinte en 1751 avec la publication par Etienne-Joseph Monchablon d’un recueil des 150 psaumes en vers. Ce maître d’école propose une sélection de paraphrases d’une vingtaine de poètes.
Une deuxième édition est publiée en 1762 et, dès 1764, le recueil de Monchablon est imité dans les milieux réformés par Laurent Garcin de Cottens. De nombreuses paraphrases de psaumes, qu’elles soient d’auteurs catholiques ou réformés, sont communes à ces anthologies de Monchablon et de Garcin.

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Chanter les psaumes en français

Encyclopédie : ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : par une société de gens de lettres / mis en ordre et publié par M. Diderot,… et …, par M. d’Alembert. – Paris ; Neufchastel ; Amsterdam, 1751-1780 [BML : 24243 t. XII]

Encyclopédie : ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : par une société de gens de lettres / mis en ordre et publié par M. Diderot,… et …, par M. d’Alembert. – Paris ; Neufchastel ; Amsterdam, 1751-1780 [BML : 24243 t. XII]

Dans le culte catholique, qu’il s’agisse de la messe ou des offices des religieux, le chant se fait en latin : il s’agit du chant grĂ©gorien. Dans les Églises rĂ©formĂ©es, au moins jusqu’aux annĂ©es 1670, le chant des psaumes, lors du culte, est un chant Ă  une voix sans accompagnement d’instrument. Dans ces conditions, le chant des psaumes en vers français Ă  plusieurs voix ou accompagnĂ© d’instruments relève du domaine privĂ©. Il s’agit « de se divertir saintement par le chant des Pseaumes et des Cantiques spirituels Â».


Au XVIe siècle, le Psautier de Genève est très tĂ´t mis en musique Ă  quatre voix et le principal nom qui reste associĂ© Ă  cette entreprise est celui de Claude Goudimel, dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Lyon en 1572. Ces Ă©ditions Ă  quatre voix ont parfois Ă©tĂ© « rĂ©duites Â» pour ĂŞtre jouĂ©es au luth ou pour ĂŞtre chantĂ©es avec un accompagnement de cet instrument.


Le dernier quart du XVIIe siècle est marquĂ© par l’apparition des tragĂ©dies lyriques de Jean-Baptiste Lully. Les airs remarquables de cette forme première de l’opĂ©ra français deviennent des « timbres Â» musicaux qui peuvent alors servir de support mĂ©lodique au chant de psaumes traduits en vers : l’abbĂ© Pellegrin propose en 1705 un psautier complet selon ce principe.

Les Pseaumes de David, traduits litteralement en vers francois, par Monsieur 
Ranchin… et mis en musique par Monsieur Le Maire,… – Paris : chez Florentin ; Pierre Delaune, 1700 [BML : 307055]

Les Pseaumes de David, traduits litteralement en vers francois, par Monsieur Ranchin… et mis en musique par Monsieur Le Maire,… – Paris : chez Florentin ; Pierre Delaune, 1700 [BML : 307055]

Au XVIIIe siècle, le succès considérable des Odes sacrées tirées des psaumes par Jean-Baptiste Rousseau conduit le musicien René Drouart de Bousset à utiliser ces textes pour écrire des Cantates, c’est-à-dire, en France, des pièces à une ou deux voix avec accompagnement de basse continue. Il s’agit de musique destinée aux salons et interprétée par des musiciens professionnels ou au moins par des amateurs de talent. Le succès des psaumes de Jean-Baptiste Rousseau se poursuivra au XIXe siècle et on les trouve très souvent dans les ouvrages scolaires des années 1800-1850.

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L’illustration des livres de psaumes

Les pseaumes de David mis en musique à quatre et cinq parties par Claude Le Jeune... et rime Françoise de Cl. Marot et Theod. de Beze. - Leyde : chez Iustus Livius, 1636 [BML : Rés FM 804652]

Les pseaumes de David mis en musique à quatre et cinq parties par Claude Le Jeune... et rime Françoise de Cl. Marot et Theod. de Beze. - Leyde : chez Iustus Livius, 1636 [BML : Rés FM 804652]

Les psaumes de David, mis en vers françois ; revus et approuvés par les pasteurs et les professeurs de l’Eglise et de l’Académie de Genève. – Genève, Pierre Jaquier, 1745. [BML : Candaux J 68]

Les psaumes de David, mis en vers françois ; revus et approuvés par les pasteurs et les professeurs de l’Eglise et de l’Académie de Genève. – Genève, Pierre Jaquier, 1745. [BML : Candaux J 68]


L’illustration des psautiers, lorsqu’elle n’est pas totalement absente, se réduit en général à la page de titre. Dès le XVIe siècle, quelques imprimeurs remplacent leur marque sur la page de titre du livre par un bois gravé représentant David jouant de la harpe. Un tel motif sera souvent le seul ornement des ouvrages contenant des psaumes.

Le dĂ©veloppement de l’usage de la gravure Ă  partir du XVIIe siècle permettra de dĂ©placer le motif de David Ă  la harpe : il passe de la page de titre Ă  une gravure en pleine page placĂ©e en frontispice du livre. D’autres thèmes peuvent Ă©galement figurer au titre ou en frontispice des psautiers rĂ©formĂ©s comme par exemple l’allĂ©gorie de la « Religion ChrĂ©tienne Â»





Allégorie de la « Religion Chrétienne ». Les pseaumes de David... – Paris : [Pierre Haultin] pour Antoine Vincent, 1566 [BML : Candaux R 69]

Allégorie de la « Religion Chrétienne ». Les pseaumes de David... – Paris : [Pierre Haultin] pour Antoine Vincent, 1566 [BML : Candaux R 69]

Quelques très rares ouvrages font tout de même la part belle à l’illustration. On peut citer par exemple les cinq gravures de Gérard Audran (1640-1703) figurant dans l’édition des psaumes du jésuite Charles Le Breton (c.1603-après 1676) en 1660. Néanmoins c’est surtout l’Essay de Pseaumes et Cantiques mis en vers et enrichis de figures (1694)qui constitue une exception. L’auteur des 21 psaumes et 5 cantiques est Elisabeth-Sophie Chéron (1648-1711), née réformée mais convertie au catholicisme. Outre ses qualités de poétesse, elle est connue comme une excellente peintre – membre de l’Académie de peinture à 24 ans – et une musicienne de talent. Presque chaque pièce du volume est précédée d’une gravure due au talent de Louis Chéron (1660-1723), le propre frère de l’auteur, demeuré réformé et réfugié à Londres.

Essay de pseaumes et cantiques mis en vers, et enrichis de figures. Par Mademoiselle *** [Élisabeth-Sophie Chéron]. - Paris : Michel Brunet, 1694 [BML : Candaux B 15]
Essay de pseaumes et cantiques mis en vers, et enrichis de figures. Par Mademoiselle *** [Élisabeth-Sophie Chéron]. - Paris : Michel Brunet, 1694 [BML : Candaux B 15]

Essay de pseaumes et cantiques mis en vers, et enrichis de figures. Par Mademoiselle *** [Élisabeth-Sophie Chéron]. - Paris : Michel Brunet, 1694 [BML : Candaux B 15]

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« Ce psaulme est a moy »

Les pseaumes mis en ryme françoise par Cl. Marot & Theodore de Beze.

Papier de garde doré-gaufré orange, motifs floraux. Les psaumes de David, en vers françois aprouvés par les pasteurs & professeurs de l’Église & de l’Acédémie de Genève. Nouvelle édition, conforme pour la musique à celle de Neuchatel de 1701. - La Neuveville : J.J. Marolf, 1747 [BML : Candaux J 35]

Pour son usage profane, le psautier ne se distingue guère des ouvrages classiques de son époque, la reliure peut être à la demande en basane (mouton), en veau ou en maroquin selon la fortune du possesseur.

Les pseaumes mis en ryme françoise par Cl. Marot & Theodore de Beze.

Reliure en chagrin noir, ferrures en argent. Les psaumes de David, mis en rime françoise par Clément Marot et Théodore de Bèze. Nouvelle édition… - Amsterdam : Jean de Hekeren : Veuve G. de Groot ; Antoine Hasebroek : Pierre de Rysschoten & leurs associés, 1716 [BML : Candaux K 22] Reliure du XVIIIe siècle, chagrin à ferrures en argent

Son usage religieux est plus caractĂ©ristique : destinĂ© Ă  ĂŞtre rĂ©gulièrement manipulĂ©, le psautier est toujours revĂŞtu d’une reliure solide, le plus souvent en parchemin jusqu’au XVIIe siècle, parfois en basane ou en veau. A la fin du XVIIe siècle, certaines reliures dites « de Charenton Â» comportent un dĂ©cor assez luxueux et raffinĂ© dit « aux petits fers Â» ou « au pointillĂ© Â», mais le plus souvent le psautier est recouvert d’un Ă©pais chagrin noir avec des cornières et des fermoirs en argent gravĂ©s aux initiales ou au nom du possesseur.




Tranches et fermoirs. [BML : Candaux G 12, G 21, G 4, N 4, J 47, J 42, J 36, J 49, J 26, N 6, J 63, J 51]

Le seul luxe de ces psautiers rĂ©side dans les pages de garde très colorĂ©es Ă  dĂ©cor dorĂ©, gĂ©nĂ©ralement gaufrĂ© : papiers dominotĂ©s Ă  la française, papiers dorĂ©s Ă  l’allemande (Augsbourg), papiers marbrĂ©s Ă  la turque.


Enfin, compagnon d’une vie, soutien des moments difficiles, guide spirituel, le psautier est très souvent revĂŞtu de la marque de son possesseur : nom, vignette, ex-libris, ex-dono, mais il y est aussi notĂ© des Ă©vĂ©nements marquants personnels, des tĂ©moignages de la vie religieuse, politique ou sociale. Ces marques et ces tĂ©moignages sont particulièrement prĂ©cieux pour la connaissance de la dĂ©votion populaire.


Papier de garde, doré-gaufré, d’Augsbourg. Les psaumes de David, en vers françois aprouvés par les pasteurs & professeurs de l’Église & de l’Académie de Genève… - Lausanne : Jean Zimmerli, 1746 [BML : Candaux J 38]
Reliure hollandaise du XVIIIe siècle. Les pseaumes de David, mis en vers français, revus & approuvez par le Synode Walon des Provinces-Unies. - Amsterdam : Zacharias Chatelain : Hans Kasper Arkstee : Hendrick Merkus : Marc Michel Rey [BML : Candaux P 76]Psautier de Marie Rouzier. Les pseaumes de David, mis en rime Françoise, par C. M. et T. D. B. Charenton : Antoine Cellier, 1667 [BML : Rés FM 813550]

Papier de garde, doré-gaufré, d’Augsbourg. Les psaumes de David, en vers françois aprouvés par les pasteurs & professeurs de l’Église & de l’Académie de Genève… - Lausanne : Jean Zimmerli, 1746 [BML : Candaux J 38]

Reliure hollandaise du XVIIIe siècle. Les pseaumes de David, mis en vers français, revus & approuvez par le Synode Walon des Provinces-Unies. - Amsterdam : Zacharias Chatelain : Hans Kasper Arkstee : Hendrick Merkus : Marc Michel Rey [BML : Candaux P 76]

Psautier de Marie Rouzier. Les pseaumes de David, mis en rime Françoise, par C. M. et T. D. B. Charenton : Antoine Cellier, 1667 [BML : Rés FM 813550]

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Pour en savoir plus

BOVET, Félix, Histoire du psautier des Églises réformées, Neuchâtel-Paris : [s.n.], 1872 [BML FA rel 01 D]

DOUEN, Emmanuel-Orentin, Clément Marot et le psautier huguenot… - Paris : Imprimerie nationale, 1878-1879. [BML : FA rel 01 D]

PIDOUX, Pierre, Le psautier huguenot, Bâle : Baerenreiter, 1962-1969 [BML : A 063068]

Psaume [Revue], Paris : Pandémonium pour l’étude et la prospection du psautier, 1987 [BML : 954410]

CANDAUX, Jean-Daniel Le psautier de Genève 1562-1865 : images commentées et essai de bibliographie [catalogue de l’exposition (12 mars-15 juin 1986)], Genève : Bibliothèque publique et universitaire, 1986 [BML : FA rel 01 D]

Psaumes : chants de l’humanité : [catalogue de l’exposition, Médiathèque Jean Lévy de Lille, 12 janvier-3 avril 2010, organisée en collaboration avec l’Université catholique de Lille et l’Université de Lille 3] / Danielle Delmaire, Marie-Aurore Haingue, Cécile Martini... [et al.] Villeneuve-d’Asq : Presses universitaires du Septentrion, 2009 [BML : FA rel 01 D]  

Bibliothèque municipale de Lyon ville de Lyon