C’est une empreinte réalisée sur du papier à partir d’une matrice. On peut graver une plaque de bois, de linoléum, de pierre ou de métal pour obtenir la matrice. Grâce à l’estampe, les hommes ont pu multiplier et diffuser des images. Il existe différentes techniques pour réaliser une estampe.
En Europe, la gravure en relief se développe, au XIVème siècle, grâce à l’introduction des techniques de fabrication du papier importées d’Orient. Le XVIème siècle voit apparaître le tirage à partir d’une gravure sur métal ainsi que les techniques de la taille-douce, du burin et de l’eau-forte. La lithographie est inventée en 1796 par l’Allemand Aloys Senefelder.
L’artiste recouvre la plaque de cuivre d’un vernis dur sur lequel il dessine à l’aide d’une pointe, comme avec un crayon. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide, ou « eau-forte », qui mord le cuivre aux endroits découverts par la pointe. Le métal est creusé plus ou moins profondément selon le temps d’immersion. Plus les traits sont profonds, plus ils seront noirs à l’impression. Avant d’encrer la plaque, l’artiste retire le vernis.
Procédé découvert au XIIIème siècle. Cette technique est un dérivé de l’eau-forte; elle permet d’obtenir des points plutôt que des traits. On saupoudre des particules de résine sur la plaque que l’on chauffe pour faire adhérer les particules. La plaque est ensuite plongée dans un bain d’acide, qui mord les zones non recouvertes par les grains de résine. Il faut renouveler plusieurs fois l’opération et superposer les taches. Ce procédé est généralement associé à l’eau-forte, un vernis protégeant les parties non grainées. L’aquatinte permet d’obtenir valeurs nuancées. Le dessin aux traits est apporté par une autre technique.
La technique est la même que pour la
linogravure, mais le bois est un matériau
plus difficile à travailler car moins
souple. Le dessin est creusé avec une
gouge, l’encrage porte sur les parties
épargnées (principe de la taille d’épargne).
Comme pour la linogravure, ce procédé permet,
par impressions successives, d’obtenir
aussi des tirages en couleurs.

Le graveur esquisse son dessin sur une plaque de linoléum. Le contour du dessin est creusé au canif, au ciseau ou à la gouge. Tout ce qui est gravé apparaîtra en blanc à l’impression. Lorsque la taille est terminée, le dessin initial apparaît en creux sur le support du linoléum. Avec des linos imprimés l’un après l’autre sur la même feuille, on peut réaliser des tirages en couleurs.
Cette technique, apparue plus tardivement (1796), se distingue des autres modes d’impression car il n’y a ni creux ni relief. La composition n’est pas gravée, mais dessinée sur une pierre calcaire soigneusement poncée. L’artiste dessine sur la pierre, avec un crayon très gras ou un pinceau et de l’encre grasse. Le gras pénètre dans les pores de la pierre. IL faut le fixer à l’aide d’un mélange de gomme arabique et d’acide nitrique pour qu’il résiste à un grand nombre de tirages. La pierre est en suite humidifiée. Seules les parties non dessinées restent mouillées car l’eau est repoussée par le gras de l’encre. La plaque est ensuite encrée à l’encre grasse à l’aide d’un rouleau. L’encre se dépose sur les parties grasses, non humides. On imprime alors sur le papier.
Cette technique consiste à tailler directement la plaque de métal à l’aide d’une tige d’acier aiguisée portant le même nom que le procédé. Contrairement à la taille au burin, le trait n’est pas net et précis. Le métal est rayé de manière irrégulière, et l’impression a un aspect velouté apporté par les barbes laissées par l’outil sur les pourtours du dessin.
Ce terme regroupe un ensemble de techniques de gravures en creux (par opposition à la taille d’épargne) ou le dessin est gravé sur une plaque de métal. Le mot taille-douce évoque la souplesse du cuivre qui enregistre toutes les inflexions de la main de l’artiste.
On appelle cette technique taille d’épargne car le graveur épargne le dessin : il creuse la matrice (en bois ou en linoléum), laissant intact le trait qui émerge en relief pour recevoir l’encre. On parle d’impression en relief, puisque ce sont les surfaces, et non les creux, qui reçoi vent l ’encre et forment le motif. On peut faire de la taille d’épargne sur linoléum ou sur bois.
Le burin est un outil d’acier, taillé en biseau, qui permet de creuser directement la plaque de cuivre. La technique est la même que la pointe-sèche, mais elle est cependant plus difficile à maîtriser car l’outil est difficile à manier. C’est la pression de la main du graveur sur le burin qui détermine la profondeur du trait. A l’inverse de la pointe-sèche qui laisse des barbes, le burin en lève un copeau. On reconnaît une gravure au burin par la netteté de son trait. A l’impression, plus les traits sont profonds, plus ils sont noirs.
Outil de gravure manuelle servant à évider le bois ou le lino en taille d’épargne. Existe en plusieurs tailles et formats (avec une pointe en V ou en U).
Résine naturelle qui peut être liquéfiée à l’aide d’alcool et utilisée comme durcisseur ou fixateur pour les blocs de gravures sur bois. Plus généralement, le terme de «vernis» est utilisé pour décrire toute substance utilisée pour protéger des parties spécifiques d’une plaque lorsqu’elle est soumise à la morsure : les parties ainsi protégées forment l’image désirée (en positif ou négatif). Le vernis peut aussi désigner une croûte de protection étalée sur la surface entière de la plaque, dans laquelle on grave le dessin, dégageant ainsi les parties de la plaque qui seront mordues à l’acide.
La plaque est recouverte d’un vernis très tendre à base de suif, qui ne sèche pas complètement. Il reste collant, mais durcit suffisamment pour que la feuille de papier posée sur lui n’adhère pas. Cette feuille mouillée est posée sur la plaque, ses bords rabattus, et elle se tend parfaitement en séchant. On peut alors dessiner dessus : la pression du crayon colle le papier au vernis mou, qui s’enlève aux endroits où la feuille a adhéré. On mord la plaque à l’acide, chaque trait mis à nu est creusé, et reproduit exactement le dessin. Ces gravures se caractérisent par la précision avec laquelle les traits de crayon sont reproduits.
Retombées de métal le long du sillon produit par la pointe sèche sur le cuivre. C’est l’encrage de ces barbes qui donne à la pointe sèche son caractère particulièrement sensible, qui disparaît parfois avec l’usure. Le mot barbes est aussi utilisé pour définir les bords irréguliers d’un papier non coupé. On dit alors que les marges sont ébarbées.
Empreinte laissée par l’épaisseur de la plaque dans le papier. Certaines gravures biseautées et pressées n’ont presque plus de cuvette ; il en reste cependant suffisamment pour reconnaître que ce sont des gravures sur métal.
C’est le sillon tracé dans le métal au moyen de l’outil ou de l’acide.
Action de tirer une épreuve, c’est-à -dire d’imprimer.
Par extension ce terme est devenu synonyme d’édition.