Bibliothque municipale de Lyon

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II. Le dessin : création et passion

Anonyme,  Le châtiment de Tityos, vers 1545, burin.

Anonyme, Le châtiment de Tityos, vers 1545, burin.

Anonyme, L’Enlèvement de Ganymède, vers 1542, burin.

Anonyme, L’Enlèvement de Ganymède, vers 1542, burin.

« Dessine Antonio, dessine Antonio, dessine et ne perds pas de temps », conseillait Michel-Ange à un de ses apprentis. En effet, le dessin constitue l’essence même de son art, une étape parfaitement maîtrisée du processus créatif qui va servir de référence aux artistes pendant plusieurs siècles.
Vers les années 1540, commencent à circuler des reproductions d’après les dessins « d’hommage » ou « de présentation » de l’artiste, des œuvres conçues pour être offertes à des proches en signe d’estime et d’amitié. Passés d'une dimension privée à une sphère publique, par le biais de la diffusion d’estampes, ces dessins présentent des thèmes mythologiques assez complexes, tels le Châtiment de Tityos et la Chute de Phaéton. Michel-Ange les avait adressés au gentilhomme romain Tommaso de’ Cavalieri, rencontré en 1532 et devenu en peu de temps l'objet d'une fulgurante passion. L'Enlèvement de Ganymède, qui célèbre la beauté de Tommaso et l'élévation spirituelle de l'amour, engendre en particulier un bon nombre de copies ainsi qu'un éventail de produits dérivés : dessins, gravures, vignettes, bas-reliefs… C'est un public d'amateurs (Cavalieri en fait partie), friand de nouveautés et d'images du « divin » Michel-Ange, qui achète ces estampes et apprécie les paysages et les ruines intégrés par les copistes aux figures des originaux.
Le bon travail des graveurs, repris par la lithographie d'Auguste Hesse (1795-1869),  permet aussi de garder la mémoire d'une œuvre perdue, qui a son moment de gloire lors d'un passage à Lyon : la Léda séduite par Zeus transformé en cygne. Le tableau et le carton préparatoire de la main de Michel-Ange étaient en possession de son élève Antonio Mini, auteur d'une fébrile production de répliques pour la clientèle lyonnaise (« Il y a tant de gens qui en sont désireux ! », dit-il dans une lettre).
Un autre carton avec la Bataille de Cascina, pour la fresque jamais réalisée au Palazzo Vecchio de Florence, était considéré au début du 16e siècle, comme une  « école du monde » selon les mots du sculpteur Cellini, un modèle à suivre en vertu de la richesse des corps en mouvement. Différents artistes, Raimondi et Agostino Veneziano en premier ligne, reprennent alors en gravure quelques extraits de la scène décrite par Michel-Ange, parfois juste une figure réutilisée seule ou au milieu d'une nouvelle composition (la procession diabolique dite « Lo Stregozzo »).

 


Auguste Hesse, Léda et le cygne, vers 1830-1840, lithographie.

Auguste Hesse, Léda et le cygne, vers 1830-1840, lithographie.

Agostino dei Musi, Les grimpeurs, 1524, burin.

Agostino dei Musi, Les grimpeurs, 1524, burin.

Agostino dei Musi et Marcantonio Raimondi,Sur le chemin du sabbat ou Lo Stregozzo, vers 1520-1527, burin.





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