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IV. Sculpture in progress

Michel-Ange, Esclave mourant, 1513-1515, moulage en plâtre.

Michel-Ange, Esclave mourant, 1513-1515, moulage en plâtre.


Michel-Ange, Esclave mourant, 1513-1515, moulage en plâtre. Michel-Ange, Esclave mourant, 1513-1515, moulage en plâtre.

1. Jacob Matham, Moïse, vers 1601-1605, burin.
2. Anonyme, Tombeau du pape Jules II, 1554, dans: Recueil de planches d'architecture, burin.

La véritable fibre artistique de Michel-Ange s’exprime dans les formes de la sculpture, des œuvres puissantes qui figurent au répertoire des modèles admirés et étudiés de tous les temps. D’où la prolifération de copies grandeur nature ou de taille réduite, du moyen et petit format en terre-cuite ou en bronze, appréciés par les collectionneurs, jusqu’au moulage en plâtre destiné aux écoles des Beaux-Arts et aux universités (comme l’Esclave mourant). Plus difficile s’avère la traduction des volumes dans les deux dimensions d’une pièce graphique : les solutions, très variées, sont documentées pour quelques sculptures de Buonarroti.
La conception du tombeau pour le pape Jules II, étalée sur quarante ans, illustre le caractère laborieux et évolutif de ses projets. Écartés de la version définitive du monument et peu représentés en gravure, les Esclaves semblent conquérir une forte notoriété après leur entrée au musée du Louvre (1794). En 1854, Édouard Baldus les célèbre pour la première fois à travers la photographie, avec une prise de vue soignée, tandis que l’un des rares dessins anciens d’après ces statues décrit en traits de plume la tension musculaire de l’Esclave rebelle (Montpellier, musée Fabre). Au côté symbolique et subtilement énigmatique des deux prisonniers, répond la force expressive du Moïse, associé au pape en tant que pilier de la loi chrétienne. Jacob Matham (1571-1631) le reproduit en gravure d’une manière efficace, grâce à la description réaliste et aux effets de lumière, reprenant ses dessins exécutées à Rome dans les années 1590. La statue en marbre du Moïse est d’ailleurs la seule merveille moderne digne d’être representée dans les guides des antiquités de la ville ; c’est le morceau choisi du monument à Jules II, enfin érigé dans l’église San Pietro in Vincoli (Saint-Pierre-aux-Liens), que l’éditeur Antonio Salamanca publie en 1554 sous forme de planche gravée.

Pour découvrir la sculpture de Michel-Ange, il fallait se rendre aussi à Florence dans la chapelle Médicis (église San Lorenzo), un lieu propice à l’étude et à l’inspiration. En 1570, Cornelis Cort, maître hollandais de l’estampe de reproduction, offre une représentation fidèle de l’architecture et du décor de ces tombeaux. La finesse de son travail au burin s’attache au rendu des ombres et de chaque détail, jusqu’aux parties inachevées (le non finito, typique de Michel-Ange) telle la figure du Jour dans le monument à Julien de Médicis.


Adolphe Braun,La nuit, détail du tombeau de Julien de Médicis, vers 1868, tirage photographique au charbon.

Adolphe Braun, La nuit, détail du tombeau de Julien de Médicis, vers 1868, tirage photographique au charbon.

Cornelis Cort, Tombeau de Julien de Médicis, 1570, burin

Cornelis Cort, Tombeau de Julien de Médicis, 1570, burin


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