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V. La chapelle Sixtine : histoires d'un plafond

Anonyme flamand, Le serpent d’airain, vers 1540-1550, burin.

Anonyme flamand, Le serpent d’airain, vers 1540-1550, burin.

Anonyme italien, Sibylle de Perse et Ezéchiel, 1600-1620, plume, encre brune et lavis de sanguine.

Anonyme italien, Sibylle de Perse et Ezéchiel, 1600-1620, plume, encre brune et lavis de sanguine.

Anonyme français, Daniel, vers 1770-1800, dessin au crayon noir rehaussé de blanc.Giovanni Volpato (d'après Stefano Tofanelli), Daniel, vers 1790, eau-forte et burin.

1. Anonyme français, Daniel, vers 1770-1800, dessin au crayon noir rehaussé de blanc.

2. Giovanni Volpato (d'après Stefano Tofanelli), Daniel, vers 1790, eau-forte et burin.


La chapelle Sixtine au palais du Vatican est incontestablement l’un des sites artistiques les plus célèbres. Michel-Ange y réalise son premier chantier de peinture, la fresque du plafond, entre 1508 et 1512 ; une fois dévoilée, cette œuvre grandiose va provoquer une attention constante et les artistes feront l’impossible pour avoir accès à un espace normalement réservé aux cérémonies papales. Leurs dessins et relevés seront ainsi le point de départ de nombreuses reproductions, marquées par la variété de formats et de styles.
A l’instar de la Bataille de Cascina, la voûte de la chapelle fournit des détails à réinterpréter librement (la Judith en miniature de Georg Pencz, par exemple) ou des scènes entières, publiées en gravure dans un esprit de compétition entre éditeurs. Au milieu du 16e siècle, un premier projet de reproduction intégrale de la fresque de Michel-Ange semble se lier à la suite de Sibylles et Prophètes de Giorgio Ghisi, graveur originaire de Mantoue qui représente avec soin toutes les figures secondaires et les éléments d’architecture.
Ensuite, Il faudra attendre le regain d’intérêt pour Michel-Ange à la fin du XVIIIe siècle, lancé par les Anglais et porteur d’une entreprise éditoriale démesurée : 37 estampes, réalisées au cours de soixante ans, et destinées à être assemblées pour obtenir une très grande copie du plafond (3,30 x 1,10 m), susceptible de décorer un cabinet d’amateur. Domenico Cunego, instigateur du projet, reproduit à l’eau-forte et au burin cinq scènes centrales de la Genèse ; il s’agit d’un travail minutieux, qui arrive à traduire en termes graphiques les différents tons de la peinture. Ces gravures s’accompagnent de passages en latin du texte de l’Ancien Testament, dans un but essentiellement didactique.
Quant aux figures de la Sixtine, copiées plus que tout le reste, la série des nus en torsion de la voûte (les Ignudi) passionne les artistes. Cherubino Alberti en donne une interprétation vigoureuse, sensible à l’approche sculpturale de Michel-Ange et en même temps assez libre dans la description des visages (mouvement des cheveux, expressions).

Joseph Soumy, La Création d'Adam, 1861, fusain et rehauts blancs.

Joseph Soumy, La Création d'Adam, 1861, fusain et rehauts blancs.


Domenico Cunego, La Création de la terre et des astres, 1781, eau-forte et burin.

Domenico Cunego, La Création de la terre et des astres, 1781, eau-forte et burin.

Cherubino Alberti, Ignudo (Nu de la chapelle Sixtine), vers 1575-1615, burin.

Cherubino Alberti, Ignudo (Nu de la chapelle Sixtine), vers 1575-1615, burin.

Anonyme italien, Jeune homme nu assis tenant une draperie, vers 1530, sanguine.

Anonyme italien, Jeune homme nu assis tenant une draperie, vers 1530, sanguine.


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