Rousseau en Rhône-Alpes
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Citations

Liberté, égalité, fraternité selon Jean-Jacques Rousseau :

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… l’inégalité s’étend sans peine parmi des ames ambitieuses et lâches, toûjours prêtes à courrir les risques de la fortune, et à dominer ou servir presque indifféremment selon qu’elle leur devient favorable ou contraire.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Il est donc incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le Droit Politique, que lesPeuples se sont donné des Chefs pour défendre leur liberté et non pour les asservir.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

… je me borne en suivant l’opinion commune à considerer ici l’établissement du Corps Politique comme un vrai Contract entre le Peuple et les Chefs qu’il se choisit ; Contract par lequel les deux Parties s’obligent à l’observation des Loix qui y sont stipulées et qui forment les liens de leur union.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Le premier qui ayant enclos un terrain, s’avisa de dire, ceci est à moi, et trouva des gens assés simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la Terre n’est à personne.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

[…] il est manifestement contre la Loi de Nature, de quelque manière qu’on la définisse, qu’un enfant commande à un vieillard, qu’un imbécille conduise un homme sage, et qu’une poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Si j’avois eu à choisir le lieu de ma naissance, j’aurois choisi une societé d’une grandeur bornée par l’étendue des facultés humaines, c’est-à-dire par la possibilité d’être bien gouvernée, et où chacun suffisant à son emploi, nul n’eût été contraint de commettre à d’autres les fonctions dont il étoit chargé : un Etat où tous les particuliers se connoissant entr’eux, les manœuvres obscures du vice ni la modestie de la vertu n’eussent pû se dérober aux regards et au jugement du Public, et où cette douce habitude de se voir et de se connoître, fît de l’amour de la Patrie l’amour des Citoyens plutôt que celui de la terre.

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Le luxe est un reméde beaucoup pire que le mal qu’il prétend guerir ; ou plutôt, il est lui-même le pire de tous les maux, dans quelque Etat grand ou petit que ce puisse être, et qui, pour nourrir des foules de Valets et de misérables qu’il a faits, accable et ruine le laboureur et le Citoyen […]

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

[…] la pitié est un sentiment naturel, qui modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi même, concourt à la conservation mutuelle de toute l’espéce. C’est elle, qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir ; c’est elle qui, dans l’état de Nature, tient lieu de Lois, de mœurs, et de vertu…

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Savez-vous quel est le plus sur moyen de rendre vôtre enfant miserable ? C'est de l'accoutumer à tout obtenir.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1759-1760, in Œuvres complètes, « La Pléiade » IV.

En quoi donc consiste la sagesse humaine ou la route du vrai bonheur ? […] c’est à diminuer l’excés des desirs sur les facultés, et à mettre en égalité parfaite la puissance et la volonté. C’est alors seulement que toutes les forces étant en action l’ame cependant restera paisible, et que l’homme se trouvera bien ordoné.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1759-1760, in Œuvres complètes, « La Pléiade » IV.

Pour être quelque chose, pour être soi-même et toujours un, il faut agir comme on parle ; il faut toujours être décidé sur le parti qu’on doit prendre, le prendre hautement et le suivre toujours.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1759-1760, in Œuvres complètes, « La Pléiade » IV.

Toute méchanceté vient de foiblesse ; l’enfant n’est méchant que parce qu’il est foible ; rendez-le fort, il sera bon : celui qui pourroit tout ne feroit jamais de mal.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1759-1760, in Œuvres complètes, « La Pléiade » IV.

Nos prémiers devoirs sont envers nous ; nos sentiments primitifs se concentrent en nous-mêmes ; tous nos mouvements naturels se rapportent d’abord à nôtre conservation et à nôtre bien-être. Ainsi le prémier sentiment de la justice ne nous vient pas de celle que nous devons, mais de celle qui nous est düe, et c’est encore un des contresens des éducations communes que parlant d’abord aux enfans de leurs devoirs, jamais de leurs droits, on commence par leur dire le contraire de ce qu’il faut, ce qu’ils ne sauroient entendre, et ce qui ne peut les intéresser.

Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation, 1759-1760, in Œuvres complètes, « La Pléiade » IV.

Si l’on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout sistême de législation, on trouvera qu’il se réduit à ces deux objets principaux, la liberté et l’égalité.

Jean-Jacques Rousseau, Du contract social ; ou, Principes du droit politique, 1759-1761, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

La vérité générale est abstraite est le plus précieux de tous les biens. Sans elle l’homme est aveugle ; elle est l’œil de la raison. C’est par elle que l’homme apprend à se conduire, à être ce qu’il doit être, à faire ce qu’il doit faire, à tendre à sa véritable fin.

Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 1776-1778, in Œuvres complètes, « La Pléiade » I.

Si les femmes avoient eu autant de part que nous au maniement des affaires, et aux gouvernements des Empires peut-être auroient elles poussé plus loin l’Heroisme et la grandeur de courage et s’y seroient [-elles] signalées en plus grand nombre. Peu de celles qui ont eu le bonheur de régir des etats et de commander des armées sont restées dans la médiocrité, elles se sont presque toutes distinguées par quelque endroit brillant qui leur a mérité notre admiration.

Jean-Jacques Rousseau, Mélanges de littérature et de morale, in Œuvres complètes, « La Pléiade » II.

Il n’y a plus aujourd’hui de François, d’Allemands, d’Espagnols, d’Anglois même, quoiqu’on en dise ; il n’y a que des Européens. Tous ont les mêmes gouts, les mêmes passions, les mêmes mœurs, parceque aucun n’a reçu de forme nationale par une institution particulière. Tous dans les mêmes circonstances feront les mêmes choses ; tous se diront désintéressés et seront fripons ; tous parleront du bien public et ne penseront qu’à eux-mêmes ; tous vanteront la médiocrité et voudront être des Cresus […]

Jean-Jacques Rousseau, « Considérations sur le gouvernement de Pologne et sur la réformation projettée », 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Je conçois dans l’Espece humaine deux sortes d’inégalité ; l’une que j’appelle naturelle ou Phisique, parce qu’elle est établie par la Nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du Corps, et des qualités de l’Esprit, ou de l’Ame ; L’autre qu’on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu’elle dépend d’une sorte de convention, et qu’elle est établie, ou du moins autorisée par le consentement des Hommes. Celle-ci consiste dans les différents Privileges dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres […]

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

[…] qu’est-ce que la générosité, la Clemence, l’Humanité, sinon la Pitié appliquée aux foibles, aux coupables, ou à l’espéce humaine en général ? La Bienveillance et l’amitié même sont, à le bien prendre, des productions d’une pitié constante fixée sur un objet particulier : car désirer que quelqu’un ne souffre point, qu’est-ce autre chose, que désirer qu’il soit heureux ?

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755, in Œuvres complètes, « La Pléiade » III.

Les maledictions des fripons sont la gloire de l’homme juste.

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1754-1770, in Œuvres complètes, « La Pléiade » I.

[M. Gaime] me fit sentir que l’enthousiasme des vertus sublimes étoit peu d’usage dans la société ; qu’en s’élançant trop haut on étoit sujet aux chutes, que la continuité des petits devoirs toujours bien remplis ne demandoit pas moins de force que les actions héroïques, qu’on en tiroit meilleur parti pour l’honneur et pour le bonheur, et qu’il valoit infiniment mieux avoir toujours l’estime des hommes, que quelquefois leur admiration.

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1754-1770, in Œuvres complètes, « La Pléiade » I.

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