Rousseau en Rhône-Alpes
Bibliothque municipale de Lyon

à propos de l'exposition


Interview de Jean-François Perrin et Michael O’Dea.

Cette exposition présente les années passées par Rousseau dans l’actuelle région Rhône-Alpes et propose de renouveler notre regard sur la personne et sur l’œuvre de l’écrivain en présentant des documents rares, souvent peu connus du public. La Bibliothèque détient notamment le manuscrit autographe du livret de l’opéra de Rousseau, Le Devin du village, ainsi que de nombreux imprimés de Rousseau ou de ses contemporains.

Commissaires scientifiques :
Michael O’Dea est professeur émérite à l’université Lyon 2.
Jean-François Perrin est professeur émérite de littérature française à l’université Grenoble 3.

Commissaires : Pierre Guinard et Catherine Goffaux - Bibliothèque municipale de Lyon.

Mercredi 4 avril à 18h30 : vernissage de l’exposition

Rousseau est-il vraiment notre contemporain ? On saura mieux répondre à la fin de cette année de célébration et de réflexion. Les pouvoirs publics, notamment à Genève et en Rhône-Alpes, ont travaillé pour en faire une réussite. Reste à mesurer l’intérêt du public : combien d’ouvrages de Rousseau achetés, empruntés, lus ? Quel public pour les expositions à Genève, à Lyon, à Paris et ailleurs ? Combien de personnes aux concerts et aux spectacles ? Quelle qualité de débat aux colloques ? Surtout, combien de jeunes auront-ils intégré quelque chose de Rousseau – une déclaration politique, une lettre d’amour de La Nouvelle Héloïse, une phrase des Confessions sur la difficulté d’être que Rousseau éprouvait plus fortement que quiconque – à leurs convictions, à leurs sentiments, à leur propre façon d’être ?

On ne peut pas préparer une exposition comme Jean-Jacques Rousseau entre Rhône et Alpes sans se poser de telles questions. Certes, bien des éléments rapprochent Rousseau des habitants de la région. Il a marché dans ces rues, il a botanisé dans nos collines et jusqu’au sommet des montagnes. À Annecy, il aurait voulu faire poser un balustre d’or à l’endroit où il vit Madame de Warens pour la première fois ; son « idylle des cerises » fait de Thônes l’endroit où le désir tu se transforme en rêve de bonheur. Lyon devient sous sa plume la ville d’Europe « où règne la plus affreuse corruption », et on sent encore le frisson qu’éprouva jadis cette cité à la lecture d’une phrase plus moqueuse que méchante. C’est à Maubec, à la ferme de Monquin, que, des années plus tard, il rédigera le second tome des Confessions, à la tonalité sombre, et pourtant jalonné de souvenirs heureux. Et c’est en Rhône-Alpes que se trouve le lieu devenu emblématique du pouvoir de séduction de sa prose, les Charmettes : « ici commence le court bonheur de ma vie… ».

La matière ne manque pas pour nourrir une telle exposition. [...]

lire le texte de Michael O’Dea dans son intégralité

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