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Part Dieu

8 mars au
31 mai 2014

Bibliothèque municipale de Lyon

A propos de Louis Calaferte

De 1947 à 1994, Louis Calaferte aura consacré près de cinquante ans à une œuvre largement autobiographique, riche d’une centaine de titres. Il écrivit des milliers de pages, à l’encre verte longtemps, et prit ensuite l’habitude, pour l’écriture de ses livres, d’utiliser les cahiers dans lesquels il rédigeait son journal, souvent délaissé pendant les phases de création.
D’une écriture minuscule, serrée - ou plutôt concentrée - avec un système d’abréviations, peu de ratures mais d’une relecture difficile qui le faisait parfois renoncer, lors de la frappe dactylographiée, à certains mots.

Guillemette, son épouse, l’accompagnera dans cette aventure liée à la création sous toutes ses formes. Au long de ce chemin, tour à tour auditrice, la première à "juger" des écrits, relisant elle aussi, jusqu’à apprivoiser mieux que le rédacteur même cette écriture, dactylographiant, assurant les corrections en vue d’édition…

Tout en accompagnant Louis d’un amour indéfectible.

L. et G. Calaferte, sans attacher une grande importance à cette tâche, ont néanmoins su préserver, pendant ces années, manuscrits et archives littéraires. L. Calaferte, souhaitait que l’ensemble soit protégé et conservé dans une bibliothèque.

Effervescence de la pensée objet poétique, 1988 © Guy Delorme

Effervescence de la pensée, objet poétique, 1988 © Guy Delorme

Le désamour qu’il avait de Paris au souvenir des années difficiles qu’il y avait passées, lui faisait préférer la Bibliothèque de Lyon, ville de son enfance, de son adolescence et où il habita par la suite une décennie. Son travail, alimentaire, comme critique, animateur et producteur à la station radiophonique de Lyon l’a souvent rappelé dans cette ville qu’il a aimée, arpentée, reconnue, fréquentant ses cafés, là où les terrasses lui permettaient la prise de "notes" des carnets.

Selon le vœu de L. Calaferte, Guillemette concrétise une première donation en 1996, une deuxième, peu de temps après, réunissant la somme des manuscrits, tapuscrits, jeux d’épreuves des ouvrages publiés.
Puis régulièrement, au rythme de la parution des écrits, des rééditions, de la publication du théâtre (éd. Hesse), du journal (Carnets, 1956-1994, Gallimard/L’Arpenteur) ̶ conduite fidèlement à son terme par Gérard Bourgadier ̶ et de la poésie (Tarabuste éd.), cet ensemble de manuscrits est venu constituer un fonds conséquent à la Bibliothèque municipale de Lyon, d’autant plus exceptionnel que peu de titres en sont absents.

Traité et encodé par le département Langues et Littératures, ce fonds apparaît très vite sur le catalogue en ligne de la Bibliothèque municipale de Lyon, soit plus d’une centaine de cotes de manuscrits et autant de documents concernant l’écrivain : archives éditoriales, dossiers de presse, dessins originaux, affiches…

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La précédente exposition que la Bibliothèque municipale de Lyon a consacrée en 1996 à L. Calaferte proposait une présentation de l’œuvre littéraire et plus particulièrement peut-être le théâtre.

Patrick Bazin, alors directeur de l’établissement, avait ainsi souhaité accompagner la décision et le choix de Guillemette.
Cet hommage permit de retrouver le manuscrit, supposé perdu, de Requiem des innocents (Julliard, 1952). Son donataire, présent à l’inauguration, se manifesta. Généreusement, il le fit parvenir à Guillemette quelques semaines plus tard.
C’est également lors de ces donations que Georges Piroué, écrivain, directeur de collection aux éditions Denoël, a complété de ses lettres reçues, l’échange de courrier qui le liait à L. Calaferte. Lyon détient ainsi une précieuse correspondance croisée (1969-1993) à laquelle, après la belle édition du théâtre complet, Jacques Hesse consacrera un volume du plus grand intérêt quant à la compréhension du travail littéraire de L. Calaferte.

La Bibliothèque municipale de Lyon, consciente de l’importance du don qui lui a été consenti, a de son côté réuni la bibliographie intégrale de L. Calaferte, y compris les livres d’artistes ̶ avec l’aide du FRAB(1) pour certains ̶ et un certain nombre d’éditions originales, numérotées, dédicacées. L’achat qui a été fait, par le biais d’un libraire, de lettres autographes de L. Calaferte adressées à Jean-Pierre Grenier, alors directeur du Théâtre de Boulogne-Billancourt, et à sa compagne Janine d’Almeida, incitera Guillemette à donner les courriers adressés en retour.

Aujourd’hui la Bibliothèque municipale de Lyon met à l’honneur le poète. Gilles Eboli, son directeur, pour entériner ce qui doit être la dernière donation, propose l’exposition « La poésie ça ne s’invente pas. » Louis Calaferte (1928-1994), mise en œuvre par Christine Thomasso et Ludovic Villard, commissaires. Les ouvrages présentés sont ̶ pour la plupart ̶ le fruit d’un long et minutieux travail, mené avec passion par Djamel Meskache et Claudine Martin (Tarabuste éd.) qui ont su allier à l’écriture de L. Calaferte l’expression de grands artistes contemporains. Vingt ans pour "faire vivre", de façon posthume, l’intégralité d’une œuvre poétique, jusque-là inconnue. Ces livres peuvent être consultés et/ou empruntés ̶ en se référant aux cotes indiquées sur les cartels. Sauf indication, les manuscrits originaux exposés appartiennent au fonds Louis Calaferte Bibliothèque municipale de Lyon.

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