Qu'elle est triste la fin de cette histoire


(Image de dévotion)


Pétale de rose


Ecce Panis Angelorum


Foederis Arca


(Adoration du Christ en croix)


(Images de dévotion)

Sommes-nous parvenus, aujourd’hui, en cette double fin de siècle et de millénaire, à la fin d’une histoire, d’une très longue histoire où la Vierge Marie aurait pris les habits de Madonna sur les injonctions de Pierre et Gilles ? Il est vrai que depuis les premières images populaires et frustes des XIVe et XVe siècles, il semble que tout a été tenté et que, sans doute à cause d’une imagination épuisée et d’une pratique religieuse chancelante, le royaume de Dieu ait fait place au royaume du kitsch à bon marché et ce malgré les résistances désespérées de certains imagiers saint-sulpiciens de la fin du XIXe siècle.

Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est au moment où l’imagerie sous toutes ses formes, populaire, profane ou religieuse, disparaît petit à petit de notre univers quotidien que les publications, les expositions, les collections se multiplient à travers le monde entier comme si, sachant sa mort venue, elle aurait décidé qu’il y avait comme une urgence à en dresser l’inventaire exhaustif pour cause de cessation d’activité.

Certains ne purent se résigner à une telle fatalité et c’est curieusement à Lyon - clin d’oeil à la ville qui imprima à la fin du XVe siècle le premier livre français illustré ? - qu’Ange Michel, aidé par Francis Deswarte et Louis Ribes, tentèrent, après la seconde Guerre Mondiale, de renouveler un genre alors pollué par des mauvaises reproductions de tableaux. Le dépouillement extrême que tenta Francis Deswarte dans la plupart de ses images paraît la réponse la mieux appropriée au maniérisme qui sévissait avec autant d’ambiguïté pendant près d’un siècle. La dernière tentative en date de renouvellement du sujet de l’imagerie religieuse a été de la transformer en signets pour livres, rappelant ainsi l’usage initial de l’image qui servait à rythmer les principales parties de l’office ou de rappel pour les fêtes les plus importantes.