Le triomphe de la religion à travers l'appel du merveilleux


La Madone


Le chemin de Croix
(image à volets)


Ma Première communion
(image à volets)


Ma Persévérence
(image à volets)


Que le ciel exauce
mes voeux


Sacrés-Coeurs de Jésus
et de Marie


Soeur de la Providence
de Ruillé-sur-Loir

Dans l’imagerie religieuse, une hiérarchie s’est lentement construite à travers le prisme de l’histoire, de l’oeil du critique d’art et de la passion du collectionneur. Au sommet de cette pyramide théorique, figurent, dans la grande famille des dentelles mécaniques, les pièces sans aucun doute les plus spectaculaires par leur audace technique et artistique, celles que l'on appelle les montages, images animées ou à systèmes.

Ces images, en trois dimensions, s’ouvrent comme des armoires à secrets, protégées par leur battants et qui contiennent parfois elles-mêmes d’autres figures mobiles. Certaines pièces peuvent s’étaler ou surgir quand on tire sur l’une de leurs parties et nous font voir des communiants extasiés ou des communiantes en robe blanche. Ces images animées en raison de leur qualité tout à fait remarquable étaient jadis considérées par leurs propriétaires comme de véritables chefs-d’oeuvre, donc des biens très précieux. A ce titre, elles furent protégées et sauvegardées de la destruction jusqu’à nos jours où elles font la joie des collectionneurs malgré leur extrême fragilité et l’emploi d’une multitude de matériaux.

La génération de nos grands-parents, lorsqu’elle évoque avec nostalgie l’imagerie de son enfance fait presque toujours référence aux images à dentelles mécaniques. D’abord produites selon une technique à la fois mécanique et manuelle, ces images connurent une très grande vogue au milieu du XIXe siècle. Par la suite, elles subirent de nombreuses transformations et les dentelles se firent de plus en plus discrètes au profit de l’illustration centrale. Finalement, les dentelles mécaniques disparurent petit à petit pour laisser la place à une image, dont les supports et les moyens techniques employés pour leur fabrication varient à l’infini.

Ces images sont les témoins d’une religion triomphante qui renoue avec l’ostentation et l’apparat, le goût des processions et des pèlerinages, en faisant appel au pouvoir séculaire qu’a toujours été l’image.