Dans l’imagerie
religieuse, une hiérarchie s’est lentement construite
à travers le prisme de l’histoire, de l’oeil du
critique d’art et de la passion du collectionneur. Au sommet
de cette pyramide théorique, figurent, dans la grande
famille des dentelles mécaniques, les pièces
sans aucun doute les plus spectaculaires par leur audace
technique et artistique, celles que l'on appelle les
montages, images animées ou à
systèmes.
Ces images, en trois dimensions,
s’ouvrent comme des armoires à secrets,
protégées par leur battants et qui contiennent
parfois elles-mêmes d’autres figures mobiles.
Certaines pièces peuvent s’étaler ou surgir
quand on tire sur l’une de leurs parties et nous font voir
des communiants extasiés ou des communiantes en robe
blanche. Ces images animées en raison de leur
qualité tout à fait remarquable étaient
jadis considérées par leurs
propriétaires comme de véritables
chefs-d’oeuvre, donc des biens très précieux.
A ce titre, elles furent protégées et
sauvegardées de la destruction jusqu’à nos
jours où elles font la joie des collectionneurs
malgré leur extrême fragilité et
l’emploi d’une multitude de matériaux.
La génération de nos
grands-parents, lorsqu’elle évoque avec nostalgie
l’imagerie de son enfance fait presque toujours
référence aux images à dentelles
mécaniques. D’abord produites selon une technique
à la fois mécanique et manuelle, ces images
connurent une très grande vogue au milieu du
XIXe
siècle. Par la suite, elles subirent de nombreuses
transformations et les dentelles se firent de plus en plus
discrètes au profit de l’illustration centrale.
Finalement, les dentelles mécaniques disparurent
petit à petit pour laisser la place à une
image, dont les supports et les moyens techniques
employés pour leur fabrication varient à
l’infini.
Ces images sont les témoins
d’une religion triomphante qui renoue avec l’ostentation et
l’apparat, le goût des processions et des
pèlerinages, en faisant appel au pouvoir
séculaire qu’a toujours été
l’image.