De quelques propositions émises
par la commission de l'imagerie scolaire


Transformation des uniformes de l'Armée Française de 1789 à nos jours


(Scène de théatre)


(Images publicitaires et ludiques)


(Images publicitaires et éducatives)


(Rébus)


(Deninette visuelle)

Il semble que la création d’une image destinée à des enfants soit une chose assez simple. En réalité, rien n’est plus compliqué. La principale préoccupation qui s’impose est de garder à l’image son caractère de récompense. Pour que l’enfant souhaite gagner le bon point et fasse les efforts nécessaires pour le mériter, il faut que ce bon point présente à ses yeux un attrait suffisant ; il faut qu’il soit pour lui un objet de convoitise. C’est à cette condition seulement, que l’image promise devient un stimulateur au travail et à la bonne conduite. Il est, par conséquent, indispensable que l’enfant trouve l’image belle. Il importe, en outre, que le sujet en soit facilement compris par sa petite intelligence, et qu’elle puisse de suite en saisir l’intérêt.

Il faut se pénétrer des goûts de l’enfant, lui parler toujours un langage qu’il comprend, ne lui présenter jamais que des images qui l’intéressent et s’abstenir soigneusement de mettre son intelligence aux prises avec des oeuvres trop parfaites, dépassant la puissance de son jeune intellect. Ce point acquis, il faut que l’image concoure, dans une certaine mesure, à l’éducation de l’enfant. Il faut qu’il résulte de sa contemplation un enseignement utile, mais que l’enfant ne doit pas soupçonner.

Soit qu’elle raconte un fait historique important, soit qu’elle lui révèle le nom, la figure et la vie d’un homme illustre, soit qu’elle développe en lui les instincts militaires et qu’elle le familiarise avec ses futurs devoirs de soldat, de citoyen ou d’homme du monde, soit enfin qu’elle se borne à résoudre d’une façon attachante un problème d’histoire naturelle ou de géographie, l’image doit avoir toujours un caractère moral et éducatif et sa contemplation doit développer chez l’enfant des idées saines, généreuses, l’inciter au respect de l’humanité, à l’amour de la patrie, au culte de la science.

Et ce n’est pas tout. Le bon point, en tant qu’image, doit remplir encore un autre rôle. C’est à lui qu’incombe le devoir de familiariser l’oeil inexpérimenté de l’enfant avec l’association heureuse des couleurs, avec les formes harmonieuses et correctes des objets représentés, avec les proportions normales du corps humain. Pour cela, il faut qu’elle frappe son imagination, provoque en son cerveau des comparaisons instructives et l’aide à se débarrasser de ces formules en quelque sorte innées qui suffisent à l’homme durant les premières années de sa vie pour interpréter grossièrement la nature ...

 

(Extrait des Rapports et procès-verbaux de la Commission de la Décoration des Ecoles et de l’Imagerie Scolaire, en 1881).