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Évoluant de la nuit vers le jour, les lieux gay se démocratisent à la fin des années 70. Nouveaux modes de vies, nouvelles formes de drague, des quartiers gays se constituent aux États-Unis comme dans les grandes capitales européennes. Mais la nuit reste, avec ses mystères, ses rencontres hasardeuses et ses risques, le territoire privilégié des gays. Si Paris offre une gamme importante d’établissements festifs, la province est très en retard et le voyage à Paris – notamment le week-end – va être le lot de nombreux gays et lesbiennes qui étouffent dans un conformisme suranné.

La grande nouveauté de cette époque à jamais révolue, va être l’ouverture, dans la capitale, du Palace, un lieu de brassage de toutes les sexualités, de toutes les classes sociales et de toutes les tranches d’âge.

Évoquer le Palace, c'est revenir sur les traces de l'une des plus légendaires boîtes de nuit au monde. Ce n'est pas seulement une histoire de souvenirs puisque, vingt sept ans après sa création, l'établissement de Fabrice Eamer (1935-1983) reste dans les mémoires comme l'un des lieux les plus imaginatifs des soirées parisiennes.

C’est en surfant sur la déferlante Disco que Fabrice Eamer ouvre le Palace, le 1er mars 1978, sur les grands boulevards, avec un show de Grace Jones. S’y produiront les Village People, Gloria Gaynor, interprète immortelle de "I Will Survive", les Bee Gees, Donna Summer… Tout le monde y est une star jusqu’aux serveurs habillés en rouge et or par Thierry Mugler. En plus d'être la discothèque la plus courue du moment, élevée au rang de phénomène sociologique par Roland Barthes, c’est aussi le lieu de nombreuses fêtes (Kenzo, Karl Lagerfeld), ainsi qu’une salle de concerts.

Tout en faisant la fête, les gays et les lesbiennes n’oublient pas leurs revendications. L’homosexualité à cette époque est toujours sévèrement réprimée et les agressions, parfois mortelles, sont monnaie courante. Dans la foulée de sa victoire aux Élections Présidentielles, le 10 Mai 1981, François Mitterrand confie à Robert Badinter, son ministre de la justice, le soin de faire abroger les nombreux textes homophobes encore en vigueur, dont certains datent du régime de Vichy ! De toutes ces luttes, une véritable "citoyenneté gay" commence à voir le jour, encouragée par la parution de plusieurs titres de presse militants comme "Gai Pied" en 1979 et "Lesbia" en 1983.

 

Le Palace Magazine – N° [198]        
Le Palace Magazine – N°12 [1982]
Lyon, Bibliothèque municipale : Chomarat P 2190
 
   
         
Village People – Chicago, 1979 Village People – Chicago, 1979 Village People – Chicago, 1979 Village People – Chicago, 1979 Village People – Chicago, 1979 Village People – Chicago, 1979

Village People – Chicago, 1979
Lyon, Bibliothèque municipale : Fonds Chomarat

Groupe disco le plus "hot", figure emblématique de la communauté gay internationale, sorti de l'imagination du compositeur, producteur et manager français Jacques Morali. Composé de six interprètes, incarnant des archétypes homosexuels : David Hodo l'ouvrier, Randy Jones le cow-boy, Victor Willis le policier, Felipe Rose l'indien, Alex Briley le G.I., Glenn Hughes le cuir

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