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Murs d'apaches Ils doivent leur nom à un journaliste de lépoque, qui a lidée singulière dappliquer le qualificatif d"apaches" aux bandes de voyous et de criminels qui hantent alors Paris et les grandes villes.
Portant la casquette, le foulard rouge, un pantalon "large des pattes" que chantera Bruant, ils sont tireurs (pickpockets), cambrioleurs ou meurtriers mais affectionnent surtout lattaque nocturne, nettement moins risquée.
Regroupés en bandes, ils ont leurs chefs, leurs égéries : des gagneuses (prostituées), leurs rites et leurs conflits, comme le montre Le Petit Journal décrivant le supplice réservé à lun deux par des rivaux occupés à lui couper le nez.
Autant pour fasciner ses lecteurs que pour attirer sur la pègre des villes le bras de la justice, la presse populaire donne une grande publicité aux méfaits de ceux qui sont devenus pour elle "la plaie de Paris".
On parle deux dans toute la capitale lors du crime de la rue Pierre-Leroux, en janvier 1899, quand trois jeunes gens dune vingtaine dannées poignardent une épicière pour lui voler sa caisse.
Le monde rural nest pas épargné : en juin 1891, aux alentours du village dOullins, près de Lyon, le repris de justice Vendroux nhésite pas à assommer à coups de pierre le sous-brigadier Méjean qui voulait inspecter le sac où il dissimulait des objets dérobés la nuit précédente.
Parfois, des bandes écument les campagnes, ressuscitant la vieille pratique des "chauffeurs", qui, un siècle auparavant, rôtissaient les pieds de leurs victimes pour se faire indiquer lendroit où était caché le magot.
En 1906, dirigé par le trio David, Liotard et Berruyer, "Les chauffeurs de la Drôme" sèment la terreur dans la région en commettant une douzaine dassassinats. Le gouvernement est interpellé à la Chambre et le ministre de lIntérieur Clemenceau doit créer des brigades régionales de la P.J.
Les trois meneurs sont exécutés à Valence en 1909.