Pan Yuliang (de son nom d’origine Yang Xiuqing) est née le 22 mai 1894 à Yangzhou (province du Jiangsu).
Pan Yuliang connaît une enfance particulièrement malheureuse : son père décède l’année de sa naissance, et sa mère alors qu’elle est âgée de seulement 8 ans. Son oncle la vend à l’âge de 13 ans comme prostituée dans une maison close de Wuhu (province de l’Anhui) où elle vit durant quatre années. Elle ne doit son salut qu’à la rencontre qu’elle fait avec Pan Zanhua, lettré formé au Japon qu’elle épouse en 1913 (le témoin de cette union serait Chen Duxiu lui-même) ; c’est à cette date qu’elle prend le nom de Pan.
Le couple s’établit ensuite à Shanghai. En 1918, Pan Yuliang entre à l’École des beaux-arts de la ville.
En 1921, avec le soutien de son mari, elle décide de partir pour la France et arrive à Lyon en septembre 1921 pour faire partie de la première promotion d’étudiants entrant à l’Institut franco-chinois. A Lyon, elle suit des cours à l’École nationale des beaux-arts où elle étudie la technique de la peinture à l’huile, puis en 1923 se rend à Paris – Pan Yuliang y rencontre Xu Beihong – où elle fréquente les cours de Lucien Simon.
A Paris, elle y continue ses études de peinture avec grand succès puis part en 1925 pour l’Italie. Dans ce pays, elle étudie la peinture à l’huile et la sculpture et y gagne un prix.
De retour en Chine fin 1928, Pan Yuliang enseigne à l’académie des beaux-arts de Shanghai et à l’université nationale de Nanjing sous la direction de Xu Beihong qu’elle avait connu en France.
Déçue par l’accueil de ses oeuvres dans son pays, Pan Yuliang retourne en France en 1938 pour y rester jusqu’à sa mort. Son décès qui survient à Paris en 1977 alors qu’elle est dans un très grand dénuement, à l’image de la détresse connue dans ses premières années.
Pan Yuliang fait partie de ces artistes chinois formés en Europe qui ont subi une très forte influence de l’art français. Si cette influence se ressent considérablement dans les oeuvres de Pan Yuliang, il n’en reste pas moins qu’elle est l’un de ces artistes chinois formés à l’école française et dont le style emprunte aux deux cultures.
Sa peinture très colorée est riche en nus et en portraits, la femme y est un sujet particulièrement présent.
Certaines de ses oeuvres sont conservées dans des musées parisiens. Mais la plus grande partie se trouve aujourd’hui au Musée provincial de l’Anhui à Hefei, terre d’origine de son mari.
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