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Au-delà du kitsch, le grindcore ?

Au-delà du kitsch, le grindcore ?
Au-delà du viking hirsute courant dans les bois et arborant fièrement sa longue crinière, au-delà du chanteur grimé de noir et blanc et hurlant tel un crissement de pneus dans les allées d’un sombre parking sous-terrain, au-delà ... se trouve une musique qui crie son indignation, très engagée, qui tente d’expérimenter les limites musicales et humaines. Au-delà du kitsch, voici ce que peut aussi être, une certaine forme de musique extrême, le grindcore.

Au-delà du kitsch, le grindcore ?

I - No, no, there’s no limit ! Mais de quoi parle-t-on ?

Bref et rapide retour sur le mouvement punk

Parce que sans le punk, le grindcore n’aurait pas existé, et que pour comprendre l’histoire du grindcore, il faut avoir une petite idée de ce qu’est le mouvement punk.

« [Le punk] c’est une idée qui guide et motive ta vie [...] Penser par toi-même, être toi-même, ne pas te contenter de prendre ce que la société te donne, établir tes propres règles, vivre ta propre vie » Mark Andersen (in La philosophie du Punk de Greg O’Hara)

Un engagement politique qui s’exprime...
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La musique punk fait partie d’un mouvement socialement, politiquement et artistiquement engagé. A travers lui s’expriment la contestation, l’indignation liées à un sentiment d’injustice sociale ou dénonçant toute forme d’oppression et de discrimination.

...par le biais d’une musique simple...

Musicalement, le punk privilégie la spontanéité et l’expression. On rejette l’aspect élitiste que prenait de plus en plus le rock et la musique en général. La notion d’urgence est essentielle de même que celle de l’accès : jouer cette musique n’implique pas d’être un musicien de formation, elle est techniquement accessible à tous. Peu de solos de guitare -ou des versions très simplifiées, ce sont les rythmiques et l’énergie qui sont mis en avant. Les structures des morceaux plutôt simples et les chansons sont plutôt courtes. Le chant, souvent crié, sert avant tout à exprimer des idées. Le tout se veut efficace et authentique.

...produite et diffusée via le D.I.Y. :
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L’enregistrement, le mixage et les arrangements - si mixage et arrangements il y a - et la production musicale sont minimalistes et passent par le do it yourself (ou « D.I.Y. » : « Fais-le toi-même »).


Le D.I.Y. est une nouvelle forme de production qui ne nécessite pas l’appui d’une maison de disques ni d’importants moyens financiers mais qui relève de l’autoproduction et de l’autogestion. Son apparition est liée à l’émergence de la contre-culture qu’a été le mouvement punk dans les années 70. La manière dont la musique punk se diffuse est également D.I.Y. : le refus d’être un produit commercial, le souhait de rester indépendant priment. Les pratiques commerciales se veulent donc autonomes, les disques sont vendus à bas prix et dans des boutiques spécialisées, par liste de distribution ou sur les lieux de concerts.

Enfin, de par son caractère engagé et D.I.Y., le punk était un mouvement underground qui se produisait dans des squats, des caves ou de petits bars de quartier, les musiciens organisant festivals et concerts par eux-mêmes, grâce aux réseaux, à la solidarité et l’entraide qui existaient entre les groupes.

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On doit à ce mouvement une nouvelle philosophie de production et de diffusion musicale, un nouveau rapport musiciens/public, dans lequel l’artiste n’est plus perçu comme une star mais comme quelqu’un qui s’exprime, qui dialogue et qui encourage le public à faire comme lui, à tenter le « do it yourself ».

A lire :
La philosophie du punk, Craig O’Hara, éd. Rytrut, 2004
Ma petite entreprise punk, Fabien Hein, éd. Kicking books, 2001

A voir :
Punk Attitude, Don Letts, 2006

Du punk au grindcore

« Cette musique [est] née de la rencontre des scènes anarcho-punk, hardcore et métal à Birmingham dans le contexte de la récession du début des années 1980, et d’une volonté de radicaliser ces deux genres à un moment où ils étaient accusés de se compromettre en se vendant et en s’édulcorant » Extrait de l’article d’Églantine de Boissieu, Catherine Guesde.

Anarcho punk : punk is dead !

Même si par définition le punk était déjà assez proche des idées anarchistes - de par son refus des règles, de se plier aux normes et d’être conforme, son rejet de l’autorité - un sous-genre du mouvement punk émergea à la toute fin des années 70 : l’anarcho-punk.

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En 1978, Crass, qui fut d’abord un projet musical, puis un label, proclame et chante punk is dead : le punk est mort parce qu’il s’est vendu, il est devenu un outil du capitalisme, un produit de consommation ordinaire... Et là où le punk originel semble s’être « renié », l’anarcho punk apparaît et reprend le flambeau des premières idées punks :

« Cette nouvelle vague de punk rock politisé anarchiste tenait du mépris pour les majors et tout le business de la musique institutionnelle. Ils ont refusé de jouer le jeu. Ces groupes ont résolument adopté les idéaux du punk des débuts pour ce qui concerne l’esprit d’indépendance et de contestation » Dave Harker, Pop and Politics do mix !

Quelques groupes :


Crass, The Ex, Dead Kennedys ou encore Bérurier noir et les Sales Majestés pour la France.

Punk hardcore : les idées restent les mêmes, mais la musique se fait bien plus rapide.

Le punk hardcore est un sous-genre du punk, né aux USA à la fin des années 70. Cette forme de punk se veut plus radicale : idéologiquement en réaction à un punk qui commence à trop se commercialiser et s’uniformiser, et musicalement par des tempos beaucoup plus rapides, des morceaux encore plus courts et des textes très engagés.

Punk Hardcore by Yarp on Grooveshark

Damian Abraham de Fucked Up (groupe de punk hardcore canadien) nous décrit sa vision du hardcore :

« Celui qui vient à un concert doit se sentir aussi important que le groupe sur scène. Voilà comment je vois le punk hardcore. Quand j’ai commencé à faire des concerts, j’ai trouvé ça génial. J’ai compris que je pouvais faire partie d’un groupe. Ce n’est pas réservé aux beaux gosses qui descendent du ciel avec une belle chevelure ondulée. On peut monter sur scène quand on est un gros type normal et chauve qui fait du rock. »

La totalité de l’interview de Damian Abraham
Quelques groupes : Black flag, Minor Threat, D.O.A ...

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Photo prise lors d’un concert des Dead Kennedys sur laquelle on voit Jello Biafra, l’ancien chanteur du groupe (il est toujours une figure importe et active du mouvement anarcho punk et hardcore)

Métal : « un refus de la banalité et du ronron de la société » (D.Weinstein)

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« Le Heavy metal (ou communément métal) est un genre de rock devenu style musical à part entière dans les années 1970. Le heavy métal puise son inspiration, entre 1969 et 1974 dans des groupes de hard rock, qui, en mélangeant du blues avec du rock, créaient un hybride au son lourd, épais, centré sur la batterie et la guitare à la distorsion très amplifiée. »

Par la suite, le heavy metal a donné naissance à de nombreux sous-genres avec différentes caractéristiques musicales et idéologiques.

Pour plus d’informations sur le métal et l’ensemble des musiques que le terme recouvre voir l’excellent et très complet portail wikipédia dédié au métal.


Quelques groupes : Black Sabbath, Celtic frost , Mercyful fate, Iron Maiden...

Et enfin ... Grindcore : pas de compromis, pas de limites, beaucoup d’engagement

Le grindcore est l’enfant hybride des 3 genres musicaux évoqués précédemment et ce, dans tous leurs aspects. On peut dire que le grindcore est une forme de punk accéléré et extrémiste.

Extrême musicalement et idéologiquement :

-   la voix est criée et/ou gutturale (aussi appelé "grunt"), et, bien que souvent incompréhensibles, les textes relèvent du fort et essentiel engagement politique propre à l’anarcho-punk (pour peu qu’on prenne le temps de lire les paroles...)

-   la batterie s’est nourrie de la rapidité hardcore et métal, elle est donc à la fois très rapide et très lourde. La caractéristique de la batterie grindcore est une avalanche de blast beats : un enchainement de doubles croches jouées à plus de 150 bpm (battements par minute) -exemple présenté par Flo Mounier- et de rythmiques binaires typiques du punk et du punk hardcore accélérées.

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-  guitare et basse sont saturées et particulièrement bruitistes, la plupart du temps « dropées » : la première corde, accordée en mi (E) lorsque l’accordage est standard, est baissée d’un ton et accordée en ré (D) : cela permet de jouer plus vite et d’enchaîner les accords lourds que sont les barrés.


-   les morceaux sont très courts, d’à peine plus d’une seconde pour le fameux « You suffer » de Napalm Death :



... à 1 minute 30/2 minutes en moyenne pour la plupart des titres. Comme dans le punk originel, les structures sont simples et les mesures sont souvent des mesures en 4/4 (mesures censées être rythmiquement plus accessibles).

II - Attention Napaaaaalm !

Bien qu’il soit souvent difficile d’attribuer la paternité à un genre musical, dans le cas du grindcore, les précurseurs sont de manière (à peu près) incontestable, Napalm Death et leur premier album « Scum ». Leur parcours musical nous raconte l’émergence de la musique extrême underground qu’est le grindcore.

1 - De Punk is a rotten corpse (1982) à Scum (1987)

Nous sommes en 1981, en Angleterre, aux environs de Birmingham. Nos protagonistes se nomment Nicholas Bullen (alias Nic Scab) et Miles Ratledge (alias Rat), ce sont deux adolescents qui habitent le même quartier et qui partagent une même envie, un même besoin d’expression.

Dans une interview, Rat explique la genèse du projet : « Nous avions respectivement à peine 12 et 13 ans et nous n’étions pas capables de jouer d’un instrument, nous pouvions juste improviser du mieux possible et chanter / crier des chansons qui traitaient pour la plupart de l’oppression policière et de la guerre. Nous étions tous les deux impliqués dans la scène anarcho-punk à cette époque et nous étions en même temps éditeurs de fanzines et camarades de classe. »

Ils s’appellent d’abord Civil Defense mais très rapidement, ils optent pour Napalm Death avec comme fondamentale une musique jouée dans l’urgence, l’indignation et la contestation.

Leurs premières compositions sont musicalement très anarcho-punks avec des influences à chercher du côté de Crass, Discharge et très noise expérimental avec un goût prononcé pour Throbbing Gristle. La vitesse et l’aspect bruitiste s’imposent progressivement, une première démo est enregistrée :

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1984 est l’année où Napalm Death enregistre pour la première fois en studio et participe ainsi à une compilation de groupes punks intitulée Bullshit detector n° 3. Ce vinyle est proposé sur le label créé par l’un de leur groupe favori : Crass

Puis, Nik Bullen convainc Justin Brodrick de se joindre à eux : cette nouvelle formation définit le projet comme une « énergie hardcore avec des trucs plus lents, des accords métal primaires et [...] un message politique à tout ça ».

Ils enregistrent une autre démo, Hatred Surge en 1985.
Cette démo marque une transition entre un punk anarchiste, au tempo encore modéré, une caisse claire très typée post punk des années 80 et un chant crié qui évolue tranquillement vers une voix plus gutturale.

Ecouter un autre extrait : So sad



Miles Ratledge quitte finalement le projet et le duo est rejoint par Mick Harris, un grand fan du groupe embauché en 1985.

Harris devient vite un batteur de référence dans le milieu extrême de l’époque. Il jouera un grand rôle dans le développement du grindcore et dans l’évolution du groupe.

Il sera le premier à utiliser le terme « grindcore » (to grind signifiant dans le lexique gastronomique hacher, broyer, moudre, pulvériser...) pour décrire le son de Scum quelques années plus tard et posera les bases de la batterie grind en développant le blast beat, technique qu’il aura su mettre au point en repoussant toujours ses limites physiques.

Grâce au réseau qui fait circuler leurs démos et enregistrements de répétitions, et grâce à leurs nombreux concerts donnés dans la ville de Birmingham et ses alentours, le groupe commence à être reconnu, aussi bien en Angleterre, qu’en Europe et en Amérique du Nord.

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Leur premier album Scum sort en 1987 et marque profondément la scène extrême des années 80. Cet album pose définitivement les bases du grindcore : des paroles très engagés, une batterie punk accélérée, une basse lourde, une guitare saturée, très rythmique et bruitiste, un chant enragé et aliénant à l’image de ce qu’ils voulaient dénoncer.
Le premier titre de Scum s’intitule « Multinational corporations, genocide of the starving nations » (les entreprises multinationales, le génocide des nations affamées ) les autres titres seront parfois tout aussi évocateurs : Polluted minds, Siege of power, Human garbage ...

A consulter :

Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur Napalm Death, vous pouvez aller vous perdre sur ce site qui est extrêmement complet sur le sujet.
Lien vers le "Napalm Death family tree" pour avoir une idée des musiciens ayant joué dans Napalm Death et de leurs projets parallèles :

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2- Philosophie grindcore : If the truth be known ! ?

Philosophie et grindcore, deux termes qui semblent relever de l’oxymore après écoute et pourtant, ils cohabitent bel et bien. Le grindcore s’est nourri et épanoui grâce aux idéaux que ses représentants éprouvaient le besoin d’exprimer.

Voici quelques exemples extraits de paroles d’albums de Napalm Death :



Born on your knees

Born on your knees,
life of pain,
existence restricted
by material gains.

Instinct of survival

Advertise the product you make,
never give but always take,
kill and lie for security,
your shit on the supermarket
shelves to see.

Instinct of survival

Advertise the product you make,
never give but always take,
cling filmed flesh and genocide,
a contented life
while millions die.

Instinct of survival

The multinational corporation
makes its profits from the starving nations.
Indigenous people become their slaves
from their births into their graves.

The multinational corporation
makes its profits from the starving nations.
Another product for you to buy,
you’ll keep paying
until you die.


Polluted mind

They not only pollute the air,
they pollute our minds.
They’re destroying the Earth
and destroying mankind.

Polluted minds kill mankind.

They don’t give a shit
long as profits are high.
They don’t give a shit
if people die.

Pour lire les traductions de ces chansons et d’autres textes, rendez-vous sur l’excellent site suivant

Illust : philosophie, 1.8 ko, 206x209


A la lumière de ces textes, on découvre les courants de pensée qui seront défendus dans le mouvement grindcore (N.B. : pas seulement : dans les mouvements Crust, Hardcore, Punk, ces philosophies sont aussi présentes) avec plus ou moins d’intensité selon les périodes et les groupes.



-  Anarchie/anarchisme : « Doctrine selon laquelle le commandement politique, c’est-à-dire l’existence même d’une forme de domination est mauvaise » (in Dictionnaire des concepts philosophiques, sous la dir. De Michel Blay, Larousse, 2008). L’anarchiste défend l’idée qu’il y a des alternatives aux systèmes existants, alternatives qui peuvent se passer de dirigeants ou gouvernants, alternatives anticapitalistes et anti-autoritaristes. Ce mode de pensée privilégie un système où les individus coopèrent librement dans une dynamique d’autogestion.

-  Utilitarisme : philosophie conséquentialiste développée par l’anglais Jeremy Bentham dans son Introduction aux principes de la morale et de la législation en 1780 et repris un peu plus tard par John Stuart Mill (L’utilitarisme, 1861), qui part du principe que « les hommes sont fondamentalement égaux et que le bonheur est accessible à tous, sans distinction sociale » et qui définit la notion d’utilité ou de « principe du plus grand bonheur » comme ligne de conduite, qui permet de juger la « valeur morale de nos actes en fonction de leurs conséquences ».

C’est la volonté d’être acteur du bien-être d’autrui au même titre que le sien propre, le principe « selon lequel nous devons prendre nos décisions de telle façon que les conséquences qui en résultent mènent au plus grand bonheur du plus grand nombre » (citation extraites de Tous philosophes, les grandes idées tout simplement, Prisma, 2011)

-  Vegan, végétalisme, anti-spécisme : éthique développée par le philosophe Peter Singer et indirectement liée à l’utilitarisme. Par refus d’une supériorité de l’espèce humaine sur les autres espèces vivantes et refus de leur exploitation à notre profit et à leurs dépens, cette conception rejette l’alimentation d’origine animale, ou tout ce qui nécessite l’utilisation et la souffrance animale pour être produit comme certains vêtements, produits de beauté etc.

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Pour l’anecdote, l’Obscene Extreme, festival grindcore annuel en République Tchèque, est un festival musical et exclusivement végétarien : aucun des stands alimentaires ne propose de produits d’origine animale et de nombreux stands alter-consuméristes sont présents sur place.

-  Anticonsumérisme : mouvement s’opposant aux idéologies productivistes et au matérialisme économique. Il est à mettre en lien avec les idées altermondialistes et promouvant la décroissance : idéologies qui dénoncent une croissance perçue comme antiéconomique, antisociale, antiécologique.

Pour plus de détails, l’article proposé par wikipédia est assez complet sur le sujet.

A lire :
Choosing Death, L’histoire du death metal et du grindcore, Albert Mudrian, éd. Camion blanc
Tous philosophes, les grandes idées tout simplement, Prisma, 2011

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III - Scum, et après ? Grindcore originel versus grind + ...

Par la suite on trouve deux écoles de grindcore : celles qui se revendiquent du Grind d’origine, d’une musique engagée, et celles qui n’ont gardé que l’aspect extrême musical et ont fait évoluer le mouvement, notamment par le biais de croisements avec d’autres types de musiques extrêmes.

1 - “In grind we trust” : Grindcore pur et dur

Le grindcore des "puristes" dans sa forme actuelle recouvre des univers musicaux et idéologiques divers et variés. Selon l’influence de départ revendiquée, il est plus ou moins extrême, plus ou moins bruitiste et propose des chants autant criés que gutturaux. Le grindcore reste toujours une musique underground et D.I.Y., même si la production musicale est parfois moins crue et comporte plus d’arrangements.

- Napalm Death existe et se produit toujours, après Scum, Mike Harris a continué de porter le projet, jusqu’en 1991, année où il quitta le groupe (pour fonder Scorn avec Nick Bullen, le premier chanteur de Napalm (de 1981 à 1986) et Painkiller avec le saxophoniste John Zorn et le bassiste Bill Laswell). Par la suite Napalm Death, avec d’autres musiciens, a continué de produire des albums (une dizaine en tout, plus de nombreux splits et EP comme vous pouvez le constater sur discogs) politiquement très engagés : leur dernier album, Utilitarian (2012), reste dans la lignée thématique des précédents projets. (Pour lire cette interview donnée pour la sortie d’Utilitarian )

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-   d’autres groupes ont choisi de perpétuer et de poursuivre le mouvement musical d’origine. Voici quelques exemples parmi les plus prolifiques et reconnus :

Grindcore by Yarp on Grooveshark

les belges d’Agathocles : http://www.agathocles.com/

les suèdois de Nasum : http://nasum.com/

les français de Blockheads : http://www.blockheads-grindcore.fr/

les italiens de Cripple bastards : http://www.cripple-bastards.com/

les américains de Disrupt : http://www.myspace.com/officialdisrupt

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Avec des textes qui évoqueront principalement des thématiques politiques et sociales telles que le racisme, la désinformation, la mondialisation, le matérialisme économique...

2 - Deathgrind, goregrind and co

En parallèle, à l’époque de Scum, différents projets ont contribué à développer le mouvement grindcore comme Exteme Noise Terror, Terrorizer et Carcass, des formations mélangeant le Crust ou le death metal au grindcore .

Et, comme souvent après l’apparition d’un nouveau genre musical, le grind a donné naissance à d’autres sous-genres.

Certains groupes ont gardé les thématiques politiques fondamentales au mouvement mais ont fait évoluer la musique vers plus de technicité, c’est ce qu’on appelle le deathgrind, avec des groupes comme Carcass, Cephalic Carnage, Inhumate, Brutal Truth et certains albums de Napalm Death.

Deathgrind by Yarp on Grooveshark


Tandis que d’autres n’ont gardé que l’aspect extrême et transgressif du grindcore originel et ont choisi d’aborder d’autres thématiques non politiques. Le goregrind et le porngrind comportent des paroles respectivement réorientées dans un univers horrifique et pornographique, sont volontairement provocants et bruitistes, avec un chant uniquement guttural.

On trouve encore d’autres variantes, telles que le noisecore, le cybergrind et l’humorgrind, qui sont des mélanges de grind et de noise, d’indus ou qui abordent de thématiques humoristiques.

N.B. : Ces sous-genres par définition se sont éloignés de la dynamique engagée du mouvement d’origine et font donc aujourd’hui débat.

Et parce que le Japon a développé une importante scène grindcore et que, pour clore ce trop vaste sujet, militer contre les préjugés ne peut être qu’approprié, une petite touche de grindcore féminin à la japonaise :



A lire : Etat des lieux des musiques extrêmes, Damien Chaney, Antoine Petite, Ludovic Chaney, éd. Camion blanc