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Quelles politiques sociales pour lutter contre la pauvreté ?

Lucienne Soulier, Bruno Barral, Elvire Bornand, le 3/10/2018

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Alors que le gouvernement étudie un projet de refonte du système de protection sociale, le débat sur leur efficacité est réactivé suites aux propos du président et du ministre de l’action et des comptes publics en juin dernier. Il nous invite à interroger le rôle joué par les prestations sociales dans notre société.

La France compte plus de 9 millions de pauvres selon les critères de l’INSEE, c'est-à-dire disposant de moins de 1015 euros par mois. Parmi eux, 4,15 millions de personnes sont en situation de précarité, soit vivant avec moins de 805 euros. D’après l’enquête de l’INSEE sur le niveau de vie et sur le patrimoine des Français datant de 2015, la France a enregistré un million de pauvres supplémentaires en vingt ans. En raison de la montée du chômage, le taux de pauvreté reste ainsi supérieur à son niveau de 2008, avant la crise.

Malgré tout, le système de redistribution des aides sociales, même insuffisant pour juguler ce fléau, jouent son rôle et les statistiques publiques montrent que notre système permet aujourd’hui à la France d’être le pays d’Europe où le taux de pauvreté est le plus faible… L’argument d’une supposée inefficacité des aides sociales pour appeler à une réduction des budgets sociaux, ne tiendrait donc pas. L’aide publique, même modeste, est un filet de sécurité pour éviter à des millions de personnes de tomber dans l’extrême pauvreté. Reste que le système actuel, insuffisant, souvent inefficace, est à revoir, en particulier pour agir sur les populations qui souffrent le plus.

Réparti en onze prestations, dont le revenu de solidarité active, l’allocation adulte handicapé, l’allocation de solidarité spécifique ou encore le minimum vieillesse, il esten effet très complexe. A cette palette correspond une myriade d’institutions et de guichets soit un ensemble très opaque pour les personnes démunies, confrontées à un dédale administratif qui finissent par renoncer à leurs droits.

Alors que certains en appellent à la responsabilisation des bénéficiaires, ou dénoncent la fraude à l’aide sociale voire encore invoque l’effet pervers des prestations qui seraient une invitation à l’oisiveté, il est important, en miroir, de rappeler l’accroissement du phénomène de non-recours aux prestations, induit par la complexité du système. Aussi, pour certains experts, un des leviers de l’optimisation de notre politique sociale résiderait dans une simplification des prestations suivi d’une refonte de l’accompagnement des bénéficiaires « vers leurs droits et dans leurs droits » afin de faire baisser ce taux de non-recours.

Au-delà de la bataille des chiffres et des équations, la réforme de la protection sociale doit garantir l’accès aux droits sociaux, élément central de la cohésion sociale et clé de voute de notre démocratie.

Cet objet de réflexion rejoint le thème des droits de l’homme retenu pour la Journée mondaile du refus de la misère du 17octobre 2018 et à l’occasion de laquelle la Bibliothèque s’associe au mouvement d’ATD Quart Monde pour déconstruire les préjugés sur la pauvreté. En préambule à cette journée, nous vous invitons à rencontrer des militants Quart Monde qui exposeront leur point de vue et exposeront leurs revendications pour une « bonne » politique sociale. A leurs côtés, Elvire Bornand, apportera son éclairage de sociologue spécialiste de l’action publique, sur les questions soulevées par les politiques de lutte contre la pauvreté : à quoi servent les prestations sociales, comment sont-elles allouées, perçues, quel rôle peuvent jouer les acteurs locaux dans l’accès aux droits sociaux ? …

Intervenants

  • Lucienne Soulier, militante du mouvement ATD Quart Monde à Chalon sur Saône, membre du groupe politique régional. Les plus pauvres sont les premiers à refuser la misère. Les militants Quart Monde sont des personnes qui vivent ou ont vécu la grande pauvreté et qui choisissent de rejoindre ATD Quart Monde parce qu’ils s’y reconnaissent. Ils apportent leur réflexion et leur expérience et s’engagent activement à rechercher et soutenir des personnes encore plus démunies.
  • Bruno Barral, délégué régional ATD Quart Monde et responsable de l’EAR (Equipe d’animation Régionale) de la région Rhône Alpes - Auvergne du mouvement ATD Quart Monde.
  • Elvire Bornand, docteure en sociologie, chargée de cours à l’université de Nantes, chercheure associée au Centre Nantais de Sociologie et membre de l’espace Ethique Régional des Pays de la Loire. Exerce en parallèle une activité libérale, accompagnant des recherche-action dans le secteur public. Spécialiste des enjeux de vulnérabilité et de participation, elle intervient principalement sur des domaines engageant des biens et services essentiels avec une attention centrée sur l’écart entre usage attendu et réel et les phénomènes de non-recours.

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Cette vidéo fait partie du cycle "Questions de société"

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