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Remise du prix Roger Kowalski 2011 : Pierre-Alain Tâche

Jean-Yves Debreuille, Pierre-Alain Tâche, Yannick Laurent, le 11/03/2011

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Le prix de Poésie de la Ville de Lyon a été fondé en 1984 et a été dénommé Prix Roger Kowalski, en hommage au grand poète lyonnais prématurément décédé moins de dix ans auparavant. Il est actuellement le prix de poésie le mieux doté de France. Son jury est constitué de poètes et de critiques qui, chaque année, examinent la production poétique d’une rentrée littéraire à l’autre, établissent une sélection et délibèrent sous la présidence de l’Adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, qui sera présent à cette remise.

« Le Prix Kowalski avait déjà rendu hommage à plusieurs reprises à la poésie francophone de Belgique, avec William Cliff en 2007 et Jean-Claude Pirotte en 2008. C’est cette année un poète suisse qui vit à Lausanne, Pierre-Alain Tâche, qui est couronné. Né en 1940, il a accompli une carrière de magistrat (l’exemple de Jean Follain, qu’il considère comme un de ses maîtres, montre que ce n’est pas incompatible avec la poésie) et est l’auteur de plus d’une trentaine de recueils de poèmes, mais aussi d’une œuvre critique qui fait autorité, publiée pour sa plus grand partie dans La Revue des Belles-Lettres dont il a été l’un des responsables pendant dix-sept ans.
« Je crois en l’amour du lieu », a-t-il écrit. C’est un poète de l’habitation du monde, qu’il arpente patiemment, à l’image de Jacques Réda avec lequel il a souvent affirmé sa proximité. Un de ses recueils s’est d’ailleurs intitulé L’État des lieux (1998). Et c’est d’un lieu bien précis que provient le titre de celui auquel nous nous intéressons aujourd’hui : la ligne verte est le nom d’un sentier pour cyclistes et randonneurs établi sur une ancienne ligne de chemin de fer au départ de Cluny. Un lieu de reconquête du temps, en somme, soumis au seul rythme de la flânerie, car qui suit ce chemin au milieu des fermes, des enclos, des vaches paissant, « fait abandon de tout désir qui lui soit étranger », se laissant bercer par le « chant régulier des pignons sous l’archet de la chaîne ». La récompense, c’est qu’on a cru entrevoir, « dans l’ombre étroite qui fuyait, l’aile d’un dieu », mais en est-on bien sûr tandis que le soir tombe ? En fait, il n’y a peut-être rien d’autre à découvrir que le mouvement par lequel on découvre. Tout le livre, qui se lit un peu comme un journal de voyage, est fait des espaces et des riens qui constituent les jalons d’une vie, recueillis par « un regard qui ne veut pas choisir / mais accueillir l’ample mouvance du vivant ». Pour un retour définitif à la futilité essentielle, le livre s’achève sur une mystification au titre mallarméen : le « Tombeau de Robert le Petit ». On s’aperçoit au fil du poème que ce n’est qu’un canular, et l’esprit du lecteur à la fin s’éclaire : le petit Robert, il ne connaît que lui ! ». Jean-Yves Debreuille

Intervenants

  • Jean-Yves Debreuille, professeur de littérature contemporaine à l'université Lumière Lyon 2.. Voir d'autres vidéos de cet intervenant
  • Pierre-Alain Tâche, écrivain.
  • Yannick Laurent, comédien.

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