Topo, le magazine des bibliothèques de Lyon, publie dans son édition de mars-avril un nouveau reportage sur nos espaces numériques. Vous pouvez consulter l'agenda des conférences et le reportage
page 54 du magazine en PDF ou lire la publication en texte accessible ci-dessous. En attendant Libre en fête, retrouvez les acteurs du libre au
salon Primevère qui se déroulera du 24 au 26 février prochain à Eurexpo.

Les ordinateurs des Espaces numériques sont équipés de logiciels libres dont l’exploitation et le développement sont ouverts à tous, ce qui diffère des logiciels propriétaires qui nécessitent une licence pour l’utilisation ou l’exploitation. Les logiciels sont développés par la communauté d’utilisateurs. Tout le monde peut participer que ce soit pour en tester le contenu, faire remonter d’éventuels problèmes, traduire les interfaces en plusieurs langues... Les logiciels libres ont pour vocation de rendre accessibles des pratiques numériques quels que soient vos envies et votre profil (débutant, confirmé, enfant, adulte...).
LA PRATIQUE DU LIBRE DANS LES ESPACES NUMÉRIQUES
Interview de Carole, animatrice à l'EN Part-Dieu
Quel est l’intérêt des logiciels libres pour les Espaces numériques des bibliothèques ?
Les Espaces numériques dont la mission est d’accompagner et faire découvrir la culture numérique se trouvent logiquement impliqués dans la promotion des logiciels libres parce qu’ils facilitent l’accès aux pratiques. Les usagers apprécient l’accompagnement des animateurs pour la mise en place et l’utilisation des logiciels. Ils peuvent trouver les cédéroms d’installation, bénéficier de conseils et venir se former gratuitement.
Vous ne proposez que des logiciels libres ?
Non pas uniquement : nos usagers ont le choix mais disons que le grand avantage du libre est l’accessibilité : vous voulez utiliser un logiciel de retouches d’image simple pour débuter ou plus évoluer pour progresser, vous avez le choix. Vous essayez et si cela ne vous plaît pas, vous pouvez changer d’avis. Nous ne sommes pas dans une logique de consommation mais de découverte. Pour les usagers non-voyants, c’est tout à fait évident : beaucoup se sont mis à l’informatique parce qu’il existe un logiciel libre et gratuit simple à installer. C’est un frein en moins pour s’initier.
Dans quel cadre proposez-vous du libre ?
Les animateurs organisent régulièrement des ateliers et les participants peuvent repartir en fin de séance avec le logiciel qu’ils ont utilisé et ainsi continuer à pratiquer à domicile : c’est un grand avantage. C’est ainsi que les enfants qui ont créé les pochettes de la compilation de berceuses Have a good night ou qui ont participé à l’Automne des Gones pour dessiner leur portrait en pirate ont découvert le dessin avec Tuxpaint. Les parents sont repartis avec le logiciel sur une clef USB et tous ont pu redessiner à la maison ! Il en est de même pour les ateliers de retouches photo avec Gimp, la création de personnage en 3D avec Blender, la webradio avec Audacity ou pour le championnat de jeu vidéo organisé en 2011 avec le jeu d’Air Guitar Frets on Fire.
Au-delà des ateliers, les Espaces numériques des bibliothèques ont conclu des partenariats avec des associations de promotion du libre : nous avons ainsi organisé en 2008 une tournée du libre - l’Open tour - dans tous les espaces de nos bibliothèques, en partenariat avec l’association Framasoft afin de faire découvrir le libre à nos usagers. Nous organisons aussi très régulièrement avec l’ALDIL (Association Lyonnaise pour le Développement de l'Informatique Libre), le GPL (Groupe des Pingouins Libres) et des membres de communautés du libre, des conférences-débats sur le libre et des Install Party. Les usagers viennent avec leur ordinateur personnel et installent avec l’aide des bénévoles leur nouveau système d'exploitation sous Linux, la dernière suite bureautique LibreOffice, des logiciels de dessin, etc.
On a beaucoup parlé de logiciels, et le contenu ?
C’est le coeur du sujet ! La bibliothèque est un lieu essentiel pour découvrir et le contenu est donc au centre de nos missions et de nos ateliers. Par exemple, nous allons organiser en mars un atelier pour apprendre à mixer la musique avec le logiciel de montage sonore Audacity. Le but est de manipuler la musique, pas d’apprendre à utiliser le logiciel en tant que tel. Il reste l’outil indispensable à la réussite du projet, tout comme pour une recette de cuisine, on a besoin de connaître certaines fonctions des ustensiles qu’on utilise. L’important, c’est le résultat à déguster !
Qui dit musique dit droit d’auteur, qu’en est-il ?
Le libre ne concerne pas que le logiciel mais aussi les ressources. Là encore nous sommes au coeur des missions d’une bibliothèque qui met à disposition des documents, qui organise des conférences et des expositions gratuitement pour tous. Concernant le droit d’auteur et le piratage, nous avons une mission d’éducation aux pratiques bien sûr mais nous essayons surtout de mettre en avant ce qui est légalement disponible dans la bibliothèque et sur le réseau. À nous de faire découvrir les ressources disponibles dans nos fonds et en licences libres (creatives commons en anglais), c’est-à-dire des ressources tombées dans le domaine public ou mises à disposition par leurs auteurs selon certaines conditions.
Beaucoup d’usagers découvrent ainsi lors de nos séances qu’ils peuvent récupérer des images sur des sites comme FlickR pour faire découvrir l’oeuvre d’un auteur et illustrer leur propre travail. Lors d’ateliers sonores, nous avons utilisé la base d’enregistrements sonores Soundtransit et le catalogue de musiques Dogmazic. Un atelier consacré à ces ressources va justement être justement organisé cette année pour Libre en Fête.