Bibliothèque du 7e Jean Macé

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Retour sur Carnets mystérieux de la grande Guerre

Du 2 au 28 Juin, s’est tenue à la Bibliothèque Jean Macé, une exposition réalisée par une classe de 3è du collège Clémenceau. Tout au long de l’année scolaire, les élèves ont découvert la 1ère Guerre Mondiale à travers la Bande Dessinée. Ils ont effectué un travail de découverte de textes (à travers différents genres de la Bande Dessinée) ; un travail de création de scénario et de mise en image avec l’aide de l’auteur lyonnais Tian, pour un résultat final surprenant. Chaque groupe de 2 ou 3 élèves ont inventé une histoire mettant en valeur la 1ère Guerre Mondiale tout en respectant leurs origines et leurs cultures différentes : illustrations documentaires, d’inspiration manga, découpages et collages, crayonnés…

Voici en questions-réponses les impressions des différents acteurs de ce projet.

Questions aux professeurs de Français (Mme Yon) et d’Histoire-Géo (Mme de Barba) :

1- comment vous est venue l’idée de ce projet ?
Ce projet est né du souhait de montrer comment la Bande Dessinée, 9° Art, genre littéraire à part entière permet par le détour de la fiction de mettre en images et de transmettre la connaissance et la mémoire de la Grande Guerre .
Nos élèves ont découvert que la bande dessinée pouvait traiter la Grande Guerre à travers un regard réaliste, humoristique, fantaisiste et ont pratiqué la bande dessinée à travers un projet d’écriture : dessiner et écrire la mémoire des tranchées.

2- Pourquoi le support de la BD ?
Commémorer la Première Guerre mondiale à travers des lectures très variées et la réalisation d’une bande dessinée était pour nous un moyen
• d’ offrir une culture commune à tous.
• de découvrir la Grande Guerre de façon active et participer à la commémoration de son centenaire à l’échelle du collège
• d’aborder un genre littéraire à part entière, la bande dessinée, en partant de l’approche ludique qu’en ont les élèves.
• de dépasser l’aspect ludique : un sujet tragique abordé par un genre littéraire plutôt associé au comique.
• d’entrer dans la lecture de façon différente et parfois plus simple pour certains de nos élèves
• de permettre aux élèves de comprendre comment l’Histoire pouvait être représentée dans la BD : distinguer la fiction des éléments historiques et montrer que la BD peut être un véritable document d’Histoire.
• de montrer aux élèves que la BD n’était souvent pas la représentation de l’Histoire mais une représentation de l’Histoire (s’attacher alors à la connaissance de l’auteur et de ses motivations).

3- Comment avez-vous investi les élèves dans le projet ?
Les élèves ont dans un premier temps lu beaucoup de BD (de genres très variés), mises à disposition par le CDI et la Bibliothèque Jean Macé tout au long de l’année
En cours de français, nous avons fait une séquence intitulée « Raconter la Première Guerre Mondiale » au moment où les élèves abordaient la Grande Guerre en cours d’Histoire et où ils lisaient les BD.
Le cours d’Histoire a été conduit à partir de plusieurs supports visuels : images d’archives filmiques, cartes postales, extraits de films de fiction afin de pouvoir confronter plusieurs types d’image.
L’objectif de lecture (groupements de textes : extraits de lettres, de carnets, de romans) était :
• de distinguer la fiction du document authentique
• de découvrir des œuvres majeures écrites par des romanciers qui avaient eux-mêmes participé à la guerre (Dorgelès Les Croix de bois, Céline, Le Voyage au bout de la nuit, Barbusse, Le Feu)
• d’analyser leurs points de vue sur la guerre
• enfin de comprendre comment ces romans ont servi à transmettre la mémoire de la 1ère GM

L’objectif d’écriture en lien avec le Projet de la classe à PAC était d’écrire un scénario en binôme pour réaliser une planche de BD sur la 1ère GM.
Ce travail a été prolongé par deux lectures : un roman allemand, "A l’ouest rien de nouveau" de E. M. Remarque et une pièce de théâtre "Le Voyageur sans bagage" de Jean Anouilh
Les élèves ont ainsi pu beaucoup lire et écrire.

4- Que vous a apporté de travailler en interdisciplinarité ?
Travailler en interdisciplinarité a permis d’échanger avec les collègues : pour la réalisation de la BD chacune des disciplines étaient indispensables et complémentaires.
• Les connaissances historiques ont permis de contextualiser et de comprendre les récits et les BD lus.
• l’écriture du scénario en binôme ou trinôme a ensuite donné lieu à un séquençage en vue de la réalisation de la BD,
• cela a permis de voir comment on passe d’une histoire écrite à sa mise en image et en mots dans une planche de BD.
Nos séances ont été élaborées en concertation. Cela a été d’une grande richesse.

5- Par rapport à un cours classique, qu’apporte un tel projet dans vos matières respectives ?
Travailler en projet a permis d’avoir l’aide de Tian qui a apporté son savoir-faire pour élaborer le scénario et a permis de travailler en co-animation. Nous avons pu faire travailler les élèves en groupe et les découvrir autrement. Certains ont eu plus confiance en eux lorsqu’ils n’étaient pas seuls face à leurs « feuilles blanches ». Ils ont pu ainsi échanger des idées, écrire à plusieurs, faire des choix et enfin dessiner.
Faire travailler les élèves autour d’un projet permet de les inciter au cours de leurs échanges à se poser des questions, à aller plus loin dans leur recherche, à développer chez eux une curiosité culturelle, à découvrir leurs qualités, à prendre confiance et à chercher à se dépasser.

Questions aux élèves : Zoé, Lisa, Colette, Anaïs, Nada, Eva, Fatima, Noura et Nina ont pris le temps de nous répondre.

1- Etiez-vous déjà lecteur de BD ?
A part, Nina et Nousra qui n’était pas lectrice de BD, les autres jeunes filles lisaient toutes mais surtout des mangas.

2- Abordez l’histoire à travers un tel projet, est-il aussi enrichissant qu’un cours ?Nada et Eva ont trouvé que ce projet était moins enrichissant qu’un cours, il manquait les dates. Pour les autres élèves interviewées, elles ont trouvé cela plus amusant, elles ont acquis plus de connaissances sur le sujet.

3- En 3 mots, que vous a apporté ce projet ?
Nada : Chance, embrouille, fierté
Eva : intéressant, embrouille, satisfaction
Zoé : bon moment, dessiner
Lisa : perte d’heures de cours, dessiner, lire
Colette : place les bulles, cadrage, cases
Anaïs : dessiner, apprendre les décors
Fatima : découverte, culture
Nousra : Imagination, découverte, enrichissement
Nina : enrichissement, créativité, découverte

4- Le projet est original, vous a-t-il plu ? Pourquoi ?
Les réponses ont été mitigées. Ce projet leur a permis de découvrir un nouveau genre de BD, la BD historique. Pour celles qui aimaient dessiner, créer des histoires, ce projet leur a permis d’apprendre à créer une BD. Elles ont rencontré des difficultés à transformer une dissertation en image. Pour celles qui n’ont pas été satisfaites de ce projet, elles ont souffert d’un manque de liberté pour la sélection du scénario.

Questions à l’auteur Tian

1- Est-ce que c’est la première fois que vous travaillez avec des adolescents sur un tel projet ?
Non, depuis que j’ai sorti le tome 1 de "L’année du lièvre", beaucoup d’établissement scolaire ainsi que les médiathèques me sollicitent pour aborder les thèmes sur la guerre ou sur le totalitarisme. Du coup je suis amené à animer des ateliers autour de la BD historique.
Seriez-vous prêt à recommencer sur une autre thématique ?
Bien-sûr, beaucoup de sujets m’intéressent, j’ai commencé par un sujet historique mais cela ne me gêne pas de faire de la SF par exemple.

2- Que pensez-vous du travail final de ces jeunes ?
Je trouve l’exposition réussie, les élèves sont très motivés, ils ont beaucoup travaillé et donner une finalité à travers une publication collective et une exposition leur donne encore plus de motivation.

3- Pour vos projets editoriaux où en êtes-vous ?
Pour le moment je suis sur le dernier volet de mon album qui est le tome 3 de l’année du lièvre, mais j’espère passer à d’autres projets moins longs à porter.