Bibliothèque du 7e Gerland

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Cercle de lecteurs de la bibliothèque du 7e Gerland Annah Harendt

Samedi 12 décembre, le cercle de lecteurs de la bibliothèque de Gerland s’est réuni pour la première fois en visio-conférence, avec des participants très motivés pour parler de leurs coups de cœur. Voici les œuvres dont nous avons parlé et qui nous ont marqués :

Charlotte a évoqué la Bande dessinée de Salva Rubio et Pedro Colombo le photographe de Mauthausen, paru aux Editions le Lombard.
Comme beaucoup de ses camarades déportés dans le camp de Mauthausen, Francisco Boix ne pensait qu’à survivre à ce cauchemar éveillé. Mais lorsqu’il croise le chemin du commandant Ricken, esthète nazi des plus pervers, qui prend plaisir à photographier l’horreur, le jeune homme comprend qu’il tient là un témoignage unique. A condition de parvenir à faire sortir les photos du camp…
L’histoire vraie d’un témoin à charge du procès de Nuremberg, et de son combat pour la vérité et le souvenir. (source éditeur)

Antoine nous a présenté une BD qui lui a beaucoup plu, et qu’il a empruntée à la bibliothèque de Gerland : le sentier des Reines d’Anthony Pastor (Casterman).
Un road movie aventureux dans la France d’après 14-18.
Savoie, 1920. Blanca et Pauline ont vu leurs hommes rentrer de la guerre miraculeusement saufs, mais la chance tourne et ils meurent peu de temps après.
Les deux femmes décident alors de saisir leur destinée à bras-le-corps et quittent leur village.
La grande aventure commence : un chemin forcément initiatique, jonché d’obstacles, vers une libération sociale et humaine. (Source éditeur)

Pauline est en train de lire le livre l’hôpital qui se moque de la charité de Jean-Noël Fabiani (Editions les Arènes), et en a dit beaucoup de bien.
La fabuleuse histoire de l’hôpital du Moyen Âge à nos jours.
Vingt-huit histoires iconoclastes sur les médecins, les malades et l’hôpital.
Avec un goût prononcé pour l’anecdote et une maîtrise de l’art de la chute, le chirurgien et professeur Jean-Noël Fabiani raconte les grandes heures de l’hôpital et de la médecine française avec humour et érudition. (Source éditeur)

Camille bibliothécaire a présenté la Bande dessinée la Bombe de Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier parue en 2020 aux Editions Glénat.
Cette BD retrace l’incroyable histoire de la bombe atomique. C’est également une histoire illustrée des relations internationales de la première partie du XXe siècle. On y découvre les liens ténus qui relient les sciences et la technologie avec les problématiques géopolitiques. Difficile de ne pas faire de rapprochement avec les liens qui unissent en ce moment les décideurs politiques et la communauté scientifique.
L’histoire commence au début de la deuxième guerre mondiale. Les américains apprennent que les allemands font des recherches actives afin de développer une bombe à l’aide de la nouvelle technologie en vogue : l’énergie nucléaire. Afin de protéger la planète de cette arme ultime, ils décident de tout faire pour la construire avant les allemands, dans le seul but de créer un équilibre mondial et ainsi limiter le nombre de morts en mettant fin à la guerre.
Nous assistons donc à une course scientifique folle, avec comme point central Los Alamos, lieu stratégique du projet Manhattan.
Tout ceci est ultra documenté. Une BD fleuve de 472 pages qui nous emporte des mines d’uranium du Katanga jusqu’au Japon, en passant par l’Allemagne, la Norvège, l’URSS et le Nouveau-Mexique, c’est une succession de faits incroyables mais vrais qui se sont ainsi déroulés. Une histoire racontée à hauteur d’hommes : qu’ils soient décideurs politiques (Roosevelt, Truman), scientifiques passés à la postérité (Einstein, Oppenheimer, Fermi...) ou acteurs majeurs demeurés méconnus, tels Leó Szilàrd (le personnage principal de cet album, un scientifique qui remua ciel et terre pour que les USA développent la bombe, puis fit l’impossible pour qu’ils ne l’utilisent jamais).

En écoutant cette présentation, Antoine a immédiatement pensé à la série The Heavy Water War de Per-Olav Sørensen.
1943, l’Europe est en flammes. La Seconde Guerre Mondiale fait rage. Alors que l’Allemagne nazie entreprend de créer la première bombe atomique, une opération secrète s’organise afin de contrecarrer la menace. L’avenir du monde est en jeu…

Camille a rebondi en évoquant la très belle bande dessinée un printemps à Tchernobyl d’Emmanuel Lepage aux éditions Futuropolis, qui témoigne du voyage qu’a fait l’auteur au confins de la Bielorussie, aux portes de l’ancienne centrale nucléaire.
Le 26 avril 1986, le plus grave accident nucléaire du XXe siècle se produit à Tchernobyl, en Ukraine. Vingt-deux ans plus tard, jour pour jour, Emmanuel Lepage se rend sur les lieux de la catastrophe.
« On me donnait l’occasion de réaliser, pour la première fois, un reportage en dessin. Je ne serai pas seulement témoin du monde, mais "impliqué" ! Acteur ! Militant, quoi !
Dans ce métier, seul à gratter sur ma planche, j’ai souvent l’impression de voir le monde à travers une vitre. D’être "à côté". Cette fois-ci, le monde, je le sentirai dans ma peau ! Bien sûr, c’était risqué... Mais tellement excitant ! J’allais découvrir des terres interdites où rôde la mort. » (Source éditeur)

Camille a également beaucoup apprécié la lecture du roman de Julia Kerninon :
Liv maria paru en 2020 aux éditions de l’Iconoclaste.
L’autrice fait partie de ceux et celles qui pensent que la littérature ne laisse pas assez de place aux autrices. Ayant reçu une machine à écrire à l’âge de 5 ans, et avec des parents instituteurs, Julia Kerninon avait tout pour aimer s’approprier les mots et la langue. Dans ce nouveau roman, nous découvrons le destin fabuleux d’une femme détentrice d’un lourd secret (une agression sexuelle à l’âge de 17 ans). Fille unique de la taiseuse Mado Tonnerre, tenancière d’un bar sur une île bretonne et de Thure Christensen, marin norvégien, elle est victime d’une agression sexuelle considérée comme tabou par son entourage et est invitée par ses parents à fuir son lieu de naissance et d’enfance. Elle part à Berlin, et c’est le début d’un très long périple au cours duquel on découvre un personnage en perpétuelle fuite et découverte-réalisation d’elle-même (découverte du monde, découverte de l’amour et du plaisir charnel). Elle récolte autour d’elle au fur et à mesure tous les ingrédients du bonheur, dont un des ingrédients principaux : la liberté de vivre et de voyager, la liberté de se mouvoir, d’entreprendre, de tout défaire et recommencer, la liberté d’aimer, puis de se détacher.
Cette vie aux milles vies est une sorte de quête infinie en forme de fuite perpétuelle.
Qui est-on vraiment ? La fille de ses parents ? Le prolongement de l’enfant, de l’adolescente qu’on a été ? Le produit de sa culture, de ses lectures, de ses rencontres, de ses choix et expériences ?

Camille a enfin présenté un livre passé un peu inaperçu et pourtant assez marquant : Les amants météores de Eloïse Cohen de Timary (Editions JC. Lattès).
Un énième histoire d’amour ? Et non, pas seulement... Ce roman est surtout un magnifique portait de femme et tente de répondre à la question : Qu’est ce qu’une rencontre amoureuse ? L’autrice nous donne à sentir à quel point ce sentiment fait fi du passé, quand rien d’autre ne vaut plus la peine d’être vécu.
Marianne, une jeune journaliste de 34 ans décide d’interviewer Virgile, un jeune paysagiste, et là, les symptômes du coup de foudre se déclenchent et viennent chambouler leur quotidien. il est homosexuel, elle est une femme, et malgré tout, ils s’aiment tout de suite.
S’il est aussi question de fluidité dans les identités sexuelles et les identités de genre, pourtant, la question des identités queer n’est pas le sujet principal du roman.
De plus, le désir d’enfant est traité avec beaucoup de justesse et de finesse. Les modes de filiation sont interrogés avec subtilité et les descriptions de personnages sont étonnement fouillées.
C’est l’histoire d’une lutte inconditionnelle contre le destin. Ne cherchez pas dans ce roman de légèreté dans le fil de l’histoire et dans les péripéties, attendez-vous juste à être transportés dans une histoire dont vous ne maîtrisez rien.

Michèle nous a présenté l’oeuvre de Stefan Zweig, Les très riches heures de l’humanité (1927)
De même que l’artiste ne crée pas de façon continue, mais lors de rares moments d’inspiration, l’Histoire, selon Zweig, procède par bonds : une succession de faits banals est interrompue de loin en loin par des événements clés. Ce sont ces moments « d’une grande concentration dramatique, porteurs de destin, où une décision capitale se condense en un seul jour, une seule heure et souvent une seule minute », que Zweig a voulu illustrer à travers ces douze récits :
La Prise de Byzance (29 mai 1453)
La fuite dans l’immortalité (la découverte de l’océan Pacifique, 25 sept 1513)
La résurrection de Georges-Frédéric Haendel (21 août 1741)
Le génie d’une nuit (La Marseillaise, 25 avril 1792)
La minute mondiale de Waterloo (Napoléon, 18 juin 1815)
L’Élégie de Marienbad (Goethe, entre Karlsbad et Weimar, 5 septembre 1823)
La découverte de l’Eldorado (J.A. Suter, Californie, janvier 1848)
Instant historique (Dostoïevski, Saint-Pétersbourg, place Semenov, 22 décembre 1849)
Le premier mot qui traversa l’océan (Cyrus W. Field, 28 juillet 1858)
La fuite vers Dieu (Epilogue au drame inachevé de Léon Tolstoï « La lumière luit dans les ténèbres », fin octobre 1910)
La lutte pour le pôle Sud (capitaine Scott, 90° de latitude sud, 16 janvier 1912)
Le wagon plombé (Lénine, 9 avril 1917)

« Le premier mot qui traversa l’océan » est le récit épique de la première liaison télégraphique entre l’Europe et l’Amérique, qui propulsa l’humanité de la révolution industrielle à la révolution de l’électricité, première étape de l’accélération des échanges mondiaux, avant celle de la troisième révolution, numérique… Tout ceci grâce à la ténacité d’un financier américain visionnaire et passionné, Cyrus W. Field, qui sans se laisser décourager par les mésaventures qui en jalonnèrent les étapes successives, consacra sa vie et sa fortune à la réalisation de cette entreprise, jusqu’à la réussite, après des années d’efforts et d’essais infructueux, de l’ultime tentative pour poser un câble au fond de l’océan.
Michèle a été touchée par le talent de conteur inégalé de Stefan Zweig, qui n’a pas son pareil pour tenir le lecteur en haleine dans ces essais « documentaires » riches en péripéties, qui sont aussi de la meilleure littérature – vaut aussi pour le titre suivant, tout aussi haletant, où il est question d’un autre océan… le Pacifique.

Elle a également lu et apprécié Amerigo, Récit d’une erreur historique (1941) de Stefan Zweig,
Cette dénomination est le fruit d’une suite de hasards et de coïncidences historiques, sans qu’Amerigo ne soit ni un grand navigateur ni un grand imposteur... Il a eu le mérite de réaliser en premier que cette terre atteinte par Christophe Colomb n’était pas un morceau d’Asie, mais bien un ’monde nouveau’, et d’écrire des lettres à son patron Médicis sur ce thème.
Dans l’effervescence des découvertes et de leur diffusion, ses écrits ont été repris, déformés, transformés... jusqu’à ce qu’un petit géographe de Saint-Dié veuille intégrer ce ’monde nouveau’ à la cartographie de Ptolémée et propose pour cela l’appellation Amérique, sans chercher plus loin que le bout de son ’monde nouveau’. Amerigo était sans conteste au bon endroit au bon moment.

Michèle souhaite faire partager au groupe sa lecture récente de l’oeuvre de Christian Grataloup, L’invention des continents et des océans. Histoire de la représentation du monde (Larousse, 2020)
La figure de la Terre parait indiscutable. L’image de la planète, démultipliée par la presse et la publicité, délimite des formes familières que nous appelons « continents ». Leur évidence s’impose naturellement et nous n’avons que rarement l’occasion de la remettre en cause. Pour autant, rien de moins naturel. Au nombre de cinq si on est Français (Afrique, Amérique, Asie, Europe et Océanie). Mais pour un Britannique ou un Américain, il faut aller jusqu’à sept : on compte alors deux Amériques et on n’oublie pas l’Antarctique. Pour d’autres ce peut-être six, avec une seule Amérique. Grâce à une iconographie très riche qui comprend non seulement des cartes anciennes, mais aussi de nombreuses représentations artistiques, cet ouvrage entend montrer que le découpage des parties du monde est totalement un fait de culture et que les continents ont une histoire…

Michèle a également évoqué la biographie de Marie Curie par Marie-Noëlle Himbert parue chez Actes Sud.
Marie Curie était une femme insaisissable, cadenassée. Le récit de ses activités, parfois clandestines, durant la Première Guerre mondiale, éclaire d’un jour nouveau la face méconnue de ce personnage célèbre : son engagement et son humanité.
En août 1914, Marie Curie est une femme seule. Ses découvertes, ses deux prix Nobel sont derrière elle, et son époux Pierre est mort depuis huit ans. Ce qu’elle va entreprendre durant ces quatre années de guerre, sur les lignes de front, au plus près des blessés, la rappelle à la vie.
Elle fait acheminer vers l’avant, malgré le risque et contre les autorités, le matériel et les techniques des rayons X qui vont permettre la localisation, et donc l’extraction, des éclats d’obus.
Mais pour y parvenir, il lui faut tricher, défier les règles, se battre, et oser emmener sa fille Irène, dix-sept ans, sur les routes en guerre, puis la lâcher, seule, dans des hôpitaux de l’avant.
Bilan de cette guerre de Marie Curie : vingt voitures radiologiques sur le front, plus de deux cents postes fixes dans les hôpitaux, cent quatre-vingts manipulatrices radio formées dans son école. Plus d’un million de soldats furent secourus par ses installations, mille d’entre eux de ses propres mains. Elle révèle dans un texte inédit ce que ces faits de guerre lui ont apportés : “une grande douceur”.
Bien des archives consultées par Marie-Noëlle Himbert n’avaient jamais été exploitées ; certaines, issues des documents personnels de la famille du Pr Claudius Regaud, étant même jusqu’ici inconnues. Cent ans après, Marie Curie, sa fougue, son insolence, son génie viennent encore nous toucher. (Source Editeur)

Michèle nous a parlé de la pièce théâtre Les palmes de M. Schutz
Cette pièce décrit la vie de Pierre et Marie Curie et leurs rapports avec M. Schutz, le directeur de l’Ecole de physique et chimie où Pierre est chargé de cours.

Cette pièce a été adaptée au cinéma par Claude Pinoteau.

Retrouvez toutes ces œuvres dans les collections de la bibliothèque. Bonne lecture à tous !