Bibliothèque du 7e Gerland

Cercle de lecture de la bibliothèque du 7e Gerland Hannah Arendt

Samedi 8 décembre dernier, le cercle de lecture de la bibliothèque de Gerland s’est réuni une nouvelle fois pour échanger sur nos coups de cœur et nos dernières lectures.

Françoise a présenté le roman feel good :

Recettes d'amour et de meurtre [Livre]

Auteur : Andrew, Sally, 19..-....
Editeur : Flammarion

Tannie Maria, veuve, panique lorsqu'elle apprend qu'elle doit désormais se consacrer aux courriers du coeur du journal local de sa ville, à la place de sa chronique culinaire. Mais elle se rend compte qu'elle peut aider ses lecteurs en glissant des recettes dans ses conseils. Jusqu'à ce que l'une de ses lectrices soit assassinée. Tannie décide de mener elle-même l'enquête. Premier roman. ©Electre 2017

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Elle nous a également recommandé la lecture de :

Frère d'âme [Livre]

Auteur : Diop, David, 1966-....
Editeur : Editions du Seuil

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l'attaque contre l'ennemi allemand. Les soldats s'élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d'Alfa, son ami d'enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s'enfuit. Lui, le paysan d'Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l'effroi. Au point d'effrayer ses camarades. Son évacuation à l'Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d'ultime et splendide résistance à la première boucherie de l'ère moderne. (Source éditeur)

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Saoussane nous a fait l’éloge du roman :

Mille petits riens [Livre]

Auteur : Picoult, Jodi, 1966-....
Editeur : Actes Sud

Reconnue pour ses compétences d'infirmière et appréciée de ses collègues, Ruth Jefferson se fait interdire d'approcher le bébé d'un couple de suprématistes blancs, à la demande de ces derniers, à cause de sa couleur de peau. Quand le petit Davis Bauer meurt, Ruth est suspendue de ses fonctions. ©Electre 2018

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Elle a ensuite présenté le livre :

Nulle autre voix [Livre] roman

Auteur : Bey, Maïssa, 1951-....
Editeur : Ed. de l'Aube

Après quinze ans de prison pour avoir tué son mari, une femme algérienne retrouve une liberté illusoire dans une société patriarcale. Une chercheuse qui représente son exact opposé dialogue avec elle. A travers cet échange, elles dépassent leurs différences pour s'ouvrir l'une à l'autre. ©Electre 2018

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Edith, pour sa part, a lu et beaucoup apprécié :

Je suis une fille sans histoire [Livre]

Auteur : Zeniter, Alice, 1986-....
Editeur : l'Arche

Un pamphlet politique dans lequel la romancière, jouant avec les codes de la conférence littéraire, déconstruit avec humour les modèles canoniques dans la fabrique des histoires et la manière dont le patriarcat a façonné les grands récits depuis l'Antiquité. Partant de la Poétique d'Aristote dont elle révèle le sexisme, elle retrace la place des femmes dans la littérature. (c) Electre

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Marie a été conquise par la lecture de :

Le cerf-volant [Livre]

Auteur : Colombani, Laetitia, 1976-....
Editeur : Bernard Grasset

Laetitia Colombani reprend le fil de La Tresse dans un récit initiatique puissant et généreux. Brisée par un drame personnel, Léna abandonne la France et son poste d'enseignante pour partir en Inde, au bord du golfe du Bengale. Un matin, alors qu'elle nage dans l'océan, elle manque de se noyer. Une petite fille qui jouait au cerf-volant court chercher de l'aide. Comment la remercier ? Âgée de dix ans, la petite travaille dans un restaurant et ne sait ni lire ni écrire. Entourée d'un groupe de filles du village et de leur cheffe, la tumultueuse Preeti, Léna se lance dans un incroyable projet : fonder une école, pour tous les enfants du quartier qui en sont privés. Au coeur d'une Inde tourmentée commence une aventure où se mêlent l'espoir et les désillusions, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l'éducation. (Source éditeur)

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Elle a également présenté le roman policier :

Avant les années terribles [Livre]

Editeur :

Arrivé à Barcelone encore adolescent, Isaïe a lutté d'arrache-pied pour gagner son droit au bonheur. Il s'apprête à connaître les joies de la paternité et pense avoir tourné le dos pour toujours à une Afrique féroce qui embrigade des enfants. Quand il reconnaît, dans l'embrasure de la porte de son atelier, un ancien camarade (ou plutôt frère d'armes), il perçoit d'instinct que sa paisible existence vient de voler en éclats. L'émissaire exerce désormais des fonctions officielles, et Isaïe se laisse convaincre de retourner en Ouganda afin de participer à une conférence sur la réconciliation nationale. Pour retrouver sa femme, enlevée quelques jours après qu'ils ont atterri à Kampala, il devra à nouveau tromper, tuer et trahir. Plonger encore au coeur des ténèbres, au risque comme Kurtz de s'y perdre, "d'aimer l'obscurité, entrée dans ses veines". L'homme d'aujourd'hui doit apprendre à pardonner à l'enfant d'hier, celui des années terribles. Mais Isaïe est à présent l'appât chargé de faire sortir du bois les anciens leaders de l'Armée de résistance du Seigneur de Joseph Kony, qui fomentent un coup d'État depuis le Congo voisin. Il lui faudra choisir non pas entre le bien et le mal mais entre le mal et le pire, et savoir si l'on peut être victime sans être innocent. L'auteur excelle ici comme jamais à explorer la zone ténébreuse et sauvage fichée dans le coeur des hommes. (Source éditeur)

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La fiancée gitane [Livre]

Auteur : Mola, Carmen, 1973-....
Editeur : Actes Sud

Quand elle rentre à l'aube, fourbue, éméchée, la voix éraillée par sa nuit dans les bars de karaoké, dévastée par la tristesse de la chair assouvie furtivement avec des inconnus, Elena Blanco a un rituel : examiner pendant des heures les images d'une caméra de surveillance placée devant la porte cochère de son immeuble. Qui craint-elle de voir ? Ou, plutôt, qui plus que tout au monde voudrait-elle voir ? Une affaire non résolue pour cette enquêtrice hors pair, la seule dans sa carrière. Mais c'est bien plus qu'une affaire, c'est un drame personnel qui a brisé sa vie et qui hante chaque seconde de son existence. Pour l'heure, il lui faut éloigner ses démons et aller de l'avant car l'antenne de police qu'elle dirige à Madrid se trouve saisie d'un cas bien étrange : le meurtre d'une gitane disparue après l'enterrement de sa vie de jeune fille. La mort, d'un sadisme avéré, a manifestement été donnée par un esprit effroyablement retors. Le mode opératoire n'est pas sans rappeler un crime survenu sept ans plus tôt, et dont la victime n'est autre que Lara, la soeur de la gitane, qui s'apprêtait elle aussi à épouser un gadjo. Pourtant, l'assassin de Lara est déjà sous les verrous. De fausses pistes en indices délusoires, dans des sites madrilènes illustres ou mystérieux mais tous chargés d'histoire, l'auteur déplie une intrigue horrifique avec une exemplaire économie d'effets ; et porte sur les fonts baptismaux un nouveau personnage promis à un bien bel avenir. (source éditeur)

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Enfin, Camille bibliothécaire a présenté trois de ses coups de coeur :


La plus secrète mémoire des hommes
de Mohamed Mbougar Sarr
Editeur : PHILIPPE REY , 2021
Diégane, le narrateur, un écrivain sénégalais qui vit à Paris, est à la recherche de T.C. Elimane, l’auteur du Labyrinthe de l’inhumain, livre fantomatique qu’il a découvert par hasard et qui a changé sa vie et sa conception de la littérature. Dans cette fresque au long cours, les personnages sont nombreux et les temporalités multiples.
Dans un mélange savoureux de vrais et de faux écrivains, Mbougar Sarr rend hommage à Yambo Ouologem. Auteur d’un livre ayant reçu le prix Renaudot en 1968, il a ensuite été accusé de plagiat et ne s’en est jamais remis. Il s’est alors enfermé dans le silence. Pourtant, son œuvre était justement basée sur une mise en corrélation, une articulation de plusieurs œuvres pour en créer une nouvelle.

Si les récits enchâssés les uns dans les autres nécessitent une grande attention de la part du lecteur, celui-ci ne sera pas déçu. L’auteur soulève en effet de multiples questions toutes plus fascinantes les unes que les autres. Quel lien persiste entre la vie d’un écrivain et son œuvre ? Quelle est la meilleure manière de faire la révolution : l’affrontement, l’infiltration ? Le suicide ? A quel point le passé nous habite et façonne notre présent ? Qu’est-ce que la littérature si ce n’est un éternel plagiat, un palimpseste infini.
Voici un livre admirable et exigeant, qui nous fait grandir en tant que lecteurs.


Notes sur le chagrin
de Chimamanda Ngozi Adichie
Editeur : Gallimard , 2021
Comment dire adieu à son père quand on s’appelle Chimamanda Ngozi Adichie, que l’on est en 2021 en pleine crise sanitaire, qu’on est bloqué aux Etats-Unis et que le père est au Nigéria ?
Ce deuil empêché et solitaire que vit l’autrice dégage en elle une énergie phénoménale, doublée par la douleur causée par la pandémie mondiale de Covid-19. Face à cet enfer et à ce déferlement de douleur, l’écrivaine se retrouve démunie de toute formation, de toute expérience en la matière.
Au travers de ces notes sur la perte, on suit avec elle les différentes étapes par lesquelles elle est passée, qui vont du déni profond, à l’acceptation du souvenir en passant par le rejet total de la réalité. Ce que l’autrice appelle « la tyrannie du chagrin ». Ces courts chapitres sont écrits comme des sanglots intermittents. On appréciera la concision du texte. Il n’y pas besoin d’un mot de plus. C’est une trace de ce choc, un témoignage dans lequel beaucoup d’entre nous se retrouveront.
Ces notes de Chimamanda Ngozi Adichie sont enfin un magnifique hommage à son père, une déclaration d’amour splendide envers cet homme adulé, chéri qui a eu et aura toujours, une immense influence sur elle.


L’île des âmes
de Piergiorgio Pulixi ; traduit de l’italien par Anatole Pons-Reumaux
Editeur : Gallmeister, 2021
«  Des cinq policiers affectés à l’enquête sur le meurtre de Dolores Murgia, je suis la seule encore en vie. » Dans ce prologue, on ne sait pas qui parle, et on ne le comprendra que très tard.
Premier roman traduit en français de Piergiorgio Pulixi, l’île des âmes est la première intrigue qui rassemble deux enquêtrices au parcours et au profil très différents. Mara Rais et Eva Croce ne se connaissent pas mais se trouvent toutes les deux mutées au département des “crimes non élucidés” de la police de Cagliari en Sardaigne. Un troisième personnage vient se greffer à ce duo : Moreno Baralli, inspecteur en chef atteint d’une maladie dégénérative. Ce dernier a dû supporter pendant toute sa carrière de ne pas résoudre une série de crimes rituels : deux jeunes femmes retrouvées égorgées sur des sites nuragiques (l’une en 1975 et l’autre 1989), dans une mise en scène qui laisse supposer un crime rituel. Quand une jeune fille disparaît, les enquêteurs ne tardent pas à faire le rapprochement avec les meurtres non résolus.
Comment s’en sortir dans un univers professionnel empli de masculinité toxique et de petits arrangements ? Chacun des personnages porte à sa manière un secret qui ne l’empêchera pas de faire avancer cette intrigue très bien ficelée.
Le récit, parfaitement maîtrisé, est mêlé de descriptions très évocatrices de la Sardaigne et du milieu agraire. Les scènes d’action succèdent aux scènes lyriques de manière très rythmée. On ne relâche jamais la tension. Les mystères établis au départ se dévoilent progressivement. Le mysticisme ancré dans les traditions sardes créé une ambiance d’ombre et de lumière qui en fait un roman très particulier que l’on n’oubliera pas de sitôt. On espère que ce duo d’enquêtrices au tempérament si différent mais au final très complémentaire se prolongera dans d’autres romans à venir.