Georges Franju

Les yeux sans visage

Dans le cadre de l’exposition dans l’œil, Collection d'art contemporain de la BML qui a lieu dans la galerie de la Part-Dieu du 3 novembre 2026 au 27 février 2027, un film qui a ébloui notre rétine ! Les yeux sans visage sont ceux d’une jeune femme retenue captive par son père mu par le dessein de réparer l’irréparable. Vivre masquée ou défigurée, l’histoire horrifique mènera l’héroïne et les spectateurs.trices vers une réponse d’une somptueuse beauté.

Jeune femme dont seuls les yeux sortent d'un masque couvrant son visage

Victime d’un accident de la route, une jeune fille est défigurée et porte un masque duquel seuls ses yeux sont offerts au regard de son entourage proche.

Ne sortant pas de son manoir-prison, sous la garde de son père chirurgien blessé par ce qui a meurtri la chair de sa fille au point de devenir criminel, son destin semble dépendant de l’éventuelle réussite de la quête que le père estime libératrice pour la jeune blessée bien qu’intrinsèquement monstrueuse et révélation terrifiante d’une chute irréversible dans la folie.

D’une esthétique sublime, le film oscille entre conte fantastique, thriller et essai philosophique au charme merveilleusement étrange. Pierre Brasseur est magistral dans le rôle du père aimant, bien trop aimant, jusqu’à en devenir claustrateur aliénant et aliéné. Alida Valli en assistante dévouée rongée par la culpabilité campe un personnage énigmatique dont l’aspect rigide s’effrite peu à peu. Et puis il y a Edith Scob, qui incarne divinement la prisonnière gracile dont la grâce et les émotions à fleur de masque transpercent l’écran.

Chef-d’œ-il-uvre.