Gryphe n° 24 (avril 2014)

Le numéro 24 de Gryphe, revue de valorisation patrimoniale de la BmL, contient un dossier spécial consacré à l’histoire de certaines innovations et créations en région Rhône-Alpes, en écho à l’exposition "Une fabrique de l’innovation : Trois siècles de révolutions industrielles en Rhône-Alpes". Dominique Varry y propose un article sur quelques innovations les plus marquantes de l’imprimerie lyonnaise au fil des siècles. Au XVe siècle, le premier livre « typographique » français illustré de bois gravés sort en effet des presses lyonnaises, premier né d’une activité prospère. Cinq siècles plus tard, Lyon pourra se vanter d’être le berceau de la Lumitype, photocomposeuse qui en dématérialisant la lettre d’imprimerie annonce déjà la fin de l’ère des caractères typographiques en plomb. L’article de Louis André s’intéresse pour sa part à l’industrie papetière ardéchoise et dauphinoise, ainsi qu’à Lyon comme centre de consommation de papier et relais de la production régionale. Laurent Guillo, lui, nous relate l’histoire des Augustaux, caractères typographiques inspirés des inscriptions romaines, que l’imprimeur lyonnais Louis Perrin (1799-1865) met à l’honneur dans ses éditions. Enfin, un tout autre domaine d’excellence s’épanouit dans la région au XIXe siècle : la création de roses. Pour nous mettre au parfum, Pierrick Eberhard revient précisément sur cet âge d’or qui, entre les années 1850 et la fin de la Belle Époque, voit un nombre impressionnant de nouvelles variétés de roses « obtenues » en région lyonnaise.

Ce 24e numéro contient également deux articles portant sur le thème des luttes et exils au XIXe siècle. Cette période est en effet marquée par de nombreux épisodes de grèves et de mobilisations dans le monde ouvrier. Jean-Luc de Ochandiano s’intéresse dans son article à l’histoire des migrants de la maçonnerie lyonnaise et nous explique comment ces ouvriers se sont organisés pour défendre leurs droits et obtenir des meilleures conditions de travail. Pour finir, dans un tout autre registre, Dario Arce Asenjo s’arrête pour sa part sur le destin tragique de quatre Indiens Charruàs d’Uruguay, qui furent « exposés » en France au cours de l’année 1833. Ils comptaient parmi les derniers survivants de leur ethnie presque intégralement massacrée à peine deux ans plus tôt, en avril 1831.