Gryphe n° 28 (décembre 2018)

Demain notre patrimoine

JPEGL’idée de patrimoine est si intimement liée à la notion de passé qu’on en oublierait parfois que ce patrimoine se bâtit aussi aujourd’hui pour demain. C’est tout le propos de ce numéro de Gryphe qui donne à voir (une partie) des dernières années d’acquisitions ; et ce au moment où les travaux du silo sont lancés pour requalifier des magasins, lieux de conservation de ces richesses, vieux de plus de quarante années (soit des siècles pour un bâtiment des années 1970).
Ce patrimoine de demain, nous le construisons donc aujourd’hui sur une ambition : être témoin et garder traces de l’activité (culturelle, artistique et scientifique) de notre époque à Lyon ; et sur des principes : ceux de la diversité des sources, des supports, des contenus. Des manuscrits médiévaux aux gravures d’art du 21e siècle, des photographies régionales aux archives littéraires, des albums illustrés pour la jeunesse à la musique enregistrée, nulle limite a priori au champ patrimonial en constitution mais tout de même des lignes directrices qui sont ici rappelées en quelques articles et illustrées par de nombreux focus sur telle ou telle partie des collections.

Ce patrimoine en construction est aussi affaire de générosité et de liens tissés : Michel Chomarat l’illustre en convoquant la figure et la mémoire de Robert Vial dont les documents viennent rejoindre sa propre collection déposée à la BmL depuis 1992. De même, les héritiers d’Edouard Herriot, en donnant ses papiers personnels, transmettent des éléments qui contribuent à mieux cerner celui dont la vision et la volonté politiques ont permis dès 1915 la constitution d’un fonds sur le conflit mondial en cours, fonds mis en valeur lors de ces dernières années de commémoration.
Remercions donc en conclusion de ce bref propos et en ouverture de ce numéro la Ville de Lyon qui à travers sa bibliothèque a voulu ce patrimoine, les généreux donateurs aussi, les institutions publiques et privées partenaires et bien évidemment toutes les équipes de la bibliothèque municipale de Lyon qui œuvrent chaque jour à la conservation, à la valorisation et donc aussi à « l’invention » de ces précieux et rares fonds patrimoniaux.

Gilles Eboli