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Nos collections patrimoniales couvrent l’ensemble des champs du savoir. Elles rassemblent des documents d’une grande diversité, par leur nature (imprimés, manuscrits, photographies…) comme par leur date de production (de la période mérovingienne à nos jours).

Fonds musical et sonore

Livres anciens, Musique

En 1713, un groupe de beaux esprits, savants, littérateurs et notables lyonnais, décide de se réunir une fois par semaine, pour le seul plaisir de faire de la musique. L’Académie des Beaux-Arts est née, dont les concerts vont devenir jusqu’en 1773, une composante essentielle de la vie musicale lyonnaise.

Un inventaire conservé de la bibliothèque de l’Académie, qui mêle partitions manuscrites et musiques imprimées, toutes ornées d’un élégant cachet, signale cinq cents motets, cent cinquante opéras, des cantates, de la musique de chambre... Les compositeurs français, italiens sont à l’honneur, de Lully à Campra, de Corelli à Rameau, de Gluck à Pleyel. Sans oublier les Lyonnais comme Jean-Marie Leclair. Arrachée aux griffes du temps, cette collection historique est aujourd’hui en grande partie conservée à la Bibliothèque. Elle est le pivot d’un fonds musical d’importance, à commencer par quelques impressions rares de l’imprimeur Jacques Moderne (env. 1500 - env. 1568), qui rappellent que Lyon fut sous la Renaissance, après Paris, le deuxième centre de typographie musicale en France. Récemment, a été acquis un exemplaire des Misse familiares de 1530, complètement inconnu jusqu’à présent, qui représente la première impression musicale de Moderne, au moyen de neumes, il est vrai, et non de notes.

Autre composante : le fonds Becker. Acheté en 1894 à ce musicologue suisse (1834-1928), il fait la part belle aux traités et écrits sur la musique édités du XVIe au XIXe siècle, mais aussi à des partitions de musique instrumentales du XVIIIe siècle et à la musique spirituelle allemande, helvétique et hollandaise des XVIIe et XVIIIe siècles.

Eclectique quant à ses supports, le fonds musical s’est aussi largement ouvert au disque, en particulier aux vieilles cires, à travers plus de 2 000 enregistrements (78 et 33 tours) bien souvent supprimés des catalogues commerciaux et jamais réédités, avec une prédilection pour les petits tirages, les enregistrements privés, les labels disparus... L’opéra y voisine avec le jazz, le rock, les textes parlés, les bruitages et de nombreux documents ethnologiques, allant des disques de patois savoyard, aux chants des Indiens enregistrés par une ethnologue américaine, au début de ce siècle.
A cela s’est ajouté en 1993 le fonds discographique de France 3 Rhône-Alpes-Auvergne, soit 80 000 disques (78, 33, 45 et 80 tours), où là aussi triomphe l’éclectisme, au gré des époques, des labels et des supports.

Plusieurs bandes magnétiques y conservent des fragments d’actualité locale devenue de l’Histoire : les premières greffes d’organe, les élections présidentielles de 1981 vues de Lyon, le maire Louis Pradel parlant du nouveau quartier de la Part-Dieu... En 1996, une vente publique permit l’acquisition d’un ensemble de plusieurs milliers de photographies, pellicules et diapositives, prises lors des représentations données à l’Opéra de Lyon entre 1933 et les années 1960, par un mélomane photographe amateur : Louis Poulin. Un témoignage d’importance sur les gloires du chant comme Georges Thill ou Ninon Vallin, mais aussi sur l’évolution des mises en scène pendant un tiers de siècle.

Tout récemment, c’est le Conservatoire National de Région de Lyon qui vient de confier à la bibliothèque un stock d’archives musicales associant partitions manuscrites et imprimées, revues tel le légendaire Ménestrel, et livres sur la musique. Nombre de pièces autographes émanent des directeurs successifs de l’institution comme les compositeurs Florent Schmitt, Ennemond Trillat, ou Augustin Savard dont plusieurs partitions autographes figurent dans le fonds, à commencer par celles de sa Deuxième symphonie et de son opéra La Forêt. De la même source sont arrivées les archives personnelles de Léon Vallas, musicologue, écrivain et conférencier. Il suivit la vie musicale lyonnaise pendant la première moitié du XXe siècle comme critique à la plume particulièrement acerbe, dans divers journaux comme Le Progrès, fonda l’incisive Revue Musicale de Lyon, devenue en 1912 la Revue Musicale de France, écrivit des biographies remarquées de Franck, Debussy et d’Indy, dont les manuscrits figurent dans ces fonds qui dépassent le millier de pièces.