QUELLE CATASTROPHE !
L'invention du désastre médiatique

EXPOSITION DU 20 JANVIER AU 7 MAI 2005

à l'Espace Patrimoine
de la Bibliothèque de la Part-Dieu, 69003 Lyon
ouverte du mardi au vendredi de 10h à 19h,
le samedi de 10h à 18h
entrée libre

commissaires d'exposition
Denis Reynaud

   

jeudi 20 janvier à 18h30

Lisbonne, Auschwitz, Hiroshima, New York, Kyoto
Un voyage philosophique au pays de la catastrophe

Conférence de Jean-Pierre Dupuy, professeur de philosophie sociale et politique à l'École polytechnique et à l'université de Stanford (États-Unis).

Peu connu du grand public, Jean-Pierre Dupuy compte certainement parmi les quelques penseurs français - avec Edgar Morin, Michel Serres, René Girard, Henri Atlan - qui ont contribué, durant ces vingt dernières années, à modifier profondément notre vision du monde, après des siècles de cartésianisme et d'esprit centralisateur.
De formation scientifique, économique et philosophique, Jean-Pierre Dupuy a su mettre en lumière l'importance irréductible de la complexité telle qu'elle se manifeste dans d'innombrables phénomènes, physiques, biologiques ou sociétaux. Des phénomènes où rien ne se passe de façon mécanique, prévisible et linéaire, mais dans lesquels l'auto-organisation de structures émergentes (le climat, les cours de la bourse, la panique, la pensée elle-même…) procède, bien souvent, de ruptures, de "catastrophes".
Notre planète étant, par définition, un système complexe, lourd de catastrophes à venir, une telle approche est, on ne peut plus, stimulante. C'est pourquoi la Bibliothèque municipale est particulièrement heureuse d'accueillir Jean-Pierre Dupuy pour une rencontre qui promet de faire date.
Patrick Bazin, directeur

Lisbonne, Auschwitz, Hiroshima, New York, Kyoto
Cette liste de noms évoque une série de catastrophes majeures qui ont changé, les unes après les autres, nos manières de penser les rapports qui nous unissent au monde, à la nature et à nous-mêmes - le dernier renvoyant, non pas au fameux protocole mais au désastre planétaire qu'il annonce en s'efforçant timidement - dérisoirement - de le prévenir. Les concepts de Dieu, de Providence, de destin, de hasard, d'accident, de tragique, de mal ou d'injustice en ont été successivement bouleversés.
Mais n'y a-t-il pas quelque abus à rapprocher de cataclysmes géologiques ou climatiques des actes qui relèvent de la violence des hommes ou de ce que Kant appelait le mal radical ? Et, cependant, que reste-t-il de la coupure entre nature et culture lorsque le terrorisme s'efforce de singer l'indifférence d'un tremblement de terre ? Que subsiste-t-il de la notion moderne, en principe libre de valeurs, de hasard ou d'aléa lorsque la sécurité du monde a dépendu, pendant plusieurs décennies, d'une représentation de l'apocalypse nucléaire comme, à la fois, accident et destin ? Où chercher la transcendance après Auschwitz ?

Jean-Pierre Dupuy dirige au sein de l'École Polytechnique, le GRISÉ (Groupe de recherche et d'intervention sur la science et l'éthique). Il a publié récemment La Panique (Les Empêcheurs de penser en rond, 2003) ; Pour un catastrophisme éclairé (Le Seuil, 2002) ; Avions-nous oublié le mal ? Penser la politique après le 11 septembre (Bayard, 2002). Il est membre du Conseil général des Mines et de l'Académie des technologies.

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