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20 mai - 23 août 2014

Thématiques et œuvres


Manuscrits, trésors uniques

Tout semble opposer ce livre d’heures du XVIe siècle, commande somptueusement enluminée d’un roi pour une reine, et cette pauvre lettre écrite de prison sur du mauvais papier par un écrivain à l’époque inconnu…


Et pourtant, le Livre d’heures de Marie d’Angleterre comme la lettre de Jean Genet, tous deux réalisés à la main, sont chacun à leur façon un témoin unique, révélateur de leur auteur, de leur entourage, de leur temps, reflets d’un art ou d’une œuvre achevée, ou en cours d’élaboration.


Au fil des siècles, le manuscrit a changé de statut. Durant l’Antiquité et le Moyen Âge, principal vecteur écrit de transmission de la pensée, il reste coûteux. La gamme est cependant large entre manuscrit courant et manuscrit d’apparat, dont la conservation est le plus souvent mieux assurée. Et pourtant, d’un manuscrit sans doute complet du texte biblique, il ne nous reste plus que les premiers livres, avec le Pentateuque lyonnais du VIe siècle. De même, le manuscrit du De Laudibus Sanctae Crucis de Raban Maur, dont l’originalité et l’ingéniosité firent déjà au IXe siècle l’admiration de tous, avait perdu quelques tableaux lorsqu’il entra au XVIIIe siècle dans les collections lyonnaises. Le Décret de Gratien bolonais du XIVe siècle a en revanche conservé la surabondante variété de ses enluminures !


L’apparition de l’imprimerie sur caractères mobiles en Europe vers 1450, dont témoigne ici un cahier de la Bible de Gutenberg, devait renouveler la place prise par le manuscrit. Tout en restant d’usage courant jusqu'à nos jours, il exerce à partir du XVIIIe siècle un attrait sur les collectionneurs qui s'intéressent aux écrits d’artistes, écrivains et savants.


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Livre d’heures, à l’usage de Rome
[manuscrit en latin, 95 feuillets sur vélin]

Livre d’heures, à l’usage de Rome

Livre d’heures, à l’usage de Rome
[manuscrit en latin, 95 feuillets sur vélin]
v.1500-1505
Ms 1558, f 7v-8
© collection Bibliothèque municipale de Lyon


Livre d’heures, à l’usage de Rome

© collection Bibliothèque municipale de Lyon

Double-page représentant saint Jérôme en pénitent devant un Christ en croix, et le lion du saint gardant un âne, avec un riche encadrement à fleurs et insectes réalisé en pleines couleurs.

L’œuvre est attribuée au Maître de Claude de France, artiste lié à la cour de France, sans doute réalisé vers 1515 au moment où ce petit livre d’heures fut offert par le roi Louis XII à Marie d’Angleterre, sa dernière femme. Cette peinture complétait un ensemble de seize grandes et vingt-deux petites miniatures réalisées une dizaine d’années plus tôt par Jean Poyet, artiste tourangeau actif de 1483 à 1503, qui a travaillé successivement à la cour de trois rois de France : Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Le Maître de Claude de France emprunte le motif de chapelet pendant cher à Poyet. Les couleurs sont utilisées en une sorte de camaïeu. Les miniatures sont encadrées d’éléments d’architecture qui les assimilent à des retables et les putti dans les marges approchent le style de la Renaissance italienne.

À l’occasion de son troisième mariage avec Marie Tudor, Louis XII fait remanier ce livre d’heures en y ajoutant des miniatures de Jean Bourdichon et du Maître de Claude de France. Marie d’Angleterre l’offrit en 1530 à son frère Henri VIII.

Ce livre fut magnifiquement relié par Simier au XIXe siècle.

Legs Jean Baptiste Charvin, rentier et bourgeois lyonnais, à la Ville de Lyon en 1842.


Ex-libris
« Your louffing frend and evere volebe dowryng my lyffe Marie, the french queen »

(Votre amie et qui le restera toujours durant ma vie, Marie la reine de France)


« Henrico, ejus nominis octavo, Anglie et Francie regi illustrissimo, Maria, Francorum regina, ejus soror serenissima, hunc librum D.D. 1530 »
(Marie reine de France, sa sœur sérénissime, a donné ce livre en 1530 à l’illustrissime Henri, huitième du nom, roi de France et d’Angleterre)

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Ms 1558 : Ange tenant un calice et une hostie, numérisé sur Numelyo

Ms 1558 : Annonce aux bergers, numérisé sur Numelyo

Base Provenance : Marie d'Angleterre, reine de France, 1496-1534

Base Provenance : Henri VIII, roi d'Angleterre, 1491-1547

Base Provenance : Jean-Baptiste Charvin, 1....-1842

Vidéo de présentation d'une Heure de la découverte sur le livre d'heures de Marie d'Angleterre


Lettres autographes signées adressées à Marc Barbezat le 8 novembre et le 28 décembre 1943 [manuscrits]
Jean Genet (1910-1986)

Lettres autographes signées adressées à Marc Barbezat le 8 novembre et le 28 décembre 1943

Lettres autographes signées adressées à Marc Barbezat le 8 novembre et le 28 décembre 1943 [manuscrits]
Jean Genet (1910-1986)
Ms 6904
© collection Bibliothèque municipale de Lyon


Lettres autographes signées adressées à Marc Barbezat le 8 novembre et le 28 décembre 1943

© collection Bibliothèque municipale de Lyon


Lettres autographes signées adressées à Marc Barbezat le 8 novembre et le 28 décembre 1943

© collection Bibliothèque municipale de Lyon

Deux des premières lettres de Jean Genet, alors inconnu et emprisonné à la Santé à la suite d'un vol de livres dans une librairie, adressées à Marc Barbezat (1913-1999), héritier du laboratoire lyonnais pharmaceutique Gifrer-Barbezat, qui fonde en 1941 la maison d’édition L’Arbalète. C'est de sa cellule que Jean Genet remit à Olga Barbezat, l’épouse de Marc, son premier manuscrit à publier, un poème intitulé Le Condamné à mort. Marc Barbezat a publié par la suite au total onze livres de

Jean Genet, dont les célèbres Notre-Dame des Fleurs, Miracle de la Rose et Les Bonnes


Marc Barbezat se porta garant auprès des autorités de police pour obtenir la libération de l'écrivain qui eut lieu en 1944.


Ces lettres marquent le début d’un échange épistolaire qui dura vingt ans et témoigne de la relation éditoriale, puis amicale, qui s’établit entre les deux hommes. Elles font partie d’un ensemble de 193 pièces acquises par la Bibliothèque municipale de Lyon en 1999 et conservées sous la cote Ms 6904. Elles ont été publiées dans Jean Genet, Lettres à Olga et Marc Barbezat, Marc Barbezat, L’Arbalète, 1988.


Texte de la lettre du 8 novembre 1943 adressé à Monsieur le Directeur de l’Arbalète, 8, rue Godefroy, Lyon, Rhône :


Monsieur,
Monsieur Jean Cocteau et monsieur François Sentein m’ont écrit pour me dire que vous accepteriez de rendre publics quelques-uns de mes textes, mais vous ignorez qu’ils sont impubliables pour toutes sortes de raison. Monsieur Denoël (dont je n’ai eu qu’à me plaindre car c’est un très vilain monsieur) lui-même ne consentait à vendre un de mes livres appelé Notre Dame des Fleurs, que sous le manteau, et encore en enlevant mon nom de la couverture.
Mais Sentein me parle de vous avec beaucoup de sympathie, et il me dit, de vous : « Ce n’est pas un Denoël ». Je vous écris donc pour vous demander de voir ma production, l’examiner d’une façon sérieuse, afin de vous décider. Mais avant tout je veux vous prévenir qu’une seule chose m’intéresse, c’est d’avoir de l’argent. On peur fort bien publier mon livre dans cent ans, je m’en fous, mais j’ai besoin de fric. Je mène une vie qui me conduit trop souvent en prison, d’où je vous écris – et je suis passible de la relégation perpétuelle. Donc si vous avez l’occasion de venir à Paris, voulez-vous passer 5, rue de la Ferronnerie, chez M. Jean Decarnin. Il vous prêtera les épreuves de N.D. des Fleurs que j’ai retirées à M. Denoël. Vous les lirez et les rendrez à J. Decarnin. Mais je tiens à ceci : conservez secrète cette lecture, et si nous faisons quelque affaire n’en parlez pas, fût-ce à monsieur Jean Cocteau dont le talent est très grand et la droiture parfaite mais que sa sollicitude à l’égard d’un livre qu’il dit aimer un peu entraîne à perdre de vue les intérêts de son auteur, qui existe aussi.
Dans un mois 1/ 2peut-être, j’aurai fini un petit livre de 100 à 150 pages : « Miracle de la Rose ». C’est l’aventure merveilleuse des 45 derniers jours d’un condamné à mort. Merveilleuse, vous comprenez.
Après mes souvenirs, romancés à peine – pas du tout même – sur Mettray. Voilà.
Mais dites-moi bien franchement ce que vous pensez de N.D. des Fleurs. On verra à ma sortie ou avant. Je sors le 25 décembre.
Au revoir, monsieur.
Je vous serre très gentiment la main.


Jean Genet
1ère division, cellule 27. 42, rue de la Santé, Paris 14e.


Lettres acquises lors de la vente du 5 mars 1999 de la collection Marc Barbezat - Paris, Drouot Richelieu.

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- Jean Genet dans les collections de la BmL

- Exposition virtuelle sur le site de la BmL : Genet ni père ni mère, La vie et l’œuvre de Jean Genet dans les collections de la Bibliothèque de Lyon, 15 février - 11 juin 2011

- Biobibliographie de Jean Genet réalisée par la BnF (décembre 2010)

- Jean Genet sur France Culture (une série d’émissions à l’occasion du centenaire de sa naissance, en 2010)


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Décret de Gratien et son commentaire par Barthélémy de Brescia [manuscrit sur parchemin, en latin, 319 feuillets à deux colonnes], probablement réalisé à Bologne, vers 1335-1340

Décret de Gratien et son commentaire par Barthélémy de Brescia

Décret de Gratien et son commentaire par Barthélémy de Brescia [manuscrit sur parchemin, en latin, 319 feuillets à deux colonnes], probablement réalisé à Bologne, vers 1335-1340
46 × 29,5 cm
Ms 5128, f128v-129
© collection Bibliothèque municipale de Lyon


Décret de Gratien et son commentaire par Barthélémy de Brescia

© collection Bibliothèque municipale de Lyon

Vers 1140 le moine camaldule Gratien compose la Concordia Discordantium Canonum, compilation de près de 4 000 textes provenant des collections canoniques déjà existantes. Elle devient référence et s’enrichit progressivement des apports des glossateurs, dont Barthélémy de Brescia (v.1174-v.1258‏).


Le commanditaire Guillaume de Boudreville licencié en décret et bachelier en droit de l'université de Paris, qui sera à la tête du Fort l'Evêque de 1376 à sa mort le 16 décembre 1384 arbore ses armes au feuillet 224 : « de gueules au lion rampant ».


Reliure veau fauve. Mise en page typique du manuscrit juridique médiéval. Riche de quarante miniatures marquant les sections importantes du texte et illustrant le propos. Ce manuscrit est surtout remarquable pour ses figures marginales aux animaux exotiques, aux personnages hybrides et parfois impudiques. Certaines scènes ont pu choquer et ont fait l’objet d’une censure par d’habiles repeints. Il est probable que cela ait été réalisé au XIXe siècle par pudibonderie.


Ici, au folio 90, un loup coiffé d’une mitre se glisse entre le texte principal et son commentaire.


Legs du Cardinal de Bonald au chapitre de la cathédrale de Lyon en 1870. Confisqué par l’État et remis à la Bibliothèque en 1913.


Louis-Jacques-Maurice de Bonald

Louis-Jacques-Maurice de Bonald
Estampe Coste 13325
© collection Bibliothèque municipale de Lyon

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- Base Provenance : Louis-Jacques-Maurice de Bonald, 1787-1870

- Base Provenance : Chapitre cathédral (Lyon)

- Un article de la revue Gryphe : Pierre Guinard, « De quelques vieux livres... Les trente-trois manuscrits confisqués au chapitre de la cathédrale Saint-Jean lors de la séparation des Églises et de l’État » , Gryphe, 2e semestre 2000, n°1, p.3-5

- Claire Nebout, Étude des enluminures primatiales du manuscrit 5128, Lyon, Université Lumière-Lyon II, 1998


Pentateuque [manuscrit sur parchemin, version latine antérieure à St Jérôme], copié à Lyon ou dans ses environs, VIe siècle

Pentateuque

Pentateuque [manuscrit sur parchemin, version latine antérieure à St Jérôme], copié à Lyon ou dans ses environs, VIe siècle
31,4 × 25,5 × 5,5 cm
Ms 403, f.48
© collection Bibliothèque municipale de Lyon



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- Base Provenance : Chapitre cathédral (Lyon)

- Base Provenance : Guillaume Libri, 1803-1869

- Catalogue de l’exposition Manuscrits médiévaux : de l’usage au trésor, Bibliothèque municipale de Lyon, 21 septembre 2002-4 janvier 2003

- André Jammes, Libri vaincu…, Paris, Éditions des Cendres, 2008

- Ulysse Robert, Heptateuchi partis posterioris versio latina antiquissima, Lyon, A. Rey et Cie, 1900

- « Le Pentateuque de Lyon » , Bibliothèque de l'école des chartes, 1880, tome 41, p.304-307

- Léopold Delisle, « Notes sur quelques manuscrits du baron Dauphin de Verna » , Bibliothèque de l'école des chartes, 1895, tome 56, p.645-690

- Portrait de Guillaume Libri

Ce manuscrit serait l’unique témoin de cette version latine des cinq premiers livres de l’Ancien Testament, antérieure à celle traduite par saint Jérôme. Il est rédigé en onciale et dispose d’un texte sur trois colonnes, sans doute copié à partir d’un manuscrit du IVe siècle de forme proche de celle du volumen (le rouleau antique). Les titres courants, explicit et incipit sont rubriqués. On peut voir les traits de réglure et le colophon du copiste. Au folio 128 verso figure un faux ex-libris de Guillaume Libri visant à empêcher d’en reconnaître l’origine lyonnaise. Deux cahiers avaient été subtilisés par ce dernier en 1842 et ont été restitués ensuite gracieusement par leur acquéreur, Lord Ashburnham. Il forme un Heptateuque avec le Ms 1964 acquis en 1895 lors de la vente Dauphin du Verna.


Collection de la cathédrale de Lyon. Confisqué au moment de la Révolution, confié aux collections municipales en 1803.


Folio avec faux ex-libris

Folio avec faux ex-libris
(f. 128v.-129)
© collection Bibliothèque municipale de Lyon


« Plus que tout autre, le texte de Lyon pourra servir à prouver qu’antérieurement à Saint Jérôme il existait plusieurs versions latines de la Bible faite sur le grec des Septante […] il fera connaître l’un des premiers systèmes de la coupure de la Bible en versets ; il fournira des exemples de mots et de locutions de la latinité vulgaire des premiers siècles de l’Eglise. »
Léopold Delisle, Notice sur un manuscrit de Lyon renfermant une ancienne version latine de 3 livres du Pentateuque, Paris, 1878, p.3.










De laudibus sanctae crucis [manuscrit sur parchemin, en latin], copié à Tours, IXe siècle
Raban Maur (v.783-856)

Décret de Gratien et son commentaire par Barthélémy de Brescia

DDe laudibus sanctae crucis [manuscrit sur parchemin, en latin], copié à Tours, IXe siècle
Raban Maur (v.783-856)
41,7 × 34 cm
Ms 597, f11v
© collection Bibliothèque municipale de Lyon


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- Base Provenance Marc Pérachon, 1630-1709

- Base Provenance : Collège de la Trinité (Lyon), 1595-1604

- 55 manuscrits mérovingiens et carolingiens numérisés sur Numelyo

- Portrait de Raban Maur, numérisé sur Numelyo

- Une vidéo sur Canal-U : Denis Hue, Les louanges de la Sainte-Croix, Raban Maur, 10 septembre 2007


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Raban Maur (v.783-856) entre enfant au monastère de Fulda où il devient diacre (801), puis prêtre (814) et abbé (822). Aux alentours de l’an 800 il parfait sa formation lors d’un séjour à Tours auprès d’Alcuin. Il devient archevêque de Mayence en 847 ; il fut également le conseiller de l’empereur Louis Le Pieux. Mêlé de près durant sa vie aux événements politiques et débats théologiques, il est l’un des auteurs et professeurs les plus illustres de la Renaissance carolingienne.


Cet exemplaire des Louanges de la Sainte Croix est un des neuf manuscrits conservés du IXe siècle. L’œuvre a pour but de glorifier la Croix du Christ, signe de sa résurrection. Elle se compose de vingt-huit poèmes écrits en semi-onciale, sur la page de gauche, et de leurs commentaires en prose, écrits en minuscule caroline sur la page de droite. Chaque poème inclut des dessins formant une croix. Les lettres qui y figurent font l'objet d'une double lecture : elles font partie du poème, mais ont aussi leur sens propre, explicité sur la page de droite dans les parties à l’encre rouge. Le tétramorphe que nous exposons met en exergue les figures des quatre évangélistes : l’homme, le lion, le taureau et l’aigle symbolisent Matthieu, Marc, Luc, Jean.


Acquis en 1704 par le Collège jésuite de la Trinité de Lyon sur les rentes de Marc Pérachon.


Armes de Marc Pérachon

Armes de Marc Pérachon
© collection Bibliothèque municipale de Lyon


Biblia sacra vulgata [incunable, un cahier de dix feuillets comportant le Livre des Rois], vers 1455
Mayence, Johannes Gutenberg (v.1394-1468), Johann Fust (1400-1466)

Biblia sacra vulgata

Biblia sacra vulgata [incunable, un cahier de dix feuillets comportant le Livre des Rois], vers 1455
Mayence, Johannes Gutenberg (v.1394-1468), Johann Fust (1400-1466)
SJ AR 5/159
© collection Bibliothèque municipale de Lyon

La Bible « à 42 lignes » est considérée comme le premier livre imprimé en Occident - bien qu’une grammaire de Donat ait sans doute été imprimée juste avant.

Nous connaissons aussi mal la vie de Gutenberg que les circonstances de cette impression. Sans doute issu de la bourgeoisie commerçante de Mayence, il semble s’être intéressé aux innovations techniques : avant les livres, il produisit des miroirs à main.

L’imprimerie nouvelle-née répond au besoin des humanistes et des universitaires de disposer de copies fiables des textes nécessaires à leurs travaux. Elle simplifie la diffusion des textes nouveaux qu’ils écrivent. En abaissant le coût du livre (néanmoins élevé), elle permet à un nouveau public d’y accéder. La diffusion des savoirs, de la pensée et des arts en Occident se trouve ainsi révolutionnée.

Le cahier de la BmL appartient au tome 1 de la Bible, qui en comporte deux (soit 1277 feuillets). Il pourrait avoir été extrait - peut-être au début du XIXe siècle - d’un exemplaire de la Bible aujourd’hui conservé à Mons (en Belgique).

Les trois premiers feuillets comportent 40 lignes, les suivants 42. Il a donc sans doute été imprimé au début de l’entreprise : les premiers cahiers imprimés comportaient 40 lignes, avant que ce nombre ne soit augmenté pour économiser le papier, denrée coûteuse. Le fait que les premières lignes de la préface et du chapitre soient imprimées en rouge (appelées « rubriques ») corrobore cette hypothèse ; par la suite, elles seront manuscrites : les imprimer supposait un deuxième passage sous presse, et donc une perte de temps.

Les marges inférieures des feuillets ont été consolidées en 1999.

Acquis par une grande famille d'imprimeurs avant la Seconde guerre mondiale, l'entrée de ce cahier dans les collections publiques est le fruit de générosités successives. Son possesseur, entrant dans les ordres, en fit don à un de ses collaborateurs au sein de l'imprimerie. Ce dernier choisit également de le donner la bibliothèque de la Compagnie de Jésus à la fin du XXe siècle, puis accepta, en 1999, son transfert à Lyon avec la Collection des Fontaines.

« Tout ce que l’on m’a adressé concernant cet homme merveilleux de Francfort est vrai. Je n’ai pas vu de Bibles complètes, simplement plusieurs cahiers de différents livres du Livre. Le texte en était propre et lisible, aisé à suivre. Votre grâce pourrait le lire sans effort, et même sans lunettes.» Pie II (1455)

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- Interview d’Alexis Jenni, prix Goncourt 2011, petit-fils du donateur

- La Collection jésuite des Fontaines

- Le site du Musée de l’Imprimerie de Lyon

- La Bible à 42 lignes de la BnF, dans l’exposition virtuelle
Torah, Bible, Coran

- Portrait de Johannes Gutenberg


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