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PASSAGE DE TÉMOINS
TÉMOIN DE PASSAGES
Jean-Marc Cerino
exposition du 24 avril au 10 juillet 2004
à la Galerie de l'artothèque
de la Bibliothèque Part-Dieu, 69003 Lyon
ouverte du mardi au vendredi de 10h à 19h et le samedi de 10h à 18h
entrée libre
commissaire de l'exposition : Françoise Lonardoni
   

Conférence
Exposition

Porte la mort au Zocalo, 2001
L'art contemporain revêt souvent des formes mixtes, hétérogènes, qui sont issues des grandes mutations de la pensée et de l'histoire de l'art au cours du vingtième siècle.
Les artistes qui font de la peinture aujourd'hui ont fait un choix délibéré, porté par une réflexion, exactement comme ceux qui utilisent les autres formes que sont l'installation, la vidéo ou la performance.
Mais aucun travail d'artiste ne se résume en une description technique : il n'est pas rare que les peintres empruntent d'autres supports, au gré de leurs besoins, comme le fait Jean-Marc Cerino, connu en tant que peintre, mais qui produit des livres d'artiste, des objets et des photographies.
  Jean-Marc Cerino peint donc, et depuis ses débuts, de grands portraits sur toile, dont les caractéristiques rigoureuses, les constantes plastiques, les choix iconographiques, amènent rapidement à des questions métaphysiques.
Chacun de ses portraits en pied, à l'échelle réelle, a été peint en couleurs, sur fond blanc, puis recouvert d'une cinquantaine de couches de cire blanche.
Décrire le procédé donne immédiatement des informations sur la quête de l'artiste : ainsi, le recouvrement, le masquage du sujet, sa fusion avec le fond blanc de la toile, induisent-ils une gêne pour le regard, sciemment calculée par l'artiste.
Cette entrave à la vision nette a pour première conséquence un ralentissement dans la saisie du tableau : le spectateur est conduit à chercher une position face au portrait, posé à hauteur d'homme. À lui de susciter l'apparition de "l'autre", celui qui lui fait face.
La mesure du monde, 2001
La cire, d'autre part, intercale entre le spectateur et la peinture une "peau" fragile et sensible, qui semble protéger les sujets peints, et amortit les phénomènes lumineux. Cette expérience d'opposition, proposée devant chaque toile, on l'a compris, traduit la notion même de l'autre, que Jean-Marc Cerino place au coeur de son travail : l'autre qui m'est semblable et qui demeure impénétrable.
Les sujets, anonymes, ont été choisis pour ce qu'ils ont d'unique, comme tout être, mais à travers eux, se noue l'ineffaçable imprégnation de l'histoire collective dans l'individu. Les grandes séries qu'il effectua ces dernières années en témoignent : peintures d'après des dessins de déportés, portraits d'hommes immigrés à la retraite, portraits de gréviste... Jean-Marc Cerino définit l'artiste comme "celui qui va mettre les mains dans les endroits sombres du monde"... comme le montre aussi son dernier livre d'artiste, consacré au génocide Arménien.
 

Au-de là des portraits, qui sont une des manières de désigner l'altérité, Jean-Marc Cerino a exploré le thème classique de la Vanité, représenté par le crâne : on lui connaît des moulages ou dessins de crânes, mais aussi les étranges cagoules qu'il fit réaliser par des couturières de Mexico ou d'ailleurs. Expression inversée du crâne, les cagoules frappent par leur violence symbolique : cacher les traits qui distinguent l'individu. A l'envers du crâne, qui cèle la pensée et l'intériorité, invisible et universel se présente la cagoule, symbole des minorités opprimées ou de l'action clandestine.

L'exposition présentée à la Galerie de l'artothèque sélectionne des travaux récents, peut-être moins impliqués dans l'histoire que dans l'essentiel de l'être.
Là s'enracine le titre que Jean-Marc Cerino a choisi pour l'exposition : les femmes et les hommes qu'il a peints nous passent le témoin, la charge de voir. L'artiste se présente comme un témoin aigu des passages de l'homme dans le monde.
F. L.

 

Les livres d'artiste de Jean-Marc Cerino sont tous présents dans les collections de la Bibliothèque de Lyon, et sont présentés en partie dans l'exposition, ainsi que des photographies et une vidéo.

Jean-Marc Cerino est représenté par la galerie Charles Cartwright à Gand ( Belgique)

 


Conférence
à la Bibliothèque de la Part-Dieu (entrée libre)

mercredi 2 juin à 18h30
L'inconvenance du corps
Conférence de Daniel Dobbels, écrivain et chorégraphe, autour du travail de Jean-Marc Cerino
Ancien collaborateur de Libération et de la revue Lire, Daniel Dobbels est l'auteur de différents ouvrages, notamment sur Nicolas de Staël, Martha Graham, Robert Antelme... et de chorégraphies dont récemment un hommage à Oskar Schlemmer, et D'un jour à l'autre.
(conférence initialement prévue le 26 mai)