La faute de l'abbé Bruneau

A une époque où la question religieuse divise profondément la société française, la présence d’un ecclésiastique, assassin ou victime, ajoute à tout fait-divers un parfum d’encens et de sacrilège qui n’est pas pour déplaire au lecteur.

L’affaire de l’abbé Bruneau est l’archétype de celles qui frappent l’opinion, scandalisent les bien-pensants et font ricaner les anticléricaux.

Jeune prêtre frais émoulu du séminaire, Jean-Baptiste Bruneau manifeste une foi plutôt tiède mais un goût marqué pour la joyeuse vie et la fréquentation des maisons closes, ne reculant pas à l’occasion devant le vol : il dérobe six cents francs au curé Fricot dont il est le vicaire.

Le prêtre lui faisant part de ses soupçons à son égard, Bruneau le précipite un soir dans le puits du presbytère et, comme le vieillard se débat, l’assomme à coups de pierres.

Son arrestation délie les langues et son procès s’ouvre à Laval en juillet 1894. Les débats se déroulent à huis clos, mais la France entière se passionne pour l’affaire au cours de laquelle on incrimine les mauvaises lectures du criminel abbé, à commencer par les romans immoraux d’Anatole France.

Le 30 août suivant, Bruneau monte courageusement sur l’échafaud et la chute du couperet est saluée par des applaudissements.

Cliquez !

L'abbé Bruneau : le crime, l'expiation