Lyon sur tous les fronts !

Une ville dans la grande guerre

Lyon dans la guerre mondiale

Les présences étrangères dans la ville

La pénurie de main d’œuvre risquait d’étrangler la production. Dès 1915, on chercha d’autres sources de travail. On fit appel aux ouvriers étrangers et aux coloniaux – un demi-million en tout, dont un tiers venu d’Espagne et un autre tiers venu pour la première fois des colonies, surtout d’Afrique du nord et aussi de Chine.
On note par exemple l’apparition à partir de 1917 des travailleurs coloniaux, à l’Arsenal de Lyon. Au moment de l’armistice, le Parc de l’artillerie à Gerland emploie 12 000 personnes dont 1500 coloniaux civils. La proximité de sites industriels et l’espace foncier disponible permettent aussi la création de cantonnements pour les ouvriers. Le cantonnement le plus important se situe près du chemin de Debourg, derrière le Parc d’Artillerie, dont il dépend ; des centaines de Kabyles, Annamites et Chinois y vivent dans des conditions de vie effroyables.

L’année 1918 voit l’arrivée de deux communautés visibles : le gouvernement italien envoie en avril 1918 des troupes sur le front français et l’État-major du corps expéditionnaire est installé dans la mairie du 6ème arrondissement de Lyon du 1er mai 1918 au 31 décembre 1919.
La présence américaine est également importante avec des cantonnements ou des stockages de matériel et en point d’orgue, l’inauguration du pont Wilson le 14 juillet 1918, par de nombreuses troupes américaines.

Enfin, des liens internationaux sont réactivés et noués pendant le conflit, comme notamment avec la Croix-Rouge américaine (ARC), très active sur le front de l’hygiène, de la santé et du combat contre la mortalité infantile. A Lyon, plus de cent collaborateurs de l’ARC travaillèrent avec les professionnels médicaux, les leadeurs politiques et d’autres citoyens lyonnais mirent en place différents projets humanitaires.

L’ARC organisa, le 9 avril 1918 une grande exposition pour la santé des enfants afin de montrer les idées modernes pour la santé infantile aux citoyens lyonnais : des films et des spectacles de lanterne magique, des conférences par des professionnels de santé et des travailleurs sociaux, de nombreux stands de démonstrations spécialisés, des chaises dentaires et des brosses à dents surdimensionnées pour attirer l’attention sur l’importance de l’hygiène buccale… L’exposition de l’Enfance à Lyon rencontra un indéniable succès. Durant trois semaines, environ 9000 personnes s’y rendaient quotidiennement.

Finalement, la guerre s’accompagne, à Lyon, d’une forme de « mondialisation ».