Lyon sur tous les fronts !

Une ville dans la grande guerre

Derniers jours de paix

« Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà l’incendie ». Jean Jaurès

Pour les populations européennes l’éclatement de la guerre au cœur de l’été 1914 fut d’abord une surprise. Le 28 juin, à Sarajevo, l’Archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche avait été assassiné. Mais la région des Balkans s’était déjà embrasée à plusieurs reprises entre 1911 et 1913 sans pour autant que les conflits ne fassent tâche d’huile. Si cette fois, l’attentat frappa une des grandes puissances européennes d’alors, il fallut cependant attendre près d’un mois avant que l’Autriche-Hongrie ne lance un ultimatum – le 23 juillet – à la Serbie accusée d’avoir armé le bras de Gavrilo Princip.

La crise en Europe orientale ne représenta donc en cet été qu’une partie d’une riche actualité. En France, le procès de Mme Caillaux qui avait tué d’une balle de revolver le directeur du Figaro Gaston Calmette pour laver l’honneur de son mari, leader du Parti radical, s’était ouvert la veille et faisait la une.

En région lyonnaise, l’actualité était dominée par le triplé des Mercedes lors du Grand Prix de France automobile de Lyon et par l’Exposition internationale installée dans les nouveaux bâtiments dessinés par l’architecte Tony Garnier. Parmi les exposants, on retrouve ceux qui devinrent quelques semaines plus tard des ennemis jurés : les allemands, autrichiens… Le président Poincaré fait quant à lui le déplacement pour visiter cette grande exposition.

Il fallut attendre les derniers jours de juillet pour que l’inquiétude grandisse dans les cœurs et les consciences. Jean Jaurès l’exprima notamment dans son discours à Vaise le 25 juillet.
« Citoyens,
Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la responsabilité de vous adresser la parole.
 »
Quelques jours plus tard, Jean Jaurès était assassiné et l’Europe, puis le monde basculaient dans ce qui allait très vite devenir la « Grande Guerre ».