Lyon sur tous les fronts !

Une ville dans la grande guerre

Traces de la guerre

Traces de la guerre

Si l’armistice victorieux du 11 novembre 1918 puis la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919 marquent la fin de la guerre et sont accueillis avec joie et soulagement, le deuil demeure et avec lui le legs douloureux d’une guerre alors sans équivalent. Les traces de la guerre sont donc durables au sein des familles, dans l’espace de l’intime, du foyer ou dans l’espace public.

Elles se manifestent notamment par une volonté de commémoration qui trouve sa traduction dans un espace urbain déjà modifié par les nécessités de l’économie de guerre. En effet, la toponymie des rues lyonnaises est modifiée à la fin de la guerre comme en témoigne le quai de Serbie, la rue Paul Lintier ou encore le boulevard des Belges.

Outre ces changements de noms, quelques artistes et architectes lyonnais réfléchissent à la construction d’un monument commémoratif pour la ville de Lyon à la gloire des soldats morts pour la France. Les dimensions gigantesques de ces projets à l’image de celui de la Croix-Rousse, pensé pour surplomber la ville du haut de la colline, manifeste ce désir de mémoire. Le projet finalement retenu à l’issu du concours organisé par l’architecte Tony Garnier est celui de Jean-Baptiste Larrivé édifié sur l’Ile aux cygnes du Parc de la Tête d’Or.

Pour remercier les nations étrangères qui ont aidé la victoire française, des espaces rendent également hommage à leurs soldats à l’image du monument aux morts d’Oran pour les Algériens à la Duchère et de la plaque sur le tympan de la porte d’entrée de la mairie du sixième arrondissement pour commémorer l’aide apportée par les Garibaldiens.

Mais cette mémoire funéraire se double aussi d’une mémoire plus politique avec le développement du pacifisme comme rejet de la guerre. Dans le domaine littéraire, quelques œuvres sont publiées dont La croix de bois de Dorgelès publiée en 1919, œuvre qui s’inspire de son expérience de soldat ou encore Le Tube 1233, souvenirs d’un chef de pièce, œuvre posthume de Paul Lintier, mort sur le front à Jeandelaincourt par un éclat d’obus.

Plus tard, les hommes de lettres lyonnais témoignent à propos de leur expérience de guerre comme Georges Navel qui relate ce qu’il vécut, enfant, dans le quartier de la Part-Dieu pendant le conflit. Diverses manifestions ont également lieu à la fin de la guerre pour rendre hommage aux différentes catégories de la population à l’exemple de la « Journée des mères » organisée le 16 juin 1918 pour les mères et les épouses qui ont perdu leurs fils ou leurs maris pendant la guerre.

D’ailleurs, la qualité de « Pupille de la nation » a été instaurée à l’initiative de Georges Clémenceau en 1917 pour les orphelins de guerre qui peuvent désormais bénéficier d’une tutelle de l’Etat. Par ailleurs, la Croix de guerre est remise à divers établissements de la ville comme le Service de Santé des Armées.

Avec la fin du conflit, si certaines populations présentes entre 1914 et 1918 quittent progressivement la ville, d’autres s’y sont durablement installées et d’autres enfin, comme les Arméniens survivants du génocide de 1915-1916, s’installent progressivement dans la région.