Conditions de vie des femmes
et mobilisations féministes

du 5 octobre au 31 décembre 2021

Dans les bibliothèques de Lyon et les
bibliothèques partenaires de la Métropole

Conditions de vie des femmes
et mobilisations féministes

du 5 octobre au 31 décembre 2021

Dans les bibliothèques de Lyon et les
bibliothèques partenaires de la Métropole

Conditions de vie des femmes et mobilisations féministes

du 5 octobre au 31 décembre 2021

Dans les bibliothèques de Lyon et les bibliothèques partenaires de la Métropole

Réappropriation du corps

Dans les années 1960, le consensus autour de l’avortement et de la contraception n’existe plus. Les féministes remettent en cause le modèle familial et revendiquent la liberté sexuelle. La création de « la Maternité heureuse » qui deviendra en 1960 le Mouvement Français pour le Planning Familial marque un tournant dans la lutte pour l’accès aux moyens de contraception et le droit à l’avortement libre et gratuit. Christine Delphy, Anne Zelensky et Simone de Beauvoir parviennent, en 1971, à réunir les signatures de plusieurs centaines d’artistes et d’intellectuelles déclarant avoir eu recours à l’avortement. Publié dans Le Nouvel Observateur du 5 avril, le texte sera qualifié de « Manifeste des 343 salopes ». Le 26 novembre 1974, Simone Veil défend le projet de loi relatif à l’interruption volontaire de grossesse - IVG - et en obtient l’adoption le 29 novembre. Promulguée le 17 janvier 1975, la loi autorise « la femme enceinte en situation de détresse » à interrompre sa grossesse durant les dix premières semaines. Ce droit, imparfait et fréquemment remis en cause, oblige les féministes à poursuivre leurs mobilisations. Quarante ans après, le Planning familial note une accessibilité limitée aux centres IVG, des fermetures de centres et l’allongement des délais de prise en charge. D’où la création d’un nouveau manifeste des 343 réclamant que la période légale pour avorter passe de 12 à 14 semaines de grossesse. La proposition de loi est adoptée le 8 octobre 2020 par l’Assemblée nationale et rejetée en première lecture par le Sénat le 20 janvier 2021. Parallèlement, la question de la procréation reste très sensible et se décentre depuis 2010 sur d’autres débats : l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes a été, en 2018, au centre des discussions des états généraux de la bioéthique et la gestation pour autrui fait l’objet de polémiques depuis 2010.


Condamnée à Reproduction

Condamnée à Reproduction. Campagne pour l'Avortement libre et Gratuit. MLF, vers 1960, affiche, 66 × 51 cm. Lyon, bibliothèque municipale, fonds Michel Chomarat. fonds Michel Chomarat, Ms 0853 {JPEG}

Condamnée à Reproduction. Campagne pour l’Avortement libre et Gratuit
MLF, vers 1960
Affiche, 66 × 51 cm
Lyon, bibliothèque municipale, fonds Michel Chomarat, Ms 0853


"Le manifeste des 343

"Le manifeste des 343", "le manifeste des 343", Le Nouvel Observateur, 5 avril 1971, n°334. Lyon, bibliothèque municipale {JPEG}
"Le manifeste des 343", "le manifeste des 343", Le Nouvel Observateur, 5 avril 1971, n°334. Lyon, bibliothèque municipale {JPEG}
"Le manifeste des 343", "le manifeste des 343", Le Nouvel Observateur, 5 avril 1971, n°334. Lyon, bibliothèque municipale {JPEG}

« Le manifeste des 343 »,
Le Nouvel Observateur, 5 avril 1971, n°334
Lyon, bibliothèque municipale


Le Torchon brûle : menstruel

Ce journal, crée par le MLF, est publié aussi irrégulièrement que les cycles menstruels. Il présente le mouvement féministe et propose un traitement de l’information alternatif par rapport à la presse de masse. L’artiste Raymonde Arcier participe à sa conception. Ses collages, appréciés, sont insérés dans les trois premiers numéros.

Le Torchon brûle : menstruel, Paris, [s.n.], n° 1, 1971. Lyon, planning familial {PNG}

Le Torchon brûle : menstruel
Paris, [s.n.], n° 1, 1971
Lyon, Planning familial


Poulette aux œufs d’or

Avec ce collage, publié dans le n°2 du Torchon brûle, la plasticienne Raymonde Arcier, artiste féministe, active au sein du MLF, dénonce les conditions des femmes, qui ne doivent pas se restreindre à n’être que des « pondeuses ». Ses œuvres sont autant d’appels à la résistance.

Raymonde ARCIER, Poulette aux œufs d'or, 1974 {JPEG}

Raymonde ARCIER
Poulette aux œufs d’or, 1974
Prêt de l’artiste



Avortement libre et remboursé pour toutes

Avortement libre et remboursé pour toutes, vers 1976 {JPEG}

Avortement libre et remboursé pour toutes, vers 1976
Affiche MLAC, dessin Claire Brétécher, 57 × 67,5 cm
Paris, ville de Paris, bibliothèque Marguerite Durand
Copyright Planning Familial Paris



Manifestation pour le remboursement de l’IVG, 23 octobre 1982

Photo non libre de droit. Voir l’image sur le site https://www.roger-viollet.fr/

Catherine DEUDON
Manifestation pour le remboursement de l’IVG, 23 octobre 1982,
Photographie
Paris, ville de Paris, bibliothèque Marguerite Durand


I was thinking of you

L’œuvre de Dorothy Iannone est une ode à la sexualité débridée et à l’amour inconditionnel. Dans I was thinking of you, l’artiste filme son visage pendant qu’elle se masturbe et se montre ainsi en plein orgasme.

Dorothy IANNONE, I was thinking of you, 1975, photogravure sur papier, signé. Publié par Dorothy Iannone, Saint-Jeannet/Paris , 76 x 44 cm, Edition 71. Photo Marc Domage Lyon, bibliothèque municipale {JPEG}

Dorothy IANNONE
I Was Thinking Of You, 1975
Photogravure sur papier, signé. Publié par Dorothy Iannone,
Saint-Jeannet/Paris ; 76 x 44 cm
Edition 71
Photo Marc Domage
Lyon, bibliothèque municipale, A MF IAN 010737
Courtesy l’artiste et Air de Paris, Romainville


PMA-GPA

Les luttes pour l’accès à la parentalité pour toutes et tous (couples homosexuels, femmes seules) se sont développées à partir des années 1990 en France. Ces revendications se sont principalement construites autour du combat pour la PMA (procréation médicalement assistée) ainsi que la GPA (gestation pour autrui). La première inclut l’ensemble des méthodes médicales qui permettent la procréation ;
la seconde désigne précisément celle qui passe par l’implantation d’un embryon dans l’utérus d’une mère porteuse. La première loi de bioéthique encadrant la PMA en 1994 restreint son accès aux couples hétérosexuels ayant des difficultés à procréer. Auparavant, la PMA était de fait accessible à tou-te-s. Depuis, les associations LGBTQI+ n’ont cessé de dénoncer un appareil législatif restreignant l’homoparentalité, empêchant la procréation pour les couples de même sexe mais également pour les femmes seules. L’association Le Planning familial considère que le combat pour la liberté des femmes de procréer dans des conditions sanitaires et médicales décentes s’inscrit alors dans la droite lignée des luttes pour les droits reproductifs (contraception, IVG).
Le 29 juin 2021, une nouvelle loi de bioéthique est adoptée par l’Assemblée Nationale : celle-ci autorise enfin la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, elle est cependant refusée aux personnes transgenres. La GPA reste également interdite.

PMA pour toi, PMA pour moi, affiche, 2016, Dugudus. Prêt Dugudus. {JPEG}

PMA pour toi, PMA pour moi
Affiche, 2016, Dugudus.
Prêt Dugudus.

On luttera tant qu'il le faudra, Le Planning familial, 2018, affiche, agence atelier Youpi {JPEG}

On luttera tant qu’il le faudra,
Le Planning familial, 2018, affiche,
agence atelier Youpi.
Don du Planning familial
https://www.planning-familial.org