AIRS DU TEMPS
Édouard Herriot et la vie musicale à Lyon (1905-1957)

Georges Martin Witkowski (1867-1943)

Lucien Witkowski, grand-père de notre compositeur et chef d’orchestre, émigre de Pologne vers la France en 1831. Il épouse Justine Léveillée, dont il aura trois enfants, et s’installe à Angers, devenant professeur de piano.

Sa fille Blanche épouse le capitaine de hussard Martin, dont elle aura un fils en 1867, Georges. Après le décès de son père, Georges et sa mère, professeure de chant, s’installent à Rennes. Il est élevé par son grand-père Lucien, qui lui demande d’accoler le nom de Witkowski à celui de Martin. A Rennes, Georges Martin Witkowski découvre J.B. Bach auprès d’Eugène Henry, son beau-père car sa mère s’est remariée, organiste à la cathédrale, ancien élève du compositeur Alexandre Pierre François Boëly. Il entre à 10 ans au Prytanée militaire de la Flèche. Il y dirige l’ensemble d’harmonie. A vingt ans, il intègre l’école militaire de Saint-Cyr, puis Saumur.

En 1890, il est envoyé en garnison à Lyon. Il épouse Jehanne Giraud en 1892, et fera de nombreux séjours dans la maison familiale des Giraud, la Combarrière à Paladru. A partir de 1894, il rencontre régulièrement le compositeur Vincent d’Indy, qui l’initie à l’art de l’orchestration. Ses premières œuvres, Le Maître à chanter et Carillon, sont jouées pour la première fois dans cette dernière décennie du XIXe siècle.

Sa Première symphonie en ré mineur est créée le 16 mars 1901 sous la baguette de Vincent d’Indy à la Société nationale à Paris. Claude Debussy en fait une critique mitigée dans la Revue blanche, reconnaissant cependant l’enthousiasme du public.

Witkowski, installé définitivement à Lyon depuis 1896, cartographe et photographe de l’état-major, entreprend de créer à Lyon une chorale sur le modèle de la Schola cantorum fondée à Paris en 1896. Cette chorale lyonnaise donne son premier concert officiel le 29 avril 1903, dirigée par Charles Bordes, car la fonction militaire de Witkowski le lui interdit.

Witkowski fonde deux ans plus tard la Société des Grands Concerts et démissionne de l’armée en 1906 pour se consacrer entièrement à la musique. La Société gère un orchestre d’environ quatre-vingt musiciens, jetant les bases de ce qui deviendra l’Orchestre national de Lyon. Lyon ne disposant pas de salle pouvant dignement accueillir un orchestre symphonique, il lance le projet de construction de la Salle Rameau.

Georges Martin Witkowski aura dirigé l’orchestre de 1906 à 1943, soit 245 concerts dominicaux de novembre à mai, dont plus de cent avec chœurs. De 1924 à 1941, Witkowski est également directeur du Conservatoire de Lyon, succédant à Florent Schmitt. A partir de 1931, Georges Martin Witkowski associe son fils Jean à la direction et à la programmation.

Parmi les compositeurs préférés de Witkowski, on trouve d’abord César Franck, Vincent d’Indy et Richard Wagner, très apprécié des Lyonnais ; parmi les anciens, Jean-Sébastien Bach et Jean-Philippe Rameau ; puis Ludwig van et Robert Schumann. D’autres compositeurs sont quasiment absents du répertoire de l’orchestre, Antonin Dvorak, Claude Debussy, Maurice Ravel.

A sa mort en 1943, c’est son fils Jean qui prend la direction de l’orchestre jusqu’en 1953.

Dans une de ses causeries radiophoniques, en 1951, Léon Vallas évoque sa rencontre avec Georges Martin Witkowski en 1902, qui, avec Vincent d’Indy, le poussa dans la carrière musicale.

Quelques œuvres de Georges Martin Witkowski, disponibles à la BML