AIRS DU TEMPS
Édouard Herriot et la vie musicale à Lyon (1905-1957)

L’Eldorado

ADRESSE

33 Cours Gambetta, 69007 Lyon

DATES

1894-1994

CAPACITE APPROXIMATIVE

2200 places

Genres musicaux représentés dans ce lieu

Revues, opérettes et opéras, concerts

Personnalités liées à ce lieu

Dirigé par F. Verdellet, L. Nunès, Duriez, d’Allessandri, F. Jean, Guillet puis acheté par Edouard Rasimi en 1902.

L’Eldorado accueille les débuts de grands artistes tels que Mistinguette, Fernandel, Madeleine Renaud, Colette, Pierre Brasseur, Mayol… et devient très vite le café-concert le plus fréquenté de la ville.

HISTOIRE DU LIEU

A l’emplacement de l’Eldorado se trouvait en 1846 une brasserie tenue par MM Bouvard et Gouffard, qui fut revendue en 1853 à MM Piolat et Jean-Paul Corompt. La veuve et le fils de Jean-Paul Corompt héritent de la brasserie en 1877. En 1891, un certain Gentelet achète la brasserie et commence à y donner des concerts en soirée. En 1894, le terrain et les bâtiments sont achetés, les bâtiments démolis et la construction d’une salle de spectacle est confiée à Claudius Porte, architecte qui réalisa aussi le Casino de Lyon et celui de Grenoble.

A son ouverture en 1894, Lyon Républicain qualifie l’Eldorado de « vrai théâtre ». L’Eldorado dispose d’une scène très large, avec des cintres et des dessous, et s’éclaire à l’électricité. Il propose des concerts, des pantomimes, des ballets avec les danseuses du Moulin rouge, et des revues locales comme Ah : la Gui… la Gui… la Guillotière ! de Raoul Cinoh et Victor Gouraud, dont le décor du 1er acte présente la Place du Pont. Gros succès, elle fut représentée plus de 50 fois. Chaque année, l’Eldorado présente une revue à grand spectacle : Chaud ! Chaud !, V’lan, la fin du monde, A Lyonz’y gaiement, Allons à la Guille…

Edouard Rasimi en prend la direction en 1902. L’’Eldorado devient le Nouveau Théâtre, propose des pièces et des opérettes. M. Darman lui succède en 1904, et programme des concerts dont ceux la Schola Cantorum, créée par Georges Martin Witkowski. En 1908, le théâtre est restauré et reprend le nom d’Eldorado, puis retrouve le nom de Nouveau Théâtre en 1911.

Entre 1911 et 1929, l’Eldorado programme du music-hall, du cinéma incorporé à des spectacles, du théâtre. Messieurs Elie et Moncharmont en font un double des Célestins, avec reprises d’anciennes pièces et nouvelles comédies (Occupe-toi d’Amélie…) Il devient un cinéma à temps plein à partir de 1929.

Changeant de propriétaire, l’Eldorado redevient théâtre en 1977 et ce pendant 7 ans. Le metteur en scène Bruno Boëglin s’y installe avec sa troupe et tente, malgré son état de délabrement (conduites d’eau gelées, gravats qui tombent, balcons devenus dangereux) de redonner vie à ce lieu.

En 1982, le bâtiment est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Toutefois sa pérennité est remise en question dès le mois de janvier 1993, date à laquelle le ministre de la Culture signe une dérogation remettant en cause la protection du bâtiment, au grand dam du collectif Eldorado, association de défense du site. L’Eldorado est alors démoli à la veille de son 100e anniversaire en 1994.