AIRS DU TEMPS
Édouard Herriot et la vie musicale à Lyon (1905-1957)

Le Casino-Kursaal

Un kursaal, mot tiré de l’allemand et signifiant « salle de cure » (on rencontre aussi kurhaus, « maison de cure »), est un bâtiment de loisirs, typique de l’architecture du nord de l’Europe du XIXe siècle, souvent bâti dans les stations thermales puis, plus tardivement, dans les stations de bord de mer, dont il est, avec le centre de soins, l’élément le plus représentatif.

Adresse

79 rue Impériale, 87 rue de la République, à l’emplacement de l’actuel Cinéma Pathé.

Dates : 1862-1931

Capacité approximative : environ 3000 puis 2000 places
Genres musicaux représentés dans ce lieu : revues locales, opéras, opérettes, chansons, concerts…

Personnalités liées à ce lieu

Dirigé par M. Guillet, F. Verdellet, acheté par Edouard Rasimi en 1902 qui le dirige jusqu’en 1930. Edouard Rasimi a été le directeur des trois principales salles lyonnaises : la Scala, le Casino et l’Eldorado(1902).
Paulus (1845-1908), vedette des cafés-concerts y fait ses débuts, ainsi qu’Yvette Guilbert en 1889. S’y produisent : Dranem (Charles-Armand Ménard, 1869-1935), Mistinguett, Félix Mayol, Maurice Chevalier, Loïe Fuller.

Histoire du lieu

Un premier Casino est ouvert en 1852 au 87 de la rue Centrale (rue de Brest) par Messieurs Reynaud et Thévenet : le Casino des arts. C’est un lieu de divertissement chic. Il passe entre les mains de MM Borel et Seibel, et ferme en 1862.

Un nouveau Casino ouvre au 79 de la rue Impériale (rue de la République). Il est construit par l’architecte lyonnais Casimir Echernier (1818-1895) et ses propriétaires – MM Guillet et Méjean, qui possédaient les immeubles démolis à cet emplacement – l’équipent avec le mobilier, les tentures du Casino des Arts, dont il prend le nom. En 1872, le chef d’orchestre du Grand-Théâtre, Joseph Lugini, y présente des concerts symphoniques, Haydn, Ritter, Beethoven, Liszt…

Le Casino est réaménagé complètement en 1880 par un autre architecte lyonnais Claude Porte, auquel on doit plusieurs salles de spectacles dans la région. C’est une salle élégante, avec un rang de loges, deux étages de galeries, ornée de stucs par le sculpteur Noël Paret. Il devient le Casino-Kursaal en 1902, sous la direction d’Edouard Rasimi, qui installe l’électricité, recrute une troupe, embauche un orchestre.Edouard Rasimi programme en 30 ans une soixantaine de revues, en particulier des revues locales (T’me petafines, Tu viens au Casin ?...).

Après 1920, la Revue de la Foire s’y produit chaque printemps. Edouard Rasimi, subissant la concurrence du cinéma, souffrant du coût des productions et des taxes, ferme le Casino en 1931, donnant un dernier spectacle le 14 mai, avec Félix Mayol. Le Casino-Kursaal devient un cinéma.